‹ Le typhus exanthématiqueChapitre 37 sur 73 · IL · texte numérisé non relu

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Le mécanisme de production des suppurations spontanées est le même: elles sont des déterminations à distance du streptocoque, dont la porte d’entrée reside très probablement dans Îa cavité bucco-pharyngé. Ces localisations à distance se font par la voie sanguine; mais le streptocoque ne provoque pas dans ces cas une véritable sépticémie, et Îles malades guérissent la plupart du temps. Nous savons d’un autre côté que le streptocoque, seul on associé au protée, peut chez d’autres exanthématiques provoquer de vraies septicémies qui sont toujours mortelles.

8° Phlegmons provoqués par les injections

Dans une première comunication faite à la Société du front Russo-Roumain (1) nous avons signalé la facilité avec laquelle les exanthématiques font dans les régions injectées des suppuratiors. Nous avons démontré que ces abcés surviennent tardivement, même plus de 15 jours après la dernière piqûre, et que le microbe qu’on trouve le plus habituellement est le Streptocoque. Au point de vue du mécanisme de production de ces abcès tardifs, nous avons donné l’interpretation suivante : il est très probable qu'il s’agit là d’une localisation du streptocoque dans un paint traumatisé par l'injection. Dans la discussion qui s’ensuivit, M.M. Jean Cantacuzène et Gaulejac se sont ralliés à notre manière de voir. Dans une communication ultérieure, M. Dehelly décrit les abcès spontanés post-exanthématiques, admettant notre hypothèse en ce qui concerne leur mécanisme de production. | À la suite de notre comunication plusieurs confrères ont confirmé le fait avancé par nous, démontrant que les exanthématiques font facilement des phlegmons dans les régions injectées, surtout à la suite de l’huile comphrée. Les accidents

(1) Daniélopolu.—Complications à streptocoque dans le typhus exanthématique. Soc. du front Russo-Roumain, 5 Avril 1917. Daniélopolu.—Presse Médicale, 1917.

de ce genre furent très nombreux dans certains services, beaucoup plus fréquents que dans le notre. Les services de chirurgie regorgeaient de malades de ce genre.

Mais toutes les suppurations que les chirurgiens ont eu a soigner et dont on a parlé à la société du front Russo-Roumain, ne sont pas de la catégorie de celles que nous avons signalées dans notre premier travail. Nous n'avons parlé que des abcès tardifs, ne survenant pas en série et ne se rencontrant que chez quelques-uns des malades injectés; les premiers phénomènes inflammatoires commençaient très tard après l'injection. Dans d’autres services on a observé deux genres de suppurations à la suite des injections pendant cette épidémie.

Les unes, le plus grand nombre, sont des abcès dont les premiers phénomènes inflammatoires débutent le lendemain ou le surlendemain de l'injection, et qui surviennent en série chez un grand nombre de malades injectées avec la même solution. Des suppurations de ce genre furent par exemple signalées aprés l’huile comphrée mal sterilisé (Costinescu, Bacaloglu). Nous considérons ces suppurations comme dues à une infection extérieure. Il est incontestable que ces solutions mal stérilisées auraient provoqué plus difficilement des abcès chez d’autres malades, mais leur fréquence chez les exanthématiques s'explique par la grande tendance que ces derniers présentent à la suppuration, à la moindre infection accidentelle. C’est pour cela que nous ne saurions assez insister sur les grands soins d’asepsie qu’on doit prendre quand on fait des injections sous-cutanées chez les exanthématiques. Nous n’avons jamais eu des suppurations de ce genre dans notre service et nous ne les connaissons que d’après les faits relatés par nos confrères. Aussi, nous n'avons jamais eu l’occasion d’étudier la flore microbiene qui les provoquent et qui doit être d’ailleurs très variée, Mais il y'a d’autres abcès provoqués par les injections où on ne peut pas incriminer, du moins dans la majorité des cas, une infection extérieure. Ce sont Les aücès tardifs, les seuls que nous avons eus dans notre service, Les seuls dont nous avons parlé dans

notre premier travail. À en juger d’après la rarété des suppurations dans notre service, nous pouvons conclure que les abcès tardifs doivent être beaucoup plus rares que ceux de la première catégorie.

Tandis que dans la première catégorie d'abcès les premiers phénomènes inflammatoires débutent 1 à 2 jours après l’injection, l’abcès t:rdif ne commence qu’une à plusieurs semaines plus tard. Tandis que les abcès précoces surviennent en série chez presque tous les malades qui ont reçu sous la peau la même solution, les aücès fardifs ne surviennent que chez quelque-uns d’entre eux seulement, malgré que la même personne avec les mêmes instruments a fait l'injection le même jour, employant la même solution, C’est toujours le même exanthématique qui suppure partout où on lui fait des piqüres, et les abcès coïncident avec d’autres complications suppuratives. Dans ces suppurations on trouve la plupart du temps le streptocoque, malgré que les piqûres qui ont provoqué les abcés ont été faites à des dates différentes et quelquefois avec des solutions differentes.

Chez une série de nos malades nous avons fait des injections d’une solution antiseplique de sérum physiologique phéniqué: cette solution qui n'a jamais donné naissance à des abcés précoces, à provoqué dans quelques cas des abcès tardifs à streptocoques. Tandis que les abcès précoces ont été signalés en grande série par nos confrères après le camphre, les abcés tardifs surviennent rarement après ce médicament. Ils sont surtout fréquents après des fortes quantités de sérum qui provoquent un grand traumatisme local,

Sans exclure coriplètement dans tous les abcès tardifs la possibilité d’une infection d’origine externe, qui resterait latente dans les cas toxiques pendant quelque temps à cause du manque de réaction de lorganisme, ce mécanisme de production ne peut pas être admis dans la grande majorité des cas. La tardivité des premiers phénomènes inflammatoires, le fait que les abcès n'apparaissent pas en série et ne surviennent que chez une catégorie de malades, ceux qui présentent d’au-

tres suppurations streptocociques, que le même malade suppure partout où on l’injecte et le pus de ses abcès contient presque toujours le même microbe, habituellement la streptocoque, que même si on injecte des solutions différentes, ce sont toujours les mêmes malades qui suppurent, qu’enfin ces abcès à streptocoques peuvent être provoqués même par des solutions antiseptiques comme le sérum phéniqué, nous conduit à conclure que dans le plus grand nombre des cas les abcès tardifs reconaissent un autre mécanisme de production, Ils sont le résultat de la localisation d’un microbe, habituellement le streptocoque, dans une région fortement traumatisée par une injection. | |

- I 'est, en effet, évident que, tout comme dans la scarlatine, le streptocoque peut engendrer des suppurations à distance, dans le typhus exanthématique, par voie sanguine bien entendu, mais sans provoquer de véritables septicémies. L’hémoculture reste en effet négative dans tous ces cas. C’est d’ailleurs de la même manière que nous expliquons Îles artrites suppurées à streptocoques, un cas de périostite suppurée et un adéno-phlegmon inguinal spontané à streptocoques que nous avons rencontré dans notre service, cas ou l'hémoculture fût de même négative et qui se sont terminés par la guérison, Toutes ces suppurations ne sont comme les abcès tardifs que des localisations à distance du streptocoque. Pour juger de l’influence du traumatisme local sur la localisation du streptocoque et la formation des abcès souscutanés, nous relaterons très brièvement lPobservation suivante

Il s’agit d’un malade qui est entré dans notre service dans un état très grave le 6-ème jour de sa maladie. Son état n’a fait que s’aggraver les jours suivants, le nombre des leucocytes est arrivé a 47.000 par milimmètre cube, ce qui indiquait un pronostic très grave.

Le malade recut pendant son infection des injections intra-veineuses d’eau physiologique chlorée. Cette solution produit un certain degré d’induration de la paroi veineuse qui passe d’ailleurs assez vite et qui ne présente en général ancun inconvénient. Le malade a guéri de son typhus, mais 7 jours après la chute de la température il fit ur phlegmon amygdalien à streptacoques qui fut le point de depart d'une septicémie.

L'hémoculture démontra la présence du streptocoque. dans le sang Plus: de deux semaines après la dernière injection intraveineuse d’eau chlorée, le malade présenta des foyers lymphangitiques qui prirent un aspect érysipelateux et qui se terminèrent par la supuration; le pus contenait le streptocoque au niveau des régions injectées. Nous avons fait les injections au pli du coude et dans les veines de la face dorsale de la main. Les endroits étaient restes indurés après l'injection et c’est dans ces points exactement que le streptocoque s’est localisé. Le rôle du traumatisme dans la localisation du streptocoque et la production des abcès sous-cutanés est evident dans cette observation.

Nous n'avons cité cette observation que pour démontrer Îe rôle du traumatisme dans la localisation d’un microbe circulant dans la sang. L’identité n’est pas parfaite avec les abcès tardifs dus aux injections, car dans ce dernier cas il s’agit d’une localisation à distance du microbe, sans production de septicémie.

Les abcès post-exanthématiques nous rappellent l’observation d’une pneumonique qui faisait des abcès à pneumocoques dans toutes les régions où nous faisions des abcès de camphre (Rev. Stiintelor medicale, Bucarest, 1907).

Les suppuration précoces ou tardives, qu’elles soient dûes à une infection accidentelle ou à la localisation du streptocoque dans un point traumatisé, ne sont généralement pas d’un pronostic grave. Mais comme Dehelly l’a démontré à la Société du front Russo-Roumain, elles sont excesivement torpides; traitées par les méthodes habituelles elles durent des semaines et des mois. Elles guérisent très vite au contraire par la méthode de Carrel, ce qui permet une réunion rapide de la plaie. Nous avons eu l’occasion de voir dans son service des plaies désinfectés par cette méthode, dans lesquelles on pouvait faire la réunion déjà au bout de 15 jours, ou même moins, résultats qui ne peuvent pas se comparer à ceux obtenus dans le même genre de suppurations par les traitements habituels dans d’autres services de chirurgie. Nous ne comparons d’un autre coté même pas les belles cicatrices linéaires des plaies ‘ainsi traitées, à celles rétractilles et déformantes des suppurations exanthématiques traitées par d’autres

Le

méthodes. La méthode de Carrel a fait pendant cette épidémie une fois de plus la preuve de sa grande valeur dans le traitement des plaies infectées.

9° Septicémies streptococciques.

En dehors des complications locales à streptocoques (otites, phleomon amygdalien, parotidite, abcès sous-lingual, érysipèle, arthrites, adéno-phlegmons suppürés) ce microbe peut provoquer de véritables septicémies. C’est une complication habituellement mortelle.

Nous avons eu à étudier jusqu’a présent 9 cas de streptococcies généralisées vérifiées par l’hémoculture et par l’autopsie. Chez 8 malades nous avons trouvé le streptocoque pur dans le sang, chez le OŸme le streptocoque était associé au protée, Nous devons dire dès le commencement que dans toutes nos observations il s'agissait de formes graves de typhus exanthématique.

La streptococcie évolue d’autant plus rapidement qu’elle apparaît plus tôt. Ainsi dans nos 4 premières observations, où nous avons constaté le streptocoque dans le sang le 13°", le 1m cle Fret le 18% jour, l'évolution fut très rapide €t la septicémie enleva le malade avant qu'elle ait eu 1: temps de provoquer des localisations.

Dans la première observation, nous avons constaté le streptocoque par l’hémoculture le 13-èême jour et le malade est mort le 14-ème jour de son typhus. Nous n'avons trouvé à l’autopsie aucune localisation, mais les frottis de tous les organes contenaient le streptocoque.

Dans le deuxième cas l’hémoculture fût positive le 15-ème jour. Malgré cela, la température est tombée au-dessous de la normale le 16-ème jour et le malade est mort le 17-ème jour en pleine apyrexie. À l’autopsie nous avons trouvé le streptocoque dans tous les organes; aucune localisation suppurative.

Dans la troisième et la quatrième observation, la température est tombée normalement le 15-ème jour. Dans le troisième cas la fièvre s'est élevée le 17-ème jour, oscillant entre 38° et 399,3, jusqu’au 21-ème jour, date de sa mort, Dans le quatrième Cas la température resta au dessous de la normale pendant trois jours et ne remonta à 38° que le

TEA 19-ème jour, date de sa mort. Streptocoque dans tous les organes à lautopsie dans les deux cas et aucune localisation. Nous devons ajouter que nous avons fait l’autopsie immédiatement après la mort.

Les quatres premières observations concernent des cas où Passociation streptococcique a commencé très tôt, à la fin de la période fébrile ou les premiers jours de l’apyrexie. C'est ce qui explique son évolution rapide et le manque de localisations, Ce n’est pas le cas des 5 observations suivantes que nous allons résumer maintenant.

La 5-ème observation concerne un malade chez lequel la température est tombée normalement le 16-ème jour et s’est maintenue audessous de 37° jusqu’au 23-ème jour. Au commencement de la 4-ème semaine le malade fit une otite suppurée et une septicémie consécutive. Le pus de l’otite contenait, à côté d’autres microbes, le streptocoque. Streptocoque pur à l’hémoculture le 28-ème jour. Péritonite généralisée à streptocoques le 40-ème jour. À l’autopsie, streptocoque dans tous les organes, péritonite suppurée.

Dans le 6-ème cas le malade fit après trois jours d’apyrexie une otite moyenue suppurée à la suite de laquelle se déclara une septicémie à streptocoques, avec localisations purulentes articulaires et pleurale. Une semaine après le début de l’otite, l’hémoculture demontra la présence du streptecoque. Le malade est mort deux semaines après la fin de son typhus. À l’autopsie: streptocoques dans tous les organes, dans le pus de l’arthriteet de la pleurésie,

Dans la 7-ème observation, ainsi que dans les deux dernières les malades sont morts avec des localisations multiples streptococciques, 10 jours à trois semaines après le commencement de la septicémie. A l’hémoculture nous avons trouvé deux fois le streptocoque pur, une seule fois le streptocoque associé au protée.

Contrairement au premiers 4 cas, dans les 5 dernières observations la septicémie streptococique 4 débuté loin dans la convalescence ; l’évolution fut beaucoup plus lente et l’infection du sang eût le temps de provoquer des localisations suppuratives. Nous remarquons encore le fait que, tandis que dans ces derniers cinq cas le point de départ de la septicémie a toujours été une suppuration à streptocoques (otite,

phlegmon amygdalien), dans les 4 premiers le streptocoque

apparût d’emblée dans le sang. Vues les complications streptococciques fréquentes qui apparaissent autour des cavités nasopharyngienne et buccale, il n’y a aucune doute que la porte d’entrée du streptocoque réside dans les cavités bucco-pharyngée et nasale. En se propageant de proche en proche, il engendre l’érysipèle, l’otite, la parotidite, le phlegmon amygdalien. Il peut provoquer des suppurations à distance (artrites, suppurations tardives des injections). Il peut produire enfin de véritables sépticémies. La septicémie streptococcique est secondaire à une suppuration a streptocoque (otite, etc.) où survient d'emblée par le passage du microbe de ces cavités dans le sang.

Ainsi donc, en dehors des complications locales au streptocoque, ce microbe peut donner naissance à la fin du typhus exanthématique, ou pendant la convalescence, à de véritables septicémies, où le protée est quelquefois associé. La septicé-

mie streptococcique post-exanthématique fût toujours mortelle,

dans nos cas. A côté, par conséquent, de la mort par le cerveau, par le coeur, par l'insuffisance surrénale, ou par intoxication générale de l'organisme, il faut compter aussi dans le typhus la mort par septicémie streptococcique.

10° Pneumococcie

Nous avons rencontré une seule fois la pneumococcie dans la convalescence du typhus exanthématique. Nous ne parlons pas des foyers pulmonaires dus au pneumocoque, ou de la pneumonie franche qui survient quelquefois dans la convalescence du typhus, et au cours de laquelle on peut trouver aussi le pneumocoque dans le sang. Nous décrirons dans ce chapitre la pneumococcie généralisée avec déterminations inflammatoires à pneumocoques dans differents organes,

Le malade G. B., de 22 ans, fit un typhus exanthématique sérieux. Au commencement de l’apyrexie, aphasie motrice et hémiplégie droite complète. Une dizaine de jours après, pneumonie du sommet droit. L'état général empire de jour en jour, le malade se cachectise de plus

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en plus. L’hémiplécie persiste jusqu’à la mort qui s’est produite 3 semaines après la défervescence. Nous constatons à l’autopsie un foyer de ramollisement dans la rézion de la capsule interne gauche, qui explique l’hémiplegie, et un gros abcès dans la fosse temporo-occipitale droite ; le pus jaune verdâtre contient le pneumocoque à l’état de pureté.

11° Artérites. Gangrène des extrémités. Phlébites

En comparaison avec les épidémies anciennes, la gangrène des extrémités par artérite ne fût pas trés fréquente pendant l’épidémie de Jassy. Nous n’avons pas observé un seul cas des 608 exanthématiques que nous avons eu l’occasion de soigner. Nos confrères ne l’ont pas rencontré souvent non plus. Sur Îles quelques centaines d’exanthématiques soignés à l’hopital St. Spiridon de Jassy, M. Coryllos n’a rencontré que trois cas. M, Costinesco n’a rencontré qu’un seul cas de 350 exanthématiques qu’il a eu dans son hopital. M. d’Osten Zacken signale aussi un seul cas à l’hôpital russe.

Par contre, cette complication fut plus fréquente dans l’épidémie de Serbie d’après les données de M. Cantacuzène et de M. de Gaulejac. Ces deux derniers auteurs insistent sur. l’influence prédisposante des gelures des piedes sur ia gan. orène des extrémités.

Les phénomènes d’artérite commencent en général dans le courant de la première semaine d’apyrexie et arrive la plupart du temps à la gangrène du membre; elle nécéssite l’amputation. Nous ne décrirons pas les caractères cliniques de la gangrène des extrémités qui ne diffèrent en rien de ceux de toute artérite. Nous voulons seulement insister sur le fait qu’il ne faut pas confondre cette complication au début avec la cyanose très intense des extrémités. Nous avons décrit ce syndrôme dans un chapitre antérieur : les extrémités inférieures deviennent violettes, en même temps qu’on observe sur le tiers inférieurs des jambes des marbrures de la même couleur. Dans tous ces cas l’artère est perméable, comme nous avons en l’occasion de le constater à l’autopsie. Ce n’est là qu'un des multiples phénomènes d’intoxication générale de l’organisme, qu

provoque une hypotension marquée et des modifications chimiques importantes du sang. D'ailleurs, si on intervient à temps. par le traitement antitoxique, les phénomènes disparaissent vite et les extrémités reprennent leur couleur normale et se réchauffent.

La phlébite est très raie dans le typhus exanthématique ; elle présente les caractères de la phiébite des typhiques

120 Escharres.

Comme dans toute infection grave les exanthématiques peuvent faire des escharres, situées surtout au niveau du sacrum, Elles ne se rencontrent que dans les formes sérieuses. Mais il faut dire que, vue la courte évolution du typhus, elles n'arrivent jamais au degré que nous avons rencontré dans la fièvre typhoïde,

13° Complications hépatiques.

Le foie est souvent gros et congestionné à l’autopsie des exanthématiques. Comme complications hépatiques nous avons noté dans trois cas un ictère intense, apparaissant chez Îles deux premiers malades dejà le 8°"e et le 9ème jour de la maladie, dans le second à la fin de la seconde semaine. Dans tous les trois cas il existait en même temps d'autres phénomènes d'intoxication grave. Le foie était dans deux de ces trois cas hypertrophié et léoèrement sensible à la pression. Les matières fécales n'étaient pas décolorées et la résistance globulaire fût normale dans un des cas,

L’urine contenait des pigments biliairés en abondance. Dans un de nos cas le liquide céphalo-rochidien était très jaune et les réactions chimiques, démontraient la présence de la bilirubine, Sa couleur était plus intense que celle du plus haut degré de xanthocromasie. Elle était due au passage des pigments biliaires du sang dans le liquide.

L'ictère est toujours une complication grave du typhus exanthématique, Tous nos trois cas se sont terminés par la

mort. Mais nous devons ajouter que nous avons soignés ces trois malades à une époque ou nous ne faisions pas le traitement antitoxique. Vignal et Theodoresco ont pu sauver quelques cas de forme hypertoxique de typhus avec ictère par le traitement à l’eau physiologique chlorée (1).

La rareté et la gravité de l’ictère dans le typhus furent d’ailleurs signalées par Murchison. Sur 7604 exanthématiques soignés à l’hopital de fiévreux de Londres de 1862 à 1865, cet auteur trouve l’ictère dans le courant de la maladie dans 14 cas, ce qui représente une proportion de 1 pour 475. De ces 14 malades, 12 sont morts.

14° Différentes éruptions cutanées.

. Eu dehors de l’exanthème, qui peut prendre un caractère hémorragique intense dans les formes graves, nous avons signalé dans un chapitre antérieur les grands suffusions sanguines sous-cutanées.

Nous avons rencontré dans 6 cas l’urticaire, survenant en général dans le courant de la première semaine d’apyrexie. Signalons enfin dans 3 cas un erythème scarlatiniforme présentant son maximum sur les côtés du thorax et de labdomen; chez un malade il était généralisé.

= Dans plusieurs cas nous avons noté le sudamina, localisé sur le thorax et l’abdomen, ou même généralisé. L’herpes est plutôt rare. | | Presque toutes ces éruptions apparaissent en pleine convalescence.

15° Complications nerveuses tardives.

Nous avons parlé dans le chapitre de la symptomatologie des troubles pupillaires (myosis, inégalité pupillaire) des convulsions épileptiformes et des autres phénomènes nerveux

(1) Vignal et Theodoresco. — Traitement antitoxique {méthode Daniélopolu) des formes graves de typhus exanthématique, Jassy, 1918.

qui se rencontrent dans le typhus exanthématique; mais ces phénomènes doivent être considerés comme des symptômes de la maladie et non pas comme des complications.

Mais en dehors de ces symptômes, on a signalé dans toutes les épidemies de véritables complications nerveuses. La complication la plus fréquente est l’hémiplégie. Nous en avons eu d ux cas. Dans les deux il s’agissait d’nne hémiplégie droite avec aphasie motrice, Dans l’un, tous les phénomènes ont disparu dans l’espace de trois semaines; dans le second le malade est mort et nous avons trouvé à l’autopsie un foyer de ramollisement de la capsule interne gauche.

Nous n’insistons pas sur la symptomatologie de cette complication qui ne présente rien de spécial dans le typhus exanthématique. Nous voulons seulement insister sur les caractères du liquide céphalo-rachidien. Dans les deux cas le liquide présenta 24 et 48 heures après l’hémiplegie une xanthochromasie intense. Or, nous avons démontré dans un chapitre antérieur la valeur pronostique de ce signe dans le typhus exanthématique non compliqué d’hémiplegie. La valeur pronostique n'est plus la même dans les cas d’hemiplégie postexanthématique. En effet, dans le typhus non compliqué la xanthochromasie du liquide mesure le degré de vasodiiatation cé: ébrale, par conséquent la gravité du cas; dans l’hémiplegie post-exanthématique, la xanthochromasie n'est plus le résultat de la vasodilatation cérébrale, mais bien d’un foyer hémorragique localisé. C’est pour cette raison que le premier malade présentait le landemain de l’hémiplecie un liquide fortement xanthocromasique, sans que pour cela son état fût grave.

Dans plusieurs communications devant la société du front Russo-Roumain M.M. Parhon et ses collaborateurs, Ranetti, Thoma Vasilesco, Irimesco, Oreviceano, ont etudié les complications nerveuses du typhus exanthématiques. Des observations du même genre fûrent publiées et très bien étudiées aussi par M-me Savini-Castano.

Nous devons insister encore sur certains troubles de la parole, des tremblements des lèvres et de la langue, des trem-

blements des extrémités et un facies spécial que présentent certains exanthématiques convalescents de formes sérieuses : le malade fait au premier abord l'impression d’un paralytique général. Si on ajoute que chez certains d’entre eux on trouve encore pendant la convalescence l’inegalité pupillaire et le signe d’Argyll-Robertson et que le liquide céphalo-rachidien contient une assez forte réaction cellulaire et même un Noguchi positif, nous voyons combien la confusion est possible si le médecin n’est pas prévenu.

Mais ces troubles sont pasagers dans tous les cas. Sauf l’inégalité pupillaire et la lymphocytose céphalo-rachidienne, ils disparaissent dans l’espace d’une à deux semaines.

169 Oedèmes post-éxanthématiques

On rencontre assez souvent dans la convalescence du typhus exanthématique des oedèmes dus à Ja retention du sel dans l’organisme. Il ne sont en général accompagnés d’aucun autre phénomène d'insuffisance rénale. Nous avons etudié cette question dans un paragraphe antérieur (rein).

17° Complications oculaires

Nous ne parlerons pas ici de l'injection des conjonctives, du myosis et de l’inegalité pupillaire, qui font partie de la symptomatologie du typhus et qui ont été décrits dans un chapitre antérieur. Nous étudierons seulement les complications oculaires. Des 608 ces que nous avons soignés, nous n'avons eu à enregistrer que dans 9 cas des complications oculaires : 4 abcès paplébraux, la plupart survenus après l’erysipèle, 4 cas de conjonctivite et un cas d’atrophie du nerf optique.

De nombreuses recherches furent entreprises sur les complitions oculaires dans le typhus par M.M. Dantrelle et Léo-

nida (1j. Ces auteurs divisent les complications oculaires en:

a) complications de la période d'état dues vraisemblablement d’après ces auteurs au germe encore inconnu de la maladie, complications assez rares. | |

b) complications de La convalescence, ue REPAS où des infections surajoutées sont en cause.

a) Complications dé la période d'état. I est très difficile de préciser la date exacte de l'apparition de ces complications. D’habitude les malades sont en plein délire et ne peuvent se rendre compte de leur état. Lorsque le délire cesse, le malade s'aperçoit du trouble visuel. Ce qui caracterise ces complications est leur origine vasculaire. Elles se partagent à peu près à égalité entre lésions de l'iris avec cataracte secondaire et altérations du fond d’oeil, principalement le névrite optique.

Cataracte. Les auteurs ont eu a soigner 7 malades atteints de cataracte avec décoloration de l'iris; 5 étaient unilatérales, 2 bilatérales. Elles ne diffèrent des cataractes secondaires habituellement observées en clinique que par labsence de synéchies postérieures et leur évolution extra-rapide, qui ne dure pas plus de deux mois. Elles débutent en général entre le 10-ème et le 15-ème jour de la maladie. L’extraction n’offre aucun caractère particulier. Comme il s’agit souvent de sujets jeunes, la cataracte est en général molle; l’examen du fond d’oeil n’a rien montré d’anormal. La décoloration de l'iris est constante, Les auteurs ont cependant observé quelquefois après l'extraction une echimose sous-conjonctivale qui apparaît vers le 4-ème jour de l’opération.

Altérations du fond d'oeil. Dans tous les cas présentés le Wassermann était négatif: la spécificité exanthématique paraît certaine. Ces altérations portent sur le fond d’oeil. Les auteurs

(1) CE nn. fût rédigé presque intégralement par M.M. Dentelle et Léonida. Il représente les résultats cliniques et thérapeutiques d’une grande série de recherches faites par ces auteurs pendant l’épidémie de Moldavie.

Danielopolu — Typhus exanthématique.

+étinite pigmentaire,

d’après Dantrelle et Leonida.

Steopoie del.

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