‹ Le typhus exanthématiqueChapitre 38 sur 73 · LAN · texte numérisé non relu

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ont. étudié 11 cas de ce genre. Dans 2 cas il s’agissait d’une altération du fond de l’oeil de nature toute spéciale. L’examen à l’image droite de ces lésions montrait une altération périvasculaire caractérisée par des pigmentations le long des vaisseaux. Ces’ traînées pigmentaires englobaient les branches artérielles on veineuses, déterminant un réseau superposé au dessein normal des vaisseaux. Ce réseau est quelquefois très fin, d’autres fois plus grossier : mais sa distribution et origine vasculaire. sont évidentes. Les tâches sont cicatricielles et indélebiles, déterminant l'abolition de la fonction visuelle de la rétine correspondante. Les lésions observées sur la papille sont également d’origine vasculaire.

MM. Dantrelle et Léonida out observé 2 cas d’atrophie double avec cécité complète survenue entre le 5-ème et le 10-ème jour de la maladie, d’assez nombreux cas d’atrophie simple plus ou moins complète, atrophie post-névritique. Ils ont eu enfin à soigner 3 cas particulièrement intéressants à ce point de vue: la papille était atrophiée, ses bords mal determinés étaient irrégulliers ; aucun vaisseau n’était visible, du moins tels qu’il apparaissent normalement. Sur le fond rouge de l'oeil, tranchait un réseau absolument blanc, formé par les vaisseaux centraux réduits à l’état de cordons fibreux. Il existait également quelques petites tâches hémorragiques à la RSS supérieure de la rétine.

Paralysies oculaires. — Des paralysies oculaires post-typhique M. M. Dantrelle et Léonida décrivent 3 cas, tous les trois survenus en pleine période d’état. La paralysie portait dans deux cas sur le nerf moteur oculaire commun, dans le troisième sur le nerf moteur oculaire externe. L’un de ces cas s’accompagnait d’atrophie optique unilatérale. Chez tous ces malades on ne pouvait pas incriminer la nature syphilitique. La réaction Wassermann fût toujours négative; d’un autre côté l’apparition de ces lésions au cours d’une maladie accompagnée de lésions nerveuses si intenses, nous laisse supposer avec beaucoup de probabilité la nature exanthématique de la lésion. Tout au plus on pouvait admettre d’après

ces auteurs que l'infection exanthématique a pu réveiller de vieilles lésions spécifiques antérieures.

b) Complications de la convalescence.—Ces complications sont numériquement les plus importantes. M. M. Dantrelle et Léonida les étudient successivement par ordre anatomique, insistant sur le fait qu’elles surviennent ordinairement au cours de la première semaine qui suit la défervescence, entre le deuxième et le dixième jour d’apyrexie.

Nous avons signalé pour la premiere fois à la Soc. du front Russo-Roumain la fréquence des associations streptococciques dans le typhus exanthématique. Nous avons insisté sur le fait que si le streptocoque n’est pas le seul agent des complications exanthématiques, c’est certainement le microbe qu'on rencontre le plus souvent. On le trouve souvent pur, quelquefois associé à d’autres microbes. Nous avons signalé aussi le fait que les abcès palpébraux sont dus au même microbe. MM. Dantrelle et Léonida confirment la nature streptococique signalée par nous, démontrant la fréquence de ce microbe dans les complications inflammatoires des yeux. Ces auteurs ont trouvé comme nous dans les abcès palpébraux le streptocoque à l’état de pureté.

Abcès palpébraux. Les abcès palpébraux constituent une complication fréquente et bénigne. Son début ést, soit spontanné vers le troisième ou quatrième jour après la défervescence, soit consécutif à un érysipèle évident.

Les paupières sont gonflées et rouges au point d’occlure complètement la fente palpébrale.

. Ouvert (chirurgicalement ou spontanément) il guérit rapidement, La cicatrice est d’habitude dure, fibreuse, pigmentée. Généralement elle ne gêne en rien les fonctions visuelles. Dans des cas exceptionnels, elle peut cependant déterminer ‘une lagophtalmie relative. Les auteurs n’ont jamais observé d’ectropion. La présence des cicatrices avec les caractères précédents a permis aux auteurs dans certains cas de faire un diagnostic rétrospectif de typhus, confirmé par les dires des malades. |

Phlegmon de l'orbite. Beaucoup plus grave que l’abcès palpébral est le phlegmon de l'orbite, Il offre les symptômes et le facheux pronostic qu’on connaît à cette lésion. Il apparaît du 3ème au 7è"e jour de la convalescence. L’exophtalmie est en général inféro-externe, la suppuration étant supéro-interne. L’atrophie optique est une terminaison à redouter. L’injection précoce de sérum antistreptococique et l’incision ont permis dans certains cas aux auteurs de sauver le nerf optique.

Le phlegmon orbitaire post-exanthématique est presque toujours associé à des abcès palpébraux multiples.

Ulcères de cornée. Xs sont très importants par leur nombre, leur évolution et leur traitement. Ils surviennent comme les autres complications infectieuses au cours de la 1°° semaine de la convalescence. Ils offrent les symptômes habituels des ulcères graves de la cornée. Ils sont très douloureux, accompagnés souvent de conjonctivite et se: compliquant d’iritis.

L’ulcère siège généralement à la partie inférieure de la cornée; il devient rapidement très profond. Il occupe une grande surface, souvent les deux tiers de la cornée. Celui-ci s’agorandit rapidement en surfice et en profondeur, au point de perforer la cornée. L’iris se hernie et peu à peu l'œil s’atrophie et se déforme.

Les fonctions visuelles sont naturellement réduites à une perception lumineuse vague, l'œil présentant généralement un vaste leucome avec une cornée très irrégulière. C’est l’évolution naturelle d’un ulcère post-exanthématique de la cornée; nous verrons plus tard Îles modifications apportées par le traitement.

Il est frappant de voir l'analogie de ces infections avec ce que l’on observe chez l'enfant à la suite de la rougéole dans le milieu hospitalier : mêmes localisations, même agent pathogène (streptocoque), même gravité.

Au point de vue du traitement M. M. Dantrelle et Lénioda ont obtenu des résultats trés intéressants. Dans les lésions du nerf optique la strychnine associé à la galvanisation quotidienne (3 à 4 milliampères) leur a donné d'excellents résultats.

. Mais il faut faire le traitement très tôt, car dans les cas anciens on n’obtient plus aucun résultat.

| Les auteurs insistent sur la nécéssité comme traitement préventif des complications de pratiquer la désinfection soigneuse des conjonctives chez les exanthématiques convalescents.

Le traitement de l’ulcère de la cornée par les moyens habituels n'a donné aucun résultat. Par contre, les effets furent des plus évidents par le sérum antistreptococcique de M. Cantacuzène (100 c. c. sous la peau chaque jour de sérum antistreptococcique et instillations répétées du même sérum dans le sac conjonctival). L’ulcère cornéen guérit vite par ce traitement et il ne laisse presque pas de cicatrice.

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