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les hôpitaux un très grand nombre de cas graves, surtout parmi les gens âgés. l'épidémie s’est continué en 1918 et continue encore au moment où nous écrivons ce chapitre. La majorité des cas représente certainement des formes moins graves qui n’ont pas besoin de traitement antitoxique. Mais nous avons eu encore dernièrement des formes très graves, surtout chez les sujets ayant dépassé 40 ans.
Les premiers résultats obtenus par notre méthode au mois
de Février 1917 nous ont fait penser à une simple coïncidence. En effet, tous les médecins qui ont soigné le typhus exanthématique ont vu qu’il est parfois difficile de poser le pronostic dans cette infection, d’après les simples phénomènes c'iniques. Tous ont vu des exanthématiques complètement inconscients, présentant à première vue un aspect général des plus graves, se réveillant après quelques jours sans aucun traitement, et d’autres chez lesquels la première impression du médecin était bonne et qui succombaient.
Nous nous sommes alors demandés si on ne pouvait pas trouver d’autres signes, plus précis que les phénomènes purement cliniques, qui nous permettent de noser un pronostic plus certain, C’est pour cela que, parrallèlement à nos essais thérapeutiques par le chiore, nous avons entrepris une série de recherches sur le sang, sur le liquide céphalo-rachidien, sur le cœur, ainsi que sur les phénomènes d'insuffisance surrénale, Ces recherches nous ont conduit à établir certaines règles très précises qui aident beaucoup à poser le pronostic dans un cas de typhus. Les cas qui doivent se terminer par la mort s’accompagnent de certaines modifications du sang, du liquide céphalo-rachidien, etc. qui ne trompent presque jamais. Ce sont surtout ces cas que nous avons traités par le chlore et, si on compare les résultats obtenus avec la statistique de la mortalité chez les témoins non traités, c'est-à dire chez les malades présentant les mêmes signes et qui ont passé par notre service à une époque où nous n’appliquions pas couramment notre méthode, on ne peut que se convaincre de léfficacité du traitement par le chlore.
Technique. — La technique de la méthode antitoxique comprend quatre parties :
A) La préparation des solutions.
B) Le dosage de l’eau chlorée concentrée.
C) La préparation de la solution à injecter.
D) L’injection intra-veinense.
A) Préparation des solutions. Pour préparer la solution à in-
jecter on a besoin d’eau chlorée concentrée, d’une solution concentrée de sel et d’eau distillée, filtrée et stérilisée.
1. L'eau chlorée concentrée se prépare de la manière suivante. On installe un appareil habituel de chlore (fig. 56), composé d’un flacon de Woulffe de la capacité d'un litre, d’un flacon intermédiaire de 250 gr. et d’un dernier flacon d’un litre en verre colorié. On introdut dans le flacon de Woulffe à peu près 500 grammes d’hypochlorite de chaux, on remplit à moitié d’eau le flacon intermédiaire et un met dans le der-
Fig. 56.
nier flacon un peu moins d’un litre d’eau distillée, filtrée et sterilisée. L’eau du flacon intermédiaire sert à absorber l’acide chlorhydrique qui pourrait se dégager pendant le fabrication du chlore. On ferme l'appareil, on verse à travers un entonnoir à robinet dans le flacon de Woulffe de l'acide chlorhydrique concentré, par petites portions à la fois, ayant soin de fermer le robinet aussitôt qu’on a laissé couler l’acide. Le chlore se dégage sous forme de gaz qui passe dans le flacon intermédiaire et dans l’eau du troisième flacon, dans laquelle il se dissout. Le dernier flacon est fermé par un bouchon en caoutchouc à double tubulure : la première sert à apporter le gaz jusqu’au fond du flacon, l’autre à laisser échaper le chlore
qui n'a pas été dissous dans l’eau. On laisse marcher l’appareil pendant 20 à 30 minutes, laissant tomber sur lhypochlorite de temps en temps de .l’acide chlorydrique, et cela dès que l’on s’apperçoit que le chlore n'arrive plus jusqu'au dernier flacon.
L'eau chlorée ainsi préparée est gardée dans le même flacon qui a servi à la préparation, à l'abri de la lumière et bouché hermétiquement. L’air et la iumière modifient, en effet, considérablement l’eau chlorée.
2. On prépare d’un autre côte une solution concentrée de chlorure de sodium, contenant 100 grammes de sel pour un litre d’eau distillée, qu’on filtre et stérilise (1).
3. On a enfin préparée à l'avance, plusieurs litres d'eau distillée bien filtrée et stérilisée.
B) Dosage de l’eau chlorée concentrée. Pour doser l’eau chlofée on a besoin de:
1. Une solution décinormale d’hyposulfite de soude. Voici d’après le Formulaire pharmaceutique des hôpitaux militaires la préparation de cette solution.
On introduit dans une carafe jaugée d’un litre 24 gr, 80 d’hyposulfite de sodium en cristaux à 5 molécules d’eau (36,29 0/;) et 600 grammes environ d’eau distillée. Agiter. Lorsque ia solution est effectuée, compléter à <+ 15°, avec de l’eau distillée, le volume de 1000 cc. Mêler. Conserver à l’abri de la lumière. 1 cm. c, de cette solution contient 0,0158 d’hyposulfite de soude anhydre (S°ONa°). Un volume de solution décinormale d’hyposulfite de sodium est complètement oxydé par un volume égal de la solution décinormale d’iode, mesuré à la même température; l’hyposulfite passe à l’état de tetrathionate de sodium.
On contrôle la solution décinormale d’hyposulfite de sodium en la titrant avec une solution décinormale d’iode: un volume de la solution décinormale d’iode doit être décoloré
(1) Pour plus de précaution ou fait le titrage de la solution salée au nitrate d’argent.
par un volume égal de la solution décinormale d’hyposulfite de sodium, mesuré à la même température.
Pour être complet, nous avons exposé en détail la technique de la préparation de la liqueur titrée d’hyposulfite ; mais cette solution peut être obtenue toute prête dans n’importe quel laboratoire de chimie.
La titre de cette solution est de: