‹ Le typhus exanthématiqueChapitre 45 sur 73 · Jodure de potassium en cristaux · texte numérisé non relu

Jodure de potassium en cristaux

2. De l'eau amidonnée qu’on prépare en versant sur 2 grammes d'amidon 100 cc. d’eau distilée bouillante; on agite et on filtre. Toutes ces solutions peuvent être facilement préparées par le pharmacien.

Dosage. On met dans un flacon d’Erlenmeyer 10 cm. c. d’eau chlorée préparée de la manière indiquée plus haut, un gros cristal d’iodure de potassium(i) et quelques gouttes d’eau amidonnée, Le chlore détache l’iode de l'iodure et la solution prend une coloration bleue. On verse goutte à goutte à l’aide d'une burette graduée la solution décinormale d’hyposulfite de soude, jusqu'à la décoloration complète et on marque le nombre de cm. c. nécéssaires pour que tout l'iode libre ait été réduit. On dose de cette manière l’iode contenu dans la solution, et détaché de liodure par le chlore; sachant qu’à 0,0127 d’iode correspond 0,0035 CI, on apprend la quantité de chlore que renferme la solution.

Exemple :

Supposons que pour décolorer 10 cc. d’eau chlorée il a fallu 12 cm. c. de la solution d’hyposulfite. Éree —=°0,00355;: Ch 12 "enr. -c == 00426" C1.

10 cc. d’eau chlorée contiennent donc 0,0426 CI. Notre solution de chlore a une concentration de 0,426°/, CI.

L'eau chilorée préparée de la manière exposée plus haut est

(1) L’iodure de potassium doit être toujours en excès.

variable comme concentration ; elle contient entre 0,25 et 0,50°/, de CI.

C. Préparation de la solution à injecter. La solution a injecter doit contenir : |

0,40 à 0,50 cgr. de chlore 6 gr, 50 de chlorure de sodium 1000 gr. d’eau distillée.

Supposons que l’eau chiorée concentrée contient 0,426 °/, de chlore. On prend :

100 cc. d’eau chlorée concentrée à 0,426°/, (0,426 CH). 65 cc. de solution 1%/,,,, de chlorure de sodium (6.50 Na CI). 835 cc. d’eau distillée, filtrée et stérilisee.

Une petite partie du chlore se perd pendant les manipulations ; aussi, il faut toujours prendre 10 à 15°/, d’eau chlorée en plus:

115 cc. d'eau chlorce 65 cc. de solution de sel a 100/ ...

820 cc. d’eau distillée.

Si l’eau chlorée contient moins de chlore on prend bien entendu une quantité plus grande d’eau chlorée, la même quantité d’eau salée et on diminue d’autant celle d’eau distillée. Supposons par exemple que l’eau chlorée concentrée contient 0,30 °/, de chlore. On prend (comptant les 15°/, en plus).

172,5 cc. d’eau chlorée concentrée 65 cc. d’eau salée à 10/5 762,5 d’eau distillée.

On mélange les solutions et on fait un second dosage à l’aide de l'hyposulfite de soude. On met dans un flacon 20 cc. de la solution à injecter, un gros cristal d’iode el quelques gouttes d'eau amidonnée. La solution se colore en bleu. On verse goutte à goutte la liqueur d’hyposulfite jusqu’à la décoloration complète et on note le nombre de cm. c. d’hyposulfite employés.

Dors.

Supposons que pour décolorer le mélange il a fallu 2 cm, 4 de la solution d’hyposulfite :

Crete en 10,009. CE 2,4 X . > x = 0,00852 Vingt cm. c. contiennent 0,0085 Cl; un litre contiendra 0,C085 X50=—0425;:C#

La solution à injecter ne doit pas avoir moins de 0,04, et plus de 0.052;;, étant plus près de ce dernier chiffre.

On prépare le mélange d’après les indications données cidessus dans un flacon de 3 litres (fig. 57), coloré, bouché par un tube en caoutchouc à double tubulure. Ce flacon est muui d'une poire de Richardson; l’appareil entier sert au remplissage des fioles que nous employoas pour pratiquer l'injection intraveineuse.

Pour faire l'injection nous nous servons d’une ampoule de

500 cc. (fig. 58-a, 59 et 60) à laquelle on adapte un tube en caoutchouc de très bonne qualité, qui se termine par une aiguille en platine. L’aiguille est protégée par un petit tube en caoutchouc adapté au bout. L'appareil est stérilisé à l’autoclave.

Les appareils sont coatenus par deux dans une boîte à carton qu'on peut accrocher au mur; chaque boîte sert pour pra-

Five. 58.

liquer l’injection à deux malades à la fois. Le tube en caoutchouc est interrompu au milieu de son parcours par un ajoutage en verre; c’est par cet ajoutage qu’on remplit les fioles (fig. 58) à l’aide de l'appareil à soufflerie (fig. 57 et 58).

On doit naturellement prendre toutes les précautions d’asepsie pendant toutes ces manipulations, malgré que la solution chlorée est par elle-même fortement antiseptique.

On prépare en général les appareils immédiatement avant

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E MARVAN

l'injection. Il est bon dans tous les cas de ne pas employer des ampoules préparées depuis plus de 6 heures. Après 24 heures le titre de l’eau physiologique chlorée diminue de moitié.

D) Injection intra-veineuse, On accroche l'appareil au mur à une hauteur d’un mètre et demi au-dessus du plan du lit. fig, 59 et 60) (1). On chasse l’air du tube et on place l'aiguille (toujours en platine) dans l’une des veines du pli du coude. La solution s'écoule en 15 à 45 minutes, On peut injecter plus vite, en usant d’une aiguille de gros calibre, sans aucun accident sérieux, mais une injection trop rapide est la plupart du temps douloureuse,

Nous nous servons d'habitude de boîtes à deux ampoules, qui servent à faire le traitement à deux malades à ja fois (fig. 60).

Nous avons construit nous-même dans notre service de contagieux une trentaine d'appareils de ce genre, ce qui nous a permis de faire le traitement à un grand nombre de malades à la fois. Il n’arrive jamais aucun accident et il n’est pas nécessaire de surveiller l'injection, Le bras doit être maintenu fixe par un infirmier et cela d'autant plus que les malades traités par le chlore sont souvent agités et dans un état d’inconscience plus ou moins complète.

* Li *

Pour diluer l’eau chlorée nous nous sommes servi au com: mencement de la solution de chlorure de sodium à 9 gr 50 pour milie, c’est à dire de la solution se rapprochant le plus comme isotonicité de celle du sang. Mais nous avons réduit ensuite la quantité de sel jusqu’à 6 gr 50 pour mille et cela pour plusieurs raisons. Dans la solution 91/, pour mille contenant du chlore les hématies sont souvent crénelées, tandis qu'avec la solution chloro-chlorurée contenant 61/, de sel, elles conservent parfaitement leur forme et ne s’hémolysent pas. Malgré lPhypotonicité apparente de la solution physiologique chlorée, il ne se produit pas d’hémolyse. Ce phéno- . (4) Ces photograpies (fig. 59 ct 60) ont été faites dans le service de contagieux de M. le Dr. Vignal.

mène est dû en grande partie au fait que le chlore augmente la résistance globulaire.

Nous avons diminué la quantité de sel encore pour une autre raison. Les formes hypertoxiques de typhus présentent une hypochlorurie très marquée. Que ce fait soit dû à un défaut d'élimination rénale où à un phénomène périphérique, il est certain, d’après une série de recherches que nous avons faites en collaboration avec notre médecin-adjoint Dumitresco- Mante, que les exanthématiques retiennent quelquefois le sel dans l'organisme. Ainsi s'explique l’oedème des membres inférieurs, ou même l’anasarque généralisée, qui apparaît quelquefois dans la convalescence des formes graves de tyvphus.

Nous n’entrons pas dans les détails de nos recherches sur la chlorurémie dans cette infection, question que nous avons longument exposée dans un chapitre antérieur (1), et nous arrivons à la conclusion pratique qui intéresse l'application de notre méthode. De 3 gr. 25 de chlorure de sodium que nous injectons dans la veine (500 cm. c. d’eau physiologique chlorée à 6 gr. 1/, de sel), il s’élimine dans l’urine de 24 heures à peu près la moitié. Il se produit par conséquent une certaine rétention de sel dans l'organisme qui ne présente d'ailleurs aucune importance, vu que notre traitement ne dure la plupart du temps que quelques jours. Mais malgré celà, il nous a semblé plus prudent de réduire la quantité de sel à 6 gr. 50 pour mille, solution qui, nous répétons, a encore l'avantage de conserver en parfait état les éléments du sang.

Les exanthématiques que nous traitons par les injections intraveineuses d’eau physiologique chlorée sont soumis dans notre service à un régime hypoclorurée, mais cette précaution n’est pas absolument indispensable.

Nous devons insister encore sur un dernier point de technique: on doit choisir les grosses veines du pli du coude et

autant que possible changer [a veine à chaque injection.

(1) Voyez le chapitre concernant le rein dans le typhus exanthératique.

L'eau physiologique chlorée provoque quelquefois, en effet, une certaine induration de la paroi veineuse qui se prolonge sur une étendue de quelques centimètres. Cette induration ne présente aucun inconvénient, mais elle peut nous empêcher de faire plusieurs injections dans la même veine. Quand la veine injectée est trop petite, il se produit quelquefois un oedème sous-cutané qui ne tarde pas à disparaître. Ce petit inconvénient ne doit pas nous empêcher de faire l'injection même dans une veine de petit calibre, si nous n'avons pas de grosses veines à notre disposition.

Nous ajoutons encore le fait qu’il faut quelquefais avoir beaucoup de perséverenee pour continuer le traitement après plusieurs injections. En effet, comme on doit changer à chaque injection de veine, on est quelquefois forcé de recourir aux saphènes. Or, ces dernières veines sont quelquefois très difficile à trouver à cause de la cyanose des extremités et de la basse pression veineuse. Avec de la patience, en gardant le lacet compresseur à la base du membre un certain temps et en plongeant l’extrémité du membre pendant quelque temps dans l’eau chande, on arrive toujours à faire l’injection et à conduire le traitement jusqu’à la fin. Quelquefois les dernières injections peuvent être faites avec plus de facilité dans la saphène, et cela après la disparition de la cyanose des extrémités par le traitement antitoxique. |

Pour répéter les injections et savoir quel jour il faut s'arrêter, on se conduit d’après certains phénomènes cliniques que nous décrirons plus bas et, dans la plus grande partie des cas, d’après la leucocytose sanguine.

La technique entière paraît assez longue et compliquée d’après la description, mais en réalité, après lavoir appliquée pendant quelques jours, on arrive à faire le traitement à tous les cas graves dans une matinée, même dans un grand service d’exanthématiques, Dans les hôpitaux d’exanthématiques à Fassy où on a essayé notre méthode on s’est vite habitué à faire le traitement, qu’on trouve très facile à appliquer.

Nous faisons une ou deux injections de 500 cm, c. tous

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les jours jusqu’à l’amélioration manifeste du malade, et jusqu'a ce que certaines modification qu’on trouve dans le sang et dont nous parlerons plus bas, disparaissent. Dans nos premières recherches nous faisions en général une seule injection par jour: et les cas où nous administrions deux injections étaient rares. Nous avons changé depuis. Dans près de la moitié des cas nous faisons matin et soir une injection, chacune de 500 cm. c. Le malade les supporte très bien et l'amélioration est beaucoup plus rapide. On peut continuer ce traitement pendant plus d’une semaine sans aucun inconvénient, Mais, la plupart du temps, après 1 à 3 jours il se produit une amélioration assez manifeste pour réduire le nombre des injections à une par jour et pour Îles supprimer ensuite.

Avant de parler des résultats thérapeutiques que nous avons obtenus par notre méthode, nous devons dire que ce traitement n’a aucune action nuisille. Nous avons fait jusqu’à présent dans notre hôpital, ou dans d’autres services de typhus à lassy, plus de mille injections et nous n’avons jamais eu à enregistrer le moindre accident. Nous avons essayé la méthode au commencement avec une certaine prudence, ne lPappliquant à l’homme qu'après un dosage rigoureux sur Île lapin et faisant nos premières injections dans des cas que nous considérions comme perdus, mais après quelque temps nous sommes arrivés à instituer le traitement sur une grande série de malades à la fois, sans prendre aucune mesure de précaution autre qu’une préparation exacte de la solution.

Nous ne donnerons ici que Île résumé très restreint des nombreuses recherches qui nous ont démontré l’innocuité absolue du traitement. La première question qui se posait dès le commencement était si le rez supporte bien l'injection d’eau chlorée. Des recherches très étendues que nous avons entreprises à cet égard il résulte que, sauf une certaine hypochlorurie, vis-à-vis de la quantité de sel introduite, l’urine ne présente aucune altération pathologique autre que celle pro-

voquée par la maladie elle-même, Le volume des urines ne diminue pas ou même augmente, l’albuminurie ne devient pas plus forte ou même disparaît à mesure que l’état du malade s'améliore. On trouvera à la fin de ce livre une série d’observations qui le prouvent jusqu’à l’évidence (1).

Nous avons minutieusement cherché dans tous nos cas traités par le chlore s’il n'apparaît pas après l'injection de l’hé moglobinurie, par destruction des globules rouges. L’hypochlorite de soude provoque ce phénomène, tandis qu’après Peau chlorée nous ne l’avons jamais remarqué. Nous avons recherché les pigments sanguins dans l’urine à l’aide de la réaction très sensible au gaïac. Mais il faut savoir qu’on trouve presque constamment dans l’urine des exanthématiques des globules rouges, même chez ceux qui n’avaient pas été traités par le chlore, ce qui peut constituer une cause d’erreur quand on cherche lhémoglosvine par le gaïac. Dans tous les cas, cette hématurie microscopique n’augmente pas, et 1l ne se produit pas non plus d'hémoglobinurie après le chlore.

Le manque d’hémolyse après le chlore est d’ailleurs surabondamment prouvé par l'état du sarg des malades traités par notre méthode. Les hématies se montrent normales comme forme dans le sang extrait après l’injection et le sérum n’est jamais laqué. Les hématies sont seulement pius ou moins agpglutinées, ce qui ne présente aucun inconvénient, d’après les constatations que nous avons pu faire sur un grand nombre de malades. Le sang extrait quelque temps après l'injection présente aussi une coagulabilité exagerée et une rétractilité plus pronnoncée du caillot,

Les leucocytes ne sont nullement altérés et le plasma se présente à l’ultra-microscope comme à l’état normal.

Le nombre des globules rouges ne se modifie pas non plus

(1) Dans le courant de la publication de ce livre nous avons reçu Pobservation d’une forme hypertoxique de typhus traitée par M. le Dr, Cociu par notre méthode, dans laquelle une forte albuminurie disparût en 48 heures après les premières injections. Le volume des urines, diminné avant le traitement, a augmenté vite après les injections.

chez les malades traités par le chlore; il reste autour du chiffre normal de 5 millions. Nous devons dire seulement que les exanthématiques graves que nous avons traités présentaient souvent de la cyanose des extrémités; le nombre des globules rouges par mm. c. est exagéré dans ces cas (5 millions et demi à 7 millions) La cyanose disparaît vite chez ces malades par le traitement chloré et, en même temps, Île nombre des hématies revient à la normale, non pas par hémolyse, mais indirectement par le fait de la disparition de Ia cyanose. Par contre nous n'avons jamais remarqu£ de diminution du chiffre des hématies par mm. c. dans les cas où leur nombre était normal avant le traitement,

Dans le tableau suivant nous donnons à titre d’exemple la courbe du nombre des hématies et des leucocytes dans un cas traité et guéri par le chlore, avant, pendant et après ce traitement. Nous possédons de nombreuses observations semblables.

Leucocytes Hématies

12-ème jour 42.000 4.800.000 I-ère injection d’eau phys. chlorée 13-ème Jour 25.500 5.500.000 2-ème » » » ) 14-ème jour 12.800 5.100.090 3-ème » » » »

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