CE LOIRE
compression appliquée sur la jambe. Ce phénomène prouve un état de diminution très intense de la tension veineuse. Elles étaient très froides et cet état s’étendait souvent jusqu'à la moitié de la jambe ce qui était d'autant plus surprenant que la température à l’aisselle déppasait 39°. Quelques injections suffisaient pour que ces phénomènes disparaissent, Nous ‘avons eu des cas où les extrémités étaient cyanosées et froi-
des le matin et déjà moins cyanosées et chaudes le soir. Dans une des observation de Vignal et Theodoresco on trouve un cas des plus démonstratifs de ce guerre. Dans plusieurs cas il nous était quelquefois impossible de trouver la saphène pour faire une injection, tant la tension veineusse était basse, et le lendemain, une fois que les extrémites se réchauffaient, les veines du pied et de la jambe se dessinaient dejà sous la peau et l’injection à la saphène devenait possible,
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Nous devons parler maintenant” de l’amélioration considérable qu’on observe dans la fensiou artérielle après l'injection. Tous nos malades avaient avant le début du traitement un pouls, si non accéleré, du moins très petit, fuyant quelquefois insensible à la radiale. Le pouls devient dejà plus ample à la fin de l'injection, mais c’est surtout après quelques heures qu’on constate une différence considérable, Ce phénomène coincide avec la diminution de la cyanose et du refroidisse-
ment des extremités. Il est très appréciable à la simple palpation; mais nous l'avons confirmé à l’aide du sphygmotensiomètre.
La tension se relève les jou-s suivants d’une manière Cconsidérable. Une courbe de tension de forme hypertoxique, c'est à dire oscillant autour de 9, quelquefois au-dessous de ce chiffre, se relève après les injections comme dans la forme légère et arrive en quelques jours à: 11, 12 et°13! C'est chez ces malades traités à l’eau chlorée qu’on voit ccmbien le syndrôme des extremités est subordonné à l’état de la tension artérielle. Les deux phénomènes s’améliorent ensemble, suivant une courbe absolument parallèle.
Le changement dans l’aspect des extrémités est un signe pronostique de grande valeur: if annonce presque toujours une bonne réussite du traitement. Avec la disparition de la cyanose on remarque un phénomènes très intéréssant: la diminution du nombre des globules rouges. La cyanose augmente chez ces malades le nombre d’hématies, qui dépassent le chiffre normal, arrivant à 6 et 7 millions. Leur nombre retombe à la normale après les premières injections.
L'état de vasodilatation de la figure diminue aussi considérablement. Il n’y a naturellement que l’aspect hémorragique de l’exanthème qui persiste. Il s'agit de ces grandes pétechies que l’exanthéme présente dans les formes hypertoxiques, à la fin de la période fébrile et dans l’apyrexie, et sur lesquels il est bien entendu que le traitement antitoxique ne peut avoir aucune influence directe.
Le rythme du coeur se ralentit par le fait dejà de l’injection du chlore, qui agit directement et indirectement en augmentant la tension et en diminuant l’intoxication de l’organisme. Îlserait pourtant peu prudent de se fier à cette action du chlore sur le rythme et de ne pas employer dans les cas d'insuffisance myocardique grave un médicament si efficace que la Strophantine. On risquerait de perdre le malade par le coeur avant que le ae ee ait le temps d'agir.
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Le rein se comporte aussi très bien, la diurèse augmente et l’albumine disparaît la plupart du temps vite. L’eau chlorée, loin d’avoir une action nuisible ne fait que favoriser les éliminations rénales. Le docteur Cociu vient de nous communiquer une observation très intéresante à le point de vue, qu'on trouvera à la fin de ce volume.
Les malades guérissent vite et malgré l'intensité de l'intoxication par laquelle a passé l’organisme, la convalescence est courte. Le sujet garde cependant dans de rares cas quelques troubles de la parole, un certain degré d’obnubilation intellectuelle, des troubles de la mémoire, des tremblements des lèvres, de la langue et des extrémités. Nous avons signalé ces phénomènes aussi dans la convalescence de la forme moyenne.
Ces troubles demandent quelquefois plusieurs semaines pour disparaître complétement. Il n'est pas sans intérêt de rapprocher ces phénomenes de la longue persistance de la réaction mononucléaire et de la réaction de Noguchi dans le liquide.
Mais les modifications les plus intéressantes après le chlore, parce qu’elles nous donnent des indications précises sur la marche à suivre dans Île traitement, sont celles de la Zeucocytose sanguine. Elles coincident d’ailleurs toujours avec l’améiioration de l’état général du malade.
Dans la plus grande partie de nos cas, la leucocytose dépassait 30.000, chiffre qui indique un pronostic des plus graves. La plus grande leucocytose que nous avons rencontré chez nos malades traités par le chlore a été de 100.000 ; les uns avaient entre 30.000 et 50.000, plusieurs cas entre 70 et 80 milles leucocytes par mm. ©. Or, au dessus du chiffre de 30.000 nous n'avons pas vu un exanthématique guérir sans chlore.
La leucocytose diminue déjà après la première injection et cette baisse est toujours accompagnée d’une amélioration dans l’état du malade. Souvent on voit une diminution de la moitié après 24 heures, et si on continue le traitement les jours suivants, la leucocytose revient vite près de la normale. C’est
en ce moment, siles autres phénomènes cliniques s'améliorent, que nous <essons le traitement. La leucocytose continue à osciler pendant quelques jours, quelquefois un peu au-dessus de la normale, pour tomber définitivement après 1 à 3 jours (Fig. 65, 66, 67). Nous avons cessé dans plusieurs cas les injections quand la leucocytose était entre 10 et 12 milles si
les autres signes toxiques avaient disparu.
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Mais nous devons ajouter que dans certains cas, rarement il est vrai, la leucocytose ne baisse pas après la première injection : elle se maintient où même augmente légèremeut les premiers jours. Nous ne saurions assez insister sur le fait qu'il ne faut pas se décourager dans ces cas, qu’il faut continuer le traitement, faire deux injections quotidiennement, pendant plusieurs jours et même plus d’une semaine, On arrive presque toujours à faire baisser la leucocytose et à guérir le malade. M. M, Vignal et Theodoresco, Alexandresco, Cociu, décrivent.