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deux cas, fut amené dans notre service après sa defervescence dans un état désespéré.
Quelle mortalité donnent les formes hypertoxiques non traitées par le chlore? Pour établir ce point il n'est pas suffisant de tenir compte des phénomènes cliniques mais il faut ajouter aussi certains signes concernant le sang, le liquide céphalo-rachidien, la tension artérielle.
Mortalité d'après la leucocytose. De 38 malades présentant une leucocytose de plus de 20.000 et non traités par le chlore, 35 sont morts, tandis que des malades ayant une leucocytose dépassant 20.000 entre ce chiffre et 30.000 et traités par le chlore un seul est mort. Ainsi donc:
Non traités . . 0920) de mortalité IPraités See uTontate
Des 15 malades présentant une leucocytose de plus de 30.000 et non traités par le chlore, aucun n’a guéri. Des 17 malades présentant une leucocytose de plus de 30.000 et traités par le chlore nous n’avons perdu qu’un seul. Ainsi donc:
Non traités . . . 100°/, de mortalité Traités 7 130 Ode MOortalTté
Mortalité d’après l'état du liquide céphalo-rachidien. L’existence d’un liquide céphalo-rachidien franchement jaune, atteignant presque la couleur de l'urine normale, est d’un pronostic presque toujours mortel,
Si nous laissons de côté les cas où la xanthochromasie est apparue après une hemiplégie, complication connue du typhus, la mort se produit dans 95°/, des exanthématiques non traités par le chlore qui ont eu un liquide très jaune, Par contre, le grande majorité des formes hypertoxiques guéries par notre méthode avaient la liquide fortement xanthochromesique.
Mortalité d'après la cyanose des extrémités. Nous avons insisté dans un autre chapitre sur la gravité exceptionelle que signifie la cyanose froide. Quand le syndrome des extrémités est arrivé à son troisième degré, de cyanose intense
avec refroidissement des extremités, le cas s’est presque toujours (920/, des cas)-terminé par la mort. Or presque tous nos 00 malades traités par le chlore avaient ce signe et nous n’avons eu que 2,2°/, de mortalité.
Mais toutes ces statistiques représentent la mortalité des formes hypertoxiques, non pas la mortalité globale du typhus comprenant aussi les formes légères, dans lesquelles nous n'avons pas besoin du traitement antitoxique.
La mortalité globale, comprenant les soldats, les officiers et les médecins, traités dans notre service au mois de Février et Mars, époque à laquelle nous ne faisions pas d’une manière régulière le traitement à l'eau chlorée, a été de 17,3°/,. De ces morts, 14,9°/, ont succombé à l'intoxication exanthématique elle-même, 3,4°/, à des complications.
Si nous faisons la statistique globale des cas traités par l’eau chlorée, comprenant les formes hypertoxiques traités par le chlore et les formes légères, nous avons une mortalité par intoxication exanthématique de 0,5°/, au lieu de 14,90/,.
Mais il s'impose aussi de faire la statistique d’après l’âge. Si au mois de Février et de Mars nous avons soigné surtout des soldats, à partir du mois d'Avril nous avons eu dans notre service aussi des civils de tout âge. Nous avons soigné en outre un grand nombre d'officiers et de médécins de differents âges dans notre service, L'âge compte beaucoup dans le pronostic, et chez les gens âgés, depassant la quarantaine, on est presque complètement désarmé avec le traitement habituel.
De 26 exanthématiques ayant dépassé 40 ans, entre 40 et 60 ans, présentant une forme hypertoxique très grave et traités par le chlore, nous n’avons perdu que deux, dont un par septicémie streptococique associée.
. Nous avons eu par conséquent dans les formes hypertoxiques des sujets ayant dépassé 40 ans, et que nous avons traités par notre méthode une mortalité de 3,8°/. Mais ce chiffre ne répresente que la mortalité des formes hypertoxiques. Si nous la rapportons à tous les exanthématiques de plus de 40 ans, que nous avons soignés, formes hypertoxiques ou non,
nous arrivons a une mortalité de 2.2°/, Or, de l’avis de plusieurs confrères qui ont soigné le typhus à lassy, la mortalité a depassé en général 40°/, chez les sujets dépassant cet âge.
Comme nous l'avons dit dans le courant de cette communication, notre méthode est basée sur l'action antitoxique du chlore, expliquée probablement par son pouvoir oxydant. Mais ce traitement n’a rien de spécifique et, si nous l’avons employé dans le typhus, c'est à cause du rôle important que joue l’intoxication de l'organisme dans cette infection. Il est très possible que cette méthode donne de bons résultats dans d'autres infections qui s’accompagnent souvent de phénomènes toxiques généraux, comme la fièvre typhoiïde. Dans cette dernière infection nous ne l'avons essayée jusqu'à pré sent que dans deux cas, formes ataxo-adynamiques dans les quelles nous avons obtenu un résultat des plus evidents.
Un de nos exanthématiques presentait une association de typhoïde et de typhus. C’étaient les symptomes du typhus qui étaient les plus graves : il s’agissait d’une forme hypertoxique de typhus associée à une typhoïde. Le traitement à l’eau chlorée fit disparaître vite les phénomènes d'intoxication exanthématique ; le malade continua sa fièvre typhoïde et guérit
Mais là où, du moins théoriquement, cette méthode antitoxique doit réussir, c’est dans les infections locales accompagnées de phénomènes d'intoxication générale. Nous ne parlons pas de la diphtérie, pour laquelle nous possédons le sérum antidiphtérique, mais du tétanos et du choléra, peut être aussi de la gangrène gazeuse, infections dans lesquelles nous sommes souvent complètement désarmés.
Quant à son pouvoir antiseptique, ce traitement s’est montré complètement inefficace dans le typhus, dans la typhoïde et dans un cas d’endocardite gonococcique. Il est possible que dans d’autres infections l’eau physiologique chlorée possède un certain pouvoir antiseptique.
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