‹ Le Tzar Nicolas et la sainte RussiaChapitre 28 sur 53 · MÎT · texte numérisé non relu

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mais qu'on vous prête,— suffit pour motiver l’acte le plus inique. Un homme suspecte de libéralisme (doukh) est un homme perdu. Sous ce prétexte, on vous arrête, on vous emprisonne, on vous déshonore, on vous déporte en Sibérie, on vous tue, — le tout préventivement! Vous avez le droit de boire, de manger, de dormir, mais de voir, d’entendre, de réfléchir, de discuter, de prouver, non ! — En vain s’imaginerait-on trouver quelques ga ranties, contre cet arbitraire sans limites, dans les lois établies par les autocrates eux-mêmes, et dont l’incohérent assemblage ne compose pas moins de cinquante volumes. — Enfantillage occidental ! Les lois! mais comment se font les lois? — par des oukases. Par qui sont promulgues ces oukases? Par les tzars. Qui donc empêche le souverain de détruire par un oukase, ce qu’un autre oukase a établi? Nicolas, par un simple décret qui n’occasionnera pas plus de bruit que cette hirondelle rasant le gazon, peut demain renverser l’échafaudage des lois existantes ; et c’est judicieusement qu’un de vos écrivains 1 a dit : — « La loi en Russie se reconnaît elle*

« même inférieure aux autocrates, et cela est juste, puis- # que l’empereur peut, en cinq minutes, paralyser ou défi truire la loi par une autre loi qu’on appelle oukase. »

1 M. de Custinc, la Russie en 1839.

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