‹ Le tzar Nicolas et la sainte RussieChapitre 10 sur 42 · I.KS MAGit&INS DE PRÉVOYANCE · texte numérisé non relu

I.KS MAGit&INS DE PRÉVOYANCE

« Voiilnnl à loul jamaift préserver nuire empire

c De» fléaui qoe sur nous attire fl La disette, ee firuit des astres indéments H Qui font les froids hivers et les élés brAIsnIfs;

« Maniions à tous sujets, fuit les à leur prinro,

a D ériger on chaque province

a Un grand magasin général,

< Où loul prévoyant animal a Soit tena, dès ce jour, de déposer la dime < De lous ses biens, hulin. déponille opimo;

« Ainsi le veul I uniour arJenl « Que je porle à mon peuple: —aux délinquanls ma dent, i» Et plus bas est écrit : a De notre antre royal, Tel an, tel mois, tel jour; — nous Lion. » — Ce message

Fui dépéché, selon Tiisage,

Dans loul le royamiie ;iiiiinal.

Chaque clict' de Iribu le reçul, jusqu'à l'àue. Quoi 1 l'âne un chef I — Mais oui, cela s'est tu; Et celui U, bien qu'il ne fût pourvu

Ni des jjriffes ni du coiiraj^e Qui sont, coiïime on le sail, l'exciusii apanage

LA SAlMTIi; fiU8Slfi.

iJes imimaux de qualité,

Bien qu'il lût un àne bàlc, Grice i des protecteurs (quel est le pauvre hère Qui n'en a qud^aea-uns? ), se trouva dignitaire;

On le créa satrape, — tout autant.

Mons satrnpe d'agir, mais avec ce laieul

Dont sa race est si bien lolie 1 }ioi pour mot du rescrit il fit dresser copie, Puis il la oollationna, Et la signa (car il savait écrire) :

« Moi l Ane, » avec ]);irure ; et puis il la donua A ses agents, et tout alla comme de cire, il est m fond d'un bois, un ravin ténébreux

Un précipice, un vrai repaire, Où la ronce a tressé ses remparts épiueux ; Le lieu semble propice ; on y pratique une aire ; De madriers ûpais on entoure l endroit ; 2^cstor delà foret, un chêne, au lieu de loil,

De sa ramure séculaire

Abrite le commun tréso Le magaitin construit, ce n*est pas tout enoor ; 11 lui lauL des gar iiens; soudain, du voisiua;je On mande des souris, — sans doute sur i'aduge Qu'il faut, parmi les maux, les moindres préférer. La taupe eut le contrôle, a charge d*insércr Dans un i cgislre ad hoc les dîmes déposées : w llcçu du sire lou[i, lu peau de dcux moulons: « licm, du sieur icnaid, cndjoursj deux chapo is < Saut' une aile; — ajoutez deux livres bien pesées « De fin duvet d'oison. — Du seigneur sanglier, « Hem, trois bois de c«.rf. dont un garni d*oreillcs«

Messirc loup fil des merveilles D'esprit et de bon iioùt : une lOle, un soulier, De quelque bûcheron relique misérable.

84 LA SÂlMfi AUSSiE.

. Coiii|iu»( reiil son lot. — Mais de ^uei rire aiuiable Il duMÏl, se curant lesdenU d'un air malin :

f Ha Toi t c'est Uwt ce qui pra reste du TÎkin. t Enfin le magasin fut rempli jusqu'au faite, (Inice à ce noble zèle, à ce concours ardenl. Sa Majesté daijjnu se nionliei salisfiiite l'ourle bien du public d abord, — puis il lui plut De conf&rer è ïêmù un èfiUaut témoignage De sa haute famcw Le sArape reçut, Prélevés sur les prés du royal pâturage,

Un majorât, un apan ige, Digues d'un vice-roi. Le renard et le loup»

L*oiirs et le sanglier obtinrent, après coup, Des brevets de barons. La stridente cigale Eut Tordre de chanter jusqu'au poste éloigné

Celle forluiie >ans égale.

C elait l'organe désigné IVnir prôner en tout lieu la volonté royale, Avant qu'on ne connût « TAbeille boréale*. »

De ce moment le peuple hit heureux; Combien de temps? Je ne Sitis. — J'ai ouï dire Qu'un implacable biver, au bout d'un au ou deux, Du monarque Lion vînt congeler Temptre,

Et bientôt la faim de sévir. • Mais au môme moment oà la gent anlaiale Subissait en mourant son atteinte fatale, 1^ taupe et la souris engraissaient à ravir.

Un jour, l'horreur en vint à ce point <pi'on trouvât Dans un coin de ces prés, ^orgueitteux mijorat,

^ Allusion à i'ÀbeilU du nurdf journal du gouvenieuienl, publié à Saintp-l*étersbourg.

LesquulcUc (le Jtiic; — cl Ton se dil sous ciipc

Que Ymr^ n'avaii pas craiitt de inang^er du satra|M!.

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