‹ Le tzar Nicolas et la sainte RussieChapitre 14 sur 42 · LES DEUX Ê6LISES · texte numérisé non relu

LES DEUX Ê6LISES

Si ridée politique occupe une large plac^ dans la synthèse âociale que représentent les diverses formes du slavism<*, ridée religieuse n*y joue pas un rôle moins imimportant; mais, là encore, on voit le slavisme et le panslavisme se séparer complètement et ne se rejoindre ensuite que pouf se combattre.

La théorie religieuse du slavisme est conséquente à sa théorie politique. Elle poursuit l'absorption de toutes les

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communions slaves dans une seule Église, comme la fusion de tous les peuples slaves dus une seule nation. Seulement le panslavisme veut qu\'lle se fass<.^ au profit de rÉglise officielle dont le tzar est le chef S et ainsi il tend à grandir encore la principe autocratique, puisque, dâûs ses vues ambitieuses, il ne limite pas cette absorption aux seules communions orthodoxes, mais qu'il rétend à toutes celles de la ciiréiieuté, où doit le porter successivement la conquête.

Leslavisnie national, au contraire, fidèle à ses princil»es constitutifs des nationalités, n'aspire qu'à réunir dans un centre commun les diverses Églises slaves. Il répudie toute prétention sur les autres, et se sépare radicalement, quant à Tesprit, de l'Église officielle, qui n'est;) ses yeux ([u'uno machine d'oppression, un dogme renfermé dans le tabernacle, sous la garde du tzar. Hostile à la théologie du moyen âge autant qu'étranger au rationalisme moderne, qui ne répond point à ses besoins de croyance, il donne pour base religieuse à la cité nouvelle une Église chrétienne régénérée, l'Église des œu-

' V Une grande |Arti,e des cgUses d'Orient, actneUement sous la di« rectîondu patriareho de Gonstanlinople, attendent avec espérance le

temps où il n'y aura plus qu'un seul troupeau, sons la direction anprème du Izar. D.ms ratlcnlc de cet ù;:e il or, le clergé d'Oi ieul accepte les dons niagnitiques que lui prodigue ce fulft^e protecteur, qui ne lui demande en retour que ses prières, — et il ne mianque pas, ainsi que la reconnaissance lui en fait un devoir, d*exalter son nom devant le peuple, i»

Les Mahométans dans l Âsie centrale [BdùUfurg Aevtew)»

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vres, faisaiU vivre l'esprit el l'àme auluui il elle ; une Église démocratique, en un met, appelée à réaliser dans l'ordre mystique ce que la lumille doit réaliser dans l'ordre politique, — laction.

C'est par sa séparafbn avec l'ÊgKse offieielle- que le slavisme libéral se trouve eu coutactavec cette pai tic du peuple des campagnes, que travaille sourdement Fidée (le réforme. La eréaliou des seetes tlissi»leules, qui se produit dans les provinces recufëes de l'empire avec une sponlanéiié menaçante, est le terrain sur lequel ils doivent se reucoutrejs Ces sectes naissent un jour et disparaissent Tautrc devant la persécution des prêtres et de la police, mais elles ue cessent pas d'exister en secret. Leur btttest Ja suppression du tzar et du pope. C'est une sorte de proti'stinilisme, n'admeltanl ni l'aulorilé autocratique ni Tautorile ecclésiastique. Il y a quelques années, un de ces ^^Atres se présente chez rarchimandrîte de Pétersbout^ il traite le prélat de mécréant, lui dii (|ue sa rsHpultM busse, qu'il a reçu de Dieu l'ordre de le proclamer; et, pour mieux attester sa mission, il accompagne cette déclaration d'un soufOet. Cet homme mourut sous les verges De pareils faits ne sont pas rares ; mais

* Le fdiiulisiiic est lel, paiiiii ces liomiiies, qu'un la brica ut de-ciro en îfros, appartenant à une secle dissidente, ne consentiità livrer ses produits à la circula liun qu'après s'être convaincu qu'ils ne poori'aieul . être employé» pour le« cierges des églises russes.

Les sectes les plus importantes sont celles des BohomUtMy (agréables à Dieu), Sktnviefizy [de laviiUU religion], et une association 4e

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le p:ouvernemem les étoliffe avéesoin, car il se sent menace de ce côté d un ébranlement terribie. Le moment venu, on verra fondre sur la Russie- une guerre d'extermination intérieure, analogue à celle qui désole actuellement la Cbme. (Voir la note L>.

Ces données rapides sufUront.pour faire comprendre la situation respectiye du pansbvisine officiel et du sla- visme national, leur nature, leurb différences, leur antagonisme et leur portée. La fuiion des races est l'unique point de contact des deux formules; pom lout le reste, la scission est absolue. - ' *

Le panslavisme ëléve le drapeau de la conquête, que le slavismc repousse; — le slavisme arbore celui de la réforme politique, que l'autocratie est ibreée de combattre jusqu'à la mort. Enlin le panslavisme met entre les mains j du tzar une Eglise officielle européenne, tandis qo^ le slavisme aspire seulement à fonder une Église slave apostolique et démocratique. Le panslavisme est l'expression su- ^ préme et finale de Tambitiou d'un homme ; le slavisme renferme tous les espoirs d'émaqcipalion d'une race. — L'un s'appelle despotisme; — . le vrai nom de Tautre est U'volutian.

aislras, iionmiés scoptzi; — cl parmi les uioderucs, — telles des i}»alakani {mangwrs de lait), et des douchoborzi {illuminés),

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