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m DEUX ABlMEi». ' ^
tmi. avec les nobles héréditaires, une sorte de conlrepoids à l*aulonté des grands princes de Moscou. Hais c(»tte pondération ne subsista que jusqu'à l'avènement du Uarisiiie. ivan Ui lit pour la Russie ce que Henri VU iit |iour l'Angleterre, — Ferdinand V pour l'Espagne, ^ Uiuis Xî ^juur la France: il dêtrui:>itle système féodal, fortifia le principe monarchique, et commença TorgMii* sation politique de la nation. Ivan IV poursuivit cette lâche par tous les moyens de destruction que put lui fournir sa cruauté. Hais c'est à Pierre I*' qu1I était réserve d'achever l'œuvre de la central isalion tzarieijuc. Ce prince, avec plus de raison que Louis XIV, put dire : (f L Etat c'est moi. » Il rst tout, lz;n\ pontife, juge, bourreau. Tous les fronts s'inclinent sous son sceptre ou sous sa hache. La classe d^s boyafds, — si elle exista ja* mais dans 1 histoire russe, — (je ne dis pas le nom, mais la chose: bcyyard signifie gra$ii; h république de Nowgorod eut les siens, comme la grande principauté de .Moscou et Tempirc de Russie). — la etassedes boyards, dis-je. — considén*e comme puissance anstocralicjue ,
noniaiiolT, fils <lc l*hil;ii t ic, nirlropolilaiii di' Moscou. I.a dyiiaslio lies Romanofi a gouverne la Uussie pcndiinl au siècle et demi, de 1613 à îTbi. A la inorl de l'impératrice ÉUnbetii, son dernier repréien*. tant, eUe fut remplacée pfrxelle de fCobtein-Goltorp^gat Ini était alliée par mariage. Pierre Iff était neveu d'Éliaabeth par sa mcre Anne, duchesse d«t Ilolsleiii-SoUori), lillc do >^ieire le Grand. — U'est la dynaslic actuelle, toute remplie de sang allemand, mêlé ù un imperceptible filet de aang russe.
disparut sous celte formidable étreiatc. Elle fut reuiplaeée par oelle des gens de eoiir/— la seule qui subsiste aujourd'hui, — caste dangereuse sans doute, car elle peui tuer dans l'ombre, mais qui n'a, officiellement, aucune importance. Les meurtres de Pierre ïll et de Paul 1" surgirent de conspirations de palais, de passions et de convoitises privées, non^d*iin tnmil politique. T^e pouvoir autocratique, préparé par les Ivan, apparaît sous Pierre I** dans toute sa virtualité. Ce tsar de génie rapplique presque exclusivement à la réforme violente des mœurs do son peuple. Sous cette manipulation terrible, les derniers vestiges du byzantinisme disparaissent : — les barbes et les kaflans tombent ; - au titre oriental de tsar succède le nom européen d'empereur; — une fenêtre est ouverte, par Pétersbourg , à l'air de l'étranger, — et rinfluence allemande intugure un régiiequi durera cent cinquante ans.
L autorité monardiique, sous les successeurs de Pierre, grandit, — au dehors, par les accroissements de la conquête, — à l'intérieur, par la généralisation de la bassesse et la contagion dë l'avilissement. Servitude, corruption, ignorance, fanatisme, — enseignés et maintenus • par le knout, — tel est le tableau monotone offert, sans discontinuité par l'empire russe, A dater de Tinstallaiion du tzarisme.
Maist II côté de cette puissance, meurtrière el visible,
s'élève en silence une autre force. L'esprit public se fait jour ; la nation entre en pensée. Les premiers écrivains
russes, — bien qu'emprisonnés dans le cercle étroit ilt» rndoration souveraine, — laissent percer le mépris du pd^, TespiTance d«' ravt^nir. Ces tendances se raraelerisenl plus énergiqnoment sous Alexîindr»'. La disoussioii es.«-aye de pénétrer dans la littérature. Sévèrement cliàliét; en Pouchkine, elle erre sans luit au fïn» du despotisin»', .suivant Fexpressi on mônn'du poète ell»^ n'abdirpie j>;i> liMitefois, elle attend.
La pensée, -* en s ébianlant, — a tout ébranlé». Derrière la noblesse t'puiscc — se furme laburieusemeni — une classe qui n*est pas encore la bourgeoisie, bien qu'elle ait reçu ce nom de Catherine H, mais qui va devenir un tiers état, où la rénovation sociale puisera des promoteurs convaincus, d'ardents vélites. La glèbe révèle les souffrances de « son sort amer, de sa destinée marâtre, » par des émeutes sanglantes et des exécutions de seigneurs. En arrivant au trône, Alexandre est forcé de compter avec elle et de lui abandonner un gage. Il déclare son existence une honte, promet de ne pas l'ag-' graver, de l'adoucir même; mais il ne fait rien pour Teffacer. Libéral au début, aristocrate à la fin, inconse- »|urul toujours, — ce prince surexcite, sans la satisfaire, ridée de liberté. Il voit, et laisse organiser autour de lui, des sociétés secrètes, imbib('es de l'esprit nouveau, qui le vouent au poignard, sous la crainte duquel il périt. Son successeur arrache un pouvoir disputé aux mains d'une
* Épîlre à IsakoH.
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révolution. Les hommes de décembre 1825 furent Ie5 pionniers d'une civilisation dont le travail littéraire avait prépan'' Tavénement. La plume devança l'épée. « Je suis citoyen avant tout n (Ja né poète, a graje danine), s'était écrié Ryl«'ief (Voir la note 0). La civili>alion suivit son avant-garde à grande distance. Elledevaii Illettré quarante ans à la rejoindre.* -
Alexandre avait, sinon appliqué, du moins reconnu l»'< nécessités du temps; Nicolas les nie. Fier de sa beaut«', enivré de sa puissance, plein de sa fortune, il devient fou, il se fait dieu, — exagérant Pierre dans le despo-^ lisme, et marchant do pair avec Ivan IV dans la répression . Toutefois, cette politique draconienne, — dont l'infusion démocratique du sang polonais dans les veines russes, fut l'acte le plus important, — ne peut barrer le passage à l'idée. Les entraves mises à la délivrance des passe-ports accroissent l'émigration russe, au lieu de la limiter. Elle va former à l'étranger un noyau d'opposition, marchant, sous le même drapeau, au but coni-. mun de l'émancipation libérale. ^ . •
La partie passive de l'émigration, — provoquée par rhorreur du climat ou celle du système, — poussa à diverses époques, vers TOccident, l'amiral Tchitchagoff,
— le comte Ostermann Tolstoï, — le prince Tufiakiii,
— et plus récemment le prince Anatole Dénjidoff, prince X — le prince Grégoire Wolkonsky. - • L'émigration militante a pour représentants M. N. Tuiir-
guéneff, conjuré du 14 décembre S M. Ivan Golovine *, et le lieuteneiit d'arlillerie Bakounine, anjourd*hui prisonnier dans quelque forteresse russe, errant dans les neiges de la Sibérie, ou mort La jeune Rusrie voit
s'ouvrir une iribuno libre, où elle peut parler, — où elle parle déjà.
D'un autre coté, les éducations industrielles formées a l'étranger, les guerres entreprises au nom de Tordre, initient le paysan, le soldat, ThomBie à ses droits. La critique se réveille : le slavisme, double formule d'op- |iosition, da moscovitisme contre le germanisme, de lesprit moderne contre l ancien, — apparaît, porlanl une arme à deux tranchants qui, — dans la main du tzar, menace l'Europe. — dans la main de la nation, le tzar. Nicolas, au faite de la puissance humaine, se sent pris tout à coup d'une grande faiblesse. Le principe dont il émane a perdu sa séve. 11 ne peut plus fonctionner. On le subit, mais on le discute. L'ftme russe est agressive sous st^s cbaines. Il faut faire du nouveau, sous peine de déchéance morale et.de mort:
Ou émanciper la glèln», organiser la bourgeoisie, réformer la nation, c est-à-dire, refaire Tœuvre de sa vie et abdiquer son rAle d'idole;
' Auteur de a la Hustte et iu Hu$»es. ->
' Auteur de c la Amim mui jVteoiètr*. »
> Somm^ dt rentrer en Rutsie, IIM. Ivan GoloTÎne et Btkonniné forent, snr leur refiis, coodamnés aux trafaax forcés comme contitmaees.
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Ou tromper le sentiment ttational par Tinauguration
d une guerre qui, en mettant en péril 1 honneur russe, ei en surexcitant Tidée populaire de la possession orientale, absorbe, niomentanéiaeul, um{ intérêt dans une convoitise patriotique.
Nicolas était placé entre ces deux abîmes:
Lia révolution»
La guerre.
Il a choisi la guerre.
H n'évitera pas la révolution.
La victoire pourrait la retarder; elle ne rarreteraitpas.
La défaite 1 amène avec elle.
Dans les deux ts^, Tère ouverte par Ivan III et Pierre 1*' est fermée; le tzarisme, dans son sens autocratique, s'éteint, lies temps constitutionnels vont naître.
La Russie est en travail d'institutions libres. Nous eu saluons aujourd'hui l'espérance -avec plaisir; nous en' saluerons plus volontiers l'aurore.
Personne, en Europe, n'est l'ennemi des Busses, — personne ne saurait être l'ennemi des opprimés, des esclaves, des automates, des martyrs, qui peuplent les (le> serts et les marécages moscovites ; — mais tout le monde est Tennemi du izar et de l'épouvanlable système qu'il représente.
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