TERRES DE LA COMMUNE RUSSE
Il existe deux sortes de terres dans la commune russe ;
— celles affectées h chaque individu, et la terre communale proprement dite. La terre, individuellement exploitée, ne peut être vendue, ni aliénée ; la terre communale est l'objet d'une exploitation commune d'utilité publique. Lors de la formation de la famille slave, nombreuses étaient les obligations des paysans envers la terre communale. Ils devaient y travailler à^rtains jours, payer des hommes pour la défendre, les nourrir et leur fournir des . indemnités en nature. Après la conquête des Nor-
APPËISDICK. 961
mands-Bnsses, les nobles, établis dans les villages, renoh plircntles fonctions de soldats de la commune; ils entre*/renl, ainsi, en possession de tous les droits communaux <|u'ils conservèrent pendant toute la durée de l'état . armé, et qu'ils s approiu'ièrent ensuite. Les servitudes,
en se transformant, devinrent plus dures, parce que. ainsi ^ue Tobserve M. Mlckiéwiez dans ses excellentes études sur la propriété slave, au lieu de servir à la commune, elles nourrisi^nt et enrichissent un individu qui n'a rien de commun avec les paysans, et qui dépense, en coûteuses fantaisies, le fruit de leurs sueurs.
APPIHDICB.
iPige 19.)
OCOQRAPHiE DE LA CRIMINAUTE.
Les atieinles nooibrcuses ù raulorilé de faniille, conr statëes par les relevés judiciaires, semblent annoncer la destruction prochaine de cet esprit iiatriarca) , qui fui longtemps 1 égide et Tlionneur de la commune russe. 11 est vrai que l'administration, — immobilisée dans son ogoïsme, — ne fait rien pour prévenir le danger. Elle continue à classer les actions de ce genré parmi les simples délits, au li(Mi de les juger comme des crimes, et de les frapper des^ peines sévères dont elle est armée, et qu'elle applique en d autres cas, avec une si terrible
légèreté.
La géographie de la crirainaKté offre, d'ailleurs, des
détails curieux. Elle démontre que les gouvernements où il se commet le plus^ d'homicides sont ceux de Tarnboff, de Koursk, de Simbirsck, d*Orembourg et surtout de Perm ; — que les suicides sont très-fréquents dans les provinces de Minsk et de Tver; — que la contrebande
Oigitized by
s'exerce avec activité dans les gouvcrnemeats de Vilaa et de Volbynie; — que tous les individus qui s'y livrent soni juifs; — que les brigands choisissent de préférence le terrain de Koursk, d*Orel, de Jaroslawct de 6f!9salabio, et que les vols ^sonl surlont fréquents à fVrui, à Saint-Pétersbouirg, a-Vilna. Elie constate également que les (It'lits sont plus nombreux panni les paysans de la (M)uronn0 que parmi ceux de la noblesse, — ce qui s'explique, chez les premiers^ par l'absence de toute surveillance directe.
Les cas de récidive sont rares dans ce pays. Cette particularité peut être alti ibuéc à deux causes : la rigueur extrême de la pénalité, et Tenvoi en Sibérie de tous les grands criminels. La Sibérie, comme lieu de déportation, joue, en Uussie, .le rôle que Liotany-Bey remplit pour TAngleterre : c'est le réceptacle de toute la poputaiion corrompue et dégradée de l'empire, — population dans laquelle on déverse, par un courant continu, — une multitude de malheureux, — polonais ou russes, — appartenant à., la noblesse, à l'armée, à «la bourgeoisie, ' porteurs de noms honorés, souvent illustres,- — mais coupables d avoir rêvé la liberté, défendu leur foi et leur sol, — ou déplu au tzar.
di>4 APP£?iDiC£.
( i'age. 32. )