‹ Le Vaccin antigonococcique de Nicolle et Blaizot: Travail de l'Institut Pasteur de TunisChapitre 28 sur 40 · MONT ES · texte numérisé non relu

MONT ES

Blennorragie actuelle, début il y a un mois, compliquée d'une proslalite du lobe droit. Traitement : lavages au permanganale, massage de la prostate.

Aujourd'hui, écoulement insignifiant, léger degré de proslalite, douleurs au niveau de l'épididyme gauche ; 1° injection de vaccin le 12 octobre, amélioration notable après la deuxième injection ; amendement des symptômes prostatiques et orchitiques ; la prostate est moins dure et la douleur épididymaire à disparu.

Avec les injections suivantes, l'amélioration continue ; les filaments disparaissent dans l'urine et l'uréthrite est guérie ; la prostatite finit par disparaître et le malade est guéri au bout de sept injections la dernière le 6 novembre).

Le malade (médecin) a fait lui-même l'examen bactériologique de son écoulement à plusieurs reprises ; les gonocoques très abondants au début de l'affection, peu abondants au commencement du traitement, ont disparu rapidement.

OBsERVATION 131

B..., ingénieur, 25 ans

Orchite blennorragique.

(Observation du docteur Maizze, de Caen.)

Contracte une blennorragie vers le 20 avril 1913. Traité aussitôt par les méthodes classiques, par les grands lavages. Part le 31 mai faire une période de 28 jours et abandonne momentanément tout traitement. Goutte tous les matins, et vers le 20 septembre, réapparition de l'écoulement épais, abondant. Reprise des lavages, mais le 31, octobre survient une prostatite, puis une orchite ; malade au lit, application

de glace.

Oo

Le 9 novembre, le testicule est tres volumineux, le cordon douloureux ; la température atteint 39° ; la morphine ne suffit pas à calmer les douleurs.

Une première injection de vaccin est pratiquée le soir, à 7 heures ; le lendemain, à la même heure, la douleur a complètement disparu ; 48 heures après, le testicule diminue considérablement et l'écoulement commence à se modifier.

11 novembre. — 2° injection, le mieux s'accentue jusqu’au 14 novembre, où le testicule est encore un peu gros, mais où le malade vient sans souffrir à son cabinet ; l'écoulement de vert épais qu'il était, est devenu fluide, transparent, et ne peut être mieux comparé qu'à du sperme. Son abondance a considérablement diminué et le 15 novembre, six jours après le début du traitement, il prend le train pour Paris, où 1l va voir sa fiancée, fatigue beaucoup, fait des repas plus copieux qu'à l'habitude, sans que l'écoulement en subisse le mondre contrecoup ; tout au plus le testicule s’augmente-til passagèrement, et encore très peu et sans douleur.

Les 17, 19 et 22 novembre, injections. Le malade est presque guéri.

Le 2%, 7 piqûre ; son état paraît à peu près définitif et Je hasarde, malgré l'orchite récente, un premier lavage au permanganate. |

Le 26 novembre, quand 1l revient pour subir la 8 injecton, le canal est sec et le testicule d'un volume normal. Comme il est question d'un mariage prochain, je fais, par excès de prudence, une 9° piqûre, le 28 novembre, et j'abandonne tout traitement local.

J'ai observé moi-même le canal et, le 29 novembre, un lever du malade, et je n'ai pas observé le moindre suintement. Guérison avec 7 injections.

Ent:

NX 19e.ans

Uréthrite blennorragique datant de douze ans, compliquée d’orchite à répétitions et de rhumatisme.

(Observation du docteur DeLuce, de Vic Pezensas-Gers.)

À contracté la blennorragie en 1901, et depuis cette époque n'a Jamais réussi à s’en débarrasser complètement. L'écoulement, réduit habituellement à une goutte matinale, revenait de temps à autre'à l’état aigu et rapidement chaque recrudescence était immédiatement suivie d’une orchite longue à disparaître. Au moment de la maladie, le malade avait ressenti les symptômes d’une cystite aiguë d'intensité moyenne.

En juillet 1913, l'écoulement a augmenté légèrement et après l'orchite habituelle ont apparu des douleurs articulaires excessivement vives, localisées tout d'abord aux membres supérieurs et inférieurs et sautant rapidement d’une articulaion à une autre ; quinze jours plus lard, la colonne vertébrale a été le siège de douleurs aiguës, rendant le sommeil impossible. Pendant deux mois, le malade a été obligé de garder le lit presque continuellement, car les périodes d’acalmie n'étaient pas de longue durée. Tous les médicaments classiques (salicylate de soude, salicylate de méthyle, révulsion, injections calmantes) ont été employés sans grand résultat. Fin août seulement, est survenue une légère amélioralion qui a permis au malade de se rendre à Barlotano, où il prit des bains de boue qui apportèrent un peu de soulagement, mais n'amenèrent pas la guérison. Le malade me revint fin septembre, souffrant toujours, tantôt d'une articulation, tantôt d’une autre ; les mouvements de la colonne vertébrale étaient toujours douloureux.

Au début de novembre, ne sachant plus qu'ordonner, je

proposai à mon chent d'essayer le vaccin antigonococcique. Le malade ayant accepté, je lui pratiquai tous les quatre jours une injechon de 2 cc. 3 dans les muscles de la fesse. Dès la 4° piqûre, les douleurs s'allénuèrent et l’état général s'améliora.

J'ai continué les injections et, après la huitième, j'ai conslaté une disparilion complète des douleurs. Mon client, qui ne pouvait plus se livrer au plaisir de la chasse, vient de chasser une journée entière sans éprouver de fatigue. De plus, l'écoulement matinal a complètement disparu et je ne constate plus de filaments dans l'urine.

M. S.., 23 ans, Hôpital St-Roch

Orchite blennorragique.

(Observation du docteur Camous, médecin des hôpitaux de Nice.)

Blennorragie datant de un mois et dem, orchite droite depuis 40 jours, quatre inoculations de vaccin antigonococcique les 2%, 26, 28 et 30 octobre. Guérison rapide.

OBSERVATION 134 M. B.., 20 ans, Hôpital St-Roch

Orchite biennorragique.

(Observation du docteur Camous, médecin des Hôpitaux de Nice.)

Première blennorragie il ÿ à 2 ans et demi ; seconde il y a un mois. Orchite droite depuis trois jours. |

Quatre inoculations de vaccin antigonococcique, les 24, 26, 28 et 30 octobre ; guérison rapide.

ue à Le.

M. B..., 30 ans, Hôpital St-Roch Orchite blennorragique.

(Observation du docteur Camous, médecin des Hôpitaux de Nice.)

Blennorragie aiguë datant de 20 jours ; orchite droite datant de sept jours

Quatre inoculations de vaccin antigonococcique, les 24, 26, 28 et 30 octobre.

Cessation immédiate de la douleur ; guérison rapide.

OBsERvATION 136 M. M..., 23 ans, Hôpital St-Roch

Orchite biennorragique.

(Observation du docteur Camous, médecin des Hôpitaux de Nice.)

Blennorragie légère il y a deux ans ; blennorragie aiguë depuis 15 jours.

Orchite et funiculite droites datant de 10 jours.

Quaire inoculatrons de vaccin les 24, 26, 28 et 30 octobre.

Cessation de la douleur dès la première injection ; diminution rapide de volume du testicule. Guérisan.

OBSERVATION 137 B..., 40 ans, entrepreneur

Orchite blennorragique.

(Observation du docteur Lemouca, de Nice.)

Antérieurement, plusieurs écoulements ; blennorragie aiguë depuis six jours avec orchite récente ; la prostate est indemne. Première inoculation de vaccin antigonoroccique le 14 no-

vembre ; grands lavages.

Revu le 16 ; les douleurs ont disparu ; le gonflement du. testicule semble diminué ; seconde inoculation. Le 18, le malade, que sa profession oblige à marcher loute la journée, se trouve très bien ; troisième inoculation. Le 21, quaième inoculation. Le malade se considère comme guéri.

OBSERVATION 138 S. A... 18 ans, cuisinier Orchite blennorragique aigüe, cystite.

(Observation du docteur C. ORToNA, médecin de l'hôpital colonial italien

de Tunis.)

Contracte la blennorragie en août dernier, ne la soigne pas pendant 15 jours, puis suit des traitements variés : Capsules d'arrhéol, injections de permanganate. Le malade abandonne finalement tous soins. L’écoulement paraît d'ailleurs arrêté et se borne à une goutte matinale. Le 27 et le 28 novembre, il subit quatre injections en deux jours d'une solulion non délerminée ; ce traitement détermine, le 29, l'apparilion d'une orchite du côté droit.

Vu pour la premiere fois le 30 novembre, le malade présente une luméfaction de l'épididyme droit qui est très douloureux au toucher et, en outre, des Sympiômes de cystite (mictions fréquentes, brûlure dans le canal, éreclions nocturnes).

Cinq inoculations de vaccin son! pratiquées les 4, 6, 8, 10 et 11 décembre ; les phénomènes douloureux, la cystite cessent vite ; le 12, le malade est à peu pres guéri. Il ne présente plus qu'une induration minime de l'épididyme.

M. N..., 30 ans, indigène tunisien, menuisier

Orchite blennorragique.

(Observation du docteur BouraAGEx, médecin de l'Hôpital Sadiki, de Tunis.)

Entre le 1* octobre 1913 à l'Hôpital Sadiki. Blennorragie accompagnée d'orchite double, il y à 5 ans. L'écoulement a

EN

duré un an ; il est reparu l’an passé, pour céder après deux mois.

À l'entrée, le malade présente une orchite blennorragique datant de 15 jours el un léger écoulement. Le traitement ordinaire n'a pas modifié son état.

Sept inoculations de vaccin antigonococcique les 28 et 31 octobre, 3, 6, 12 et 15 novembre. Dès le lendemain de la première, la douleur s’atténue. Le 8 novembre, le testicule a repris son volume normal ; le 12, l'écoulement s’est tari. Le malade sort le 15, entièrement guéri.

OBSERVATION 140 ‘5. b. M... 23 ans, indigène tunisien, journalier Orchite’ blennorragique.

(Observation du docteur BouHAGEH, médecin de l'Hôpital Sadiki, de Tunis.)

Entre à l'Hôpital Sadiki le 28 octobre 1913. Il y a un an, le maalde présente une blennorragie bénigne d'une durée de 24 jours. Un nouvel écoulement aurait reparu, il y a deux mois, suivi, ces Jours derniers, d’une orchite gauche obligeant le malade à garder le lit.

Quatre imoculations de vaccin antigonococcique, les 28 et 30 octobre, les 3 et 6 novembre. Dès le lendemain de la première inoculation, la douleur diminue et la résolution commence. Le 3 novembre, le testicule est redevenu normal et l'écoulement a disparu.

Le malade, totalement guéri, sort le 7 novembre.

OBsERVATION 141 A. b.. S..., 23"ans, indigène

Orchite blennorragique aigüe.

(Observation de MM. DaïREAUx et MoucHaRD, médecins mitaires, à Tunis.)

Une première blennorragie, d’une durée de trente-quatre jours, en 1908. L'écoulement actuel date du 3 octobre. Il est

abondant au moment où le malade entre à l'infirmerie (14 novembre) el s'accompagne d’une orchite. Inoculations de vaccin, les 17, 19, 25, 27 ct 29 novembre ; diminulion des douleurs après la première inoculation : Ja résolution commence après la troisième ; le 29 novembre, le malade sort de l'infirmerie ; il ne souffre plus ; l’induration est en voie de résolution.

E. L..., 26 ans, chasseur d'Afrique

Orchite blennorragique aigue.

(Observation de MM. DAïREAUXx et MoucHARD, médecins mitaires, à Tunis.)

Blennorragie au mois d'avril 1912 ; l'écoulement actuel date du 24 août. Il est peu abondant, mais s’est compliqué, le 25 septembre, d'une orchite.

Le 30 seplembre, l'épididyme est volumineux, très. douloureux ; la masse qu'il forme avec le testicule a le volume d’une mandarine. Huit inoculations de vaccin (intraveineuses). Après la première, les douleurs ont compèlement disparu et la tuméfaction testiculaire a diminué. Après la seconde, il ne persiste plus que l'induration de la queue de l’épididyme. L'écoulement, réduit à une goutte tres légère, n'est pas disparu à la sortie.

K°:51915ane

Uréthrite et orchite blennorragique aigües,

(Observation de MM. DatRkaux et Moucxarn, médecins miitaires, à Tunis.)

Blennorragie datant du 14 aOût 1913 ; écoulement abondant Jusqu'au 5 Septembre. Etat actuel (10 octobre : le malade présente une orchite gauche, datant de 8 jours, très doulou-

reuse, avec irradiations dans la cuisse gauche. Cinq inoculations de vaccin (les trois premières intraveineuses).

Le lendemain de la première inoculation, disparition compète de la douleur spontanée ; le gonflement de l'épididyme a diminué d'un tiers ; le malade peut marcher sans douleur. Après la troisième, il ne reste plus qu'une induration localisée à la tête de l'épididyme ; l'écoulement est réduit à une petite goutte matinale ; il n’y a pas de filaments dans l'urine. Guérison complète, y compris l'écoulement (malade revu le 4 novembre).

OBSERVATION 144 Indigène tunisien, 28 ans

Oxrchite blenuorragique ancienne.

(Observation du docteur Lamorte, de Djerissa.)

Atteint depuis cinq à six mois d'orchite ; l'écoulement blennorragique est tari.

. Le testicule droit seul est atteint, est gros, induré, douloureux ; six Inoculations de vaccin antigonococcique à deux jours d'intervalle .La douleur disparaît. La régression du testicule s’accuse à la cinquième imoculation. Le malade est revu douze jours après la sixième inoculation ; le testicule est revenu à l’état normal.

OBsERvATION 145

Orchite blennorragique.

(Observation du docteur J. LaBrosse, d’Alger.)

Blennorragie datant de deux mois ; orchite gauche datant de cinq jours, survenue à la suite d'une marche un peu prolongée effectuée sans suspensoir.

Première inoculation de vaccin, le 18 novembre.

Deuxième, le 20. La douleur spontanée a disparu. Diminulion de la sensibilité à la palpation.

Troisième inoculation le 22 ; quatrième le 24. Le testicule est plus souple, et tout à fait indolore à la pression ; l'épididyme reste dur, l'écoulement s’est tari.

Cinquième imoculation le 26. Le testicule a brusquement diminué de moitié en 48 heures.

Sixième inoculation le 28. Le testicule a encore très seusiblement diminué. L'épididyme paraît un peu plus souple. à

Sepüème inoculation le 1* décembre. Je permets au malade de marcher un peu. Revu le 5 décembre, le malade a fait plusieurs sorties à pied ; l'épididyme est induré, mais le malade se considère comme guéri, puisqu'il peut reprendre

sa vie habituelle.

OBsERvATION 146

P.-G. M... 20 ans

Orchite biennorragique,

(Observation du docteur ESPERANDIEU, de Souk-Ahras (Algérie.)

Orchite et funiculite gauches, datant de douze Jours. Tesücule très volumineux et très douloureux. Blennorragie au 28° jour ; deux inoculations de vaccin antigonococcique : la première, un samedi (15 novembre) : douze heures après, la douleur a disparu ; la seconde, le lundi, c’est-à-dire 48 heures plus lard ; le mardi, le gonflement du testicule est totalement disparu. L'écoulement a été en même temps supprimé.

En somme, guérison complète en trois Jours et deux inoculations.

OBSERVATION 147 M... Saïd, Kabyle, 25 ans, Fort National Orchite blennorragique.

(Observation du docteur GARNIER, médecin-chef de l'hôpital militaire

de Fort National (Algérie.)

Le 4 novembre 1913, M... Saïd a contracté un écoulement purulent de l'urèthre, accompagné de sensations de brülures vives, avant et après les mictions, qui sont pressantes et fréquentes. Cet écoulement est apparu, aux dires du malade, huit jours après un coït suspect.

Le vendredi 15 novembre, M.…, qui ne suit aucun traitement, ressent brusquemnt une douleur qui va s'irradiant le - long de son cordon gauche vers le testicule. Dans la même journée, le testicule s'hypertrophie considérablement ; le malade, marchant très difficdement, s'alte.

Tous ces phénomènes, très douloureux, s’accompagnent de fièvre.

À son entrée à l'hôpital de Fort National, le 18 novembre 1913, nous posons le diagnostic d'orchite blennorragique. Le pus uréthral examiné au microscope contient de nombreux 2 onocoques.

Le jour même de son entrée, nous lui faisons une inoculation de vaccin antigonococcique.

Trois autres inoculations sont pratiquées les 20, 22 et 24 novembre.

Le dernier jour, le testicule est revenu à son état normal. Il reste cependant un peu d'mduration à Fépididvme. Vers la queue persiste un léger noyau. Ce jour même le malade sort. |

Le 12 novembre, nous revoyons le malade. Il n'a plus d'écoulement ; toujours un noyau à son épididyme. Plus de douleur. Le malade vaque sans inconvénients à ses occupations faligantes de commerçant indigène.

OBSERVATION 148 M. Salem, Kabyle, 23 ans, Fort National

Uréthrite blennorragique et orchite à répétitions.

(Observation du docteur GARNIER, médecin-chef de l'hôpital militaire de Fort National (Algérie.)

Blennorragie avec orchite, il y a six ans. Ne s'est Jamais soigné sérieusement. Blennorragie et orchite à répétitions.

Lorsqu'il vient nous consulter, ses deux testicules sont très hypertrophiés et très doulouréux au toucher. :

Première injection le 30 novembre.

Le 2 décembre, le malade va déjà mieux.

Le 4 décembre, seconde inoculation. Il n'accuse plus de phénomènes douloureux. Il se déclare lui-même guéri. Troisième inoculation.

Jusqu'à ce jour, 13 décembre 1913, 11 n'est pas reparu à notre consultation. Certains de ses amis, interrogés par nous, ont alfirmé qu'il était guéri.

OBSERVATION 149 M... Léon, 23 ans, Fort National

Orchite blennorragique.

(Observation du docteur GARNIER, médecin-chef de l'hôpital militaire de Fort National (Algérie.)

À 19 ans, première blennorragie qui guérit.

L'infection actuelle remonte à deux mois. À son début, elle présentait tous les symplômes de la blennorragie banale. Il ÿ a un mois, le malade a eu une orchite à gauche.

Nous constatons, à notre premier examen, un testicule volumineux et présentant une certaine sensibilité. Gonocoques.

Quatre inoculations de vaccin, les 20, 22, 24 et 26 novembre.

Après la troisième, tous les phénomènes inflammatoires et douloureux rétrocèdent.

Le 27 novembre, l'épididyme a repris son état normal.

Le 3 décembre, le malade peut être considéré comme guéri.

Nous le revoyons, le 6 décembre, à la suite d'excès alcooliques et génésiques, qu'il nous avoue. Il ne présente aucun écoulement, ni aucun phénomène. anormal du côté de ses cordons et de ses testicules.

OBsERvATION 150

J. B..., 24 ans, négociant

Orchite blennorragique aigüe,

(Observation du-docteur Hayar, de Tunis.)

Présente, depuis trois jours, de la fièvre, de la courbature, de l'embarras gastrique, de la céphalée et des douleurs au bas-ventre. |

A l'examen, je trouve une orchi-épididymite aiguë au cours d'une blennorragie uréthrale banale.

Traitement : purgation, quinime et glace les deux premiers jours, puis inoculation de vaccin à la dose d'un demicentimètre cube pendant deux jours consécutifs. Le malade éprouve un soulagement manifeste et peut marcher.

Le sixième et le huitième jour, j'injecte un centimètre cube chaque fois. Le malade se plaint de douleurs au cours de l'inoculation. Mais l’épididymite fond avec une rapid'té étonnante.

J'arrête le traitement à la cinquième inoculation, car le volume de l’épididyme était gros comme un de ces pelits citrons que l'on voit à Tunis, et ne ressemple plus qu à un ha-

ricot.

Toutes ces comparaisons sont faites pour donner une idée de l'amélioration successive de l’état local. Le 27 décembre, je revois le malade. [1 ne présente aucune trace de son épididymite.

OBsERvATION 151 V. L..., 23 ans, étudiant en droit

Orchite blennorragique aigüe.

(Observation du docteur R. SALLE, élève du service de santé militaire, Lyon.)

Blennorragie chronique datant de deux ans.

Le 6 novembre, ressent brusquement une violente douleur abdominale ; nuit agitée.

Le lendemain, bourse gauche et rouge, tendue, très douloureuse.

Température de 38. Nous faisons, le soir même, une inoculation de vaccin de Nicolle. Les douleurs se sont calmées très rapidement, le malade a pu dormir une partie de la nuit ; le lendemain, l'état local est très amélioré ; tuméfaclion occupant surtout l'épididyme. Température 373. Etal stationnaire. Le 9 novembre, deuxième inoculation. Le 10 novembre, tous les symptômes ont disparu, sauf une légère induration au pôle supérieur de l'épididyme ; les mictions sont légèrement douloureuses ; l'écoulement réduit auparavant à une goulle purulente le malin, augmente légèrement el devient sérieux. Gonocoques peu abondants.

Nouvelles inoculations le 11, le 14 et le 17, soit cinq au total. La miction est redevenue normale, l'écoulement a complètement disparu. Après la cinquième inoculation, l'induration épididymaire est résorbée. Guérison absolue. Le malade ne présente aucune réaction. Piqûres assez douloureuses.

(Cité par R. Salle dans sa thèse inaugurale : « Sérothérapie et Vaccinothérapie de la Blennorragie », Lyon, 1913.)

OBsERvATION 152 B..., 24 ans, étudiant en médecine

Orchite blennorragique -aigüe.

(Observation du docteur AUGAGNEuR, de Lyon.)

Le malade vient nous voir pour la première fois le 18 octobre 1913, porteur d’une blennorragie. L’affection a débuté vers le 3 ou le 4 octobre: Le malade n’a suivi aucun traitement, ni régime spécial.

Nombreux gonocoques à l'examen bactériologique. On donne au malade des cachets d'urotropine et de benzoate de soude ; on y associe un régime alimentaire classique. Malgré nos conseils, il fait, le dimanche 26 octobre, une longue promenade à bicyclette. Le malade ressent, le lundi aprèsmidi, quelques vives douleurs dans la région imguinale gauche ; il a de la fièvre ; même état le mercredi ; le malade est obligé de garder le lit ; les douleurs s’accentuent encore ; il nous fait demander.

À l'inspection, la moitié gauche du scrotum présente un gonflement considérable, la peau est rouge. La palpation est extrêmement douloureuse et l’on ne perçoit que difficilement le gonflement épididymaire ; réaction inflammatoire très nette du côté du cordon. Douleurs très vives, s'irradiant dans la région crurale. Le malade ne peut rester debout ou ASSIS + le repos au Jit n’amène qu'une légère diminution des douleurs. |

Nous faisons une injection intra-musculaire de vaccin de Nicolle. Le lendemain, nous constatons une très grande amélioration ; les douleurs ont cessé six heures environ après l'injection, le malade ne souffre plus que lorsqu'on l’examime. Le gonflement Est diminué de moitié, l'épidyme est encore gros, la réaction inflammatoire siégeant au niveau du cordon a disparu.

Une seconde injection est faite le lendemain. L'amélioralion s’accentue rapidement ; le scrotum revient à un état normal. Le malade, ayant reçu une troisième injection, peut se lever et reprendre ses occupations.

{Citée par R. Salle, dans sa thèse inaugurale : Sérothé-

rapie el vaccinothérapie de la blennorragie. Lyon, 1913.)

OBSERVATION 153 X..., 28 ans, gardien de la paix

Orchite blennorragique aigüe.

(Observation du docteur AUGAGNEUR, de Lyon.)

Est alteint d'une blennorragie datant de trois semaines environ, Il à été vu par un médecin qui lui a prescrit le traitement ordinaire : régime alimentaire et cachets de Salol, et le port d'un suspensoir, précaution que le malade n'observe pas.

Pendant une tournée de nuit, il commence à percevoir quelques vives douleurs dans les bourses, principalement du côté droit ; il continue cependant son service. Il se repose toute la journée du lendemain, mais le soir, au moment de prendre son tour de garde, il se sent mal à son aise et nous fait appeler. Nous constatons l'existence d’une orchi-épididymite typique : gonflement, douleurs vives avec sensation de compression du testicule : état général influencé : nausées, vomissements, 38%.

À 9 heures et demie, nous faisons une injection intraveineuse de vaccin de Nicolle.

Le lendemain, le malade nous déclare que son testicule ne le fait plus souffrir, mais il a une céphalée violente, et. sa lempérature est montée à 40° environ huit heures après l'injection. Les maux de tête et la fièvre ayant disparu, dans l'après-midi, nous faisons une deuxième injection, mais in-

FA

tra-musculaire. On observe, cette fois, aucune réaction, le malade se dit guéri, mais comme il persiste encore un peu de gonflement épididymaire, nous faisons une troisième in-

Jection ; le malade demande alors de reprendre son ser-

vice.

Quelques jours plus lard, on lui fait un trailement par des injections de permanganate, car il persiste-encore un léger écoulement muqueux. On ne constate, à HT bactériologique, que quelques rares gonocoques.

(Citée par R. Salle, dans sa thèse inaugurale : Sérothérapie el vaccinothérapie de la blennorragie. Lyon, 1913.)

30 CYSTITES — PROSTATITES

OBSERVATION 154 M... 39 ans, Algérien

Cystites blenmorragiques.

(Observation du docteur P. REMLINGER directeur de l’Institut Pasteur de Tanger.) à .

Une première blennoragie à 23 ans, une deuxième à 32 ans ont évolué et guéri sans complications.

M... en a contracté une troisième, il y a deux mois. Une

amélioration notable était survenue spontanément, il y a

trois semaines, et le malade se croyait à peu près guéri, lorsqu'il y a dix jours, il présenta tout à coup une pollakiurie {une vingtaine de mictions dans les 24 heures), des douleurs vives pendant, et surtoul, après la miction ; une sensation permanente de pesanteur douloureuse au périnée, enfin, un trouble marqué des urines. Il se soigne peu ou pas, el présente, lorsqu'il vient nous trouver, le 17 octobre, les symptômes classiques d’une cyslile aiguë d'intensité moyen-

ne. L'examen microscopique du dépôt muco-purulent, très abondant, abandonné par l'urine, confirme le diagnostic. Cel examen ne montre pas de gonocoque, mais 1l existe encore un peu d'écoulement uréthral dans lequel ce miICroorganisme est facilement mis en évidence.

Le 17 octobre, injection, sous la peau de l'abdomen, de 8 goultes de vaccin. Aucune réaction locale, m1 générale.

Le lendemain, le malade accuse déjà un soulagement très marqué. La sensation de pesanteur au périnée a complètement disparu, et 1l n'y a presque plus de douleur à la miction. La pollakiurie a diminué de moitié. Injection de 12 gouttes de vaccin.

Troisième injeclion (10 gouttes), le 19 octobre. Le malade se trouve tout à fait bien et n'urine plus que cinq fois dans les 24 heures. Toute douleur a disparu. Dans les urines, te dépôt purulent a beaucoup diminué, mais il persiste encore en partie. Aussi conseillons-nous de continuer les inoculations. 2

Le 20 octobre, quatrième inoculation de 10 gouttes de vaccin. Mais M... s'estime complètement guéri ; il considère comme négligeable le trouble peu marqué du reste des urines el trouve inutile de se soumettre à une nouvelle injection.

OBsERvATION 155 X::.47 00 ae

Cystite blennorragique et prostatite chez un rétréci.

(Observation du docteur HaLroN, de Sousse (Tunisie).

Blennorragie ancienne datant du service : symptômes de rélrécissement ; phénomène de cystite à la suite d’un voyage à Paris, l'été dernier.

Etat actuel : rétrécissement peu étroit de l'urèthre membraneux, prostale grosse, cystite (miction fréquente, dou-

loureuse, urine très trouble).

Trois inoculations de vaccin anligonococcique, combiné au lavage du permanganate.

Dès la troisième, la -miclion diurne est réduite à la normale. La nuit, le malade ne se réveille qu'une fois pour

uriner. L'urine est -redevenue claire et la miction est plus facile.

K... ben A. B., 26 ans, garde beylical

Urethrite blennorragique aigüe, compliquée de cystite.

(Observation de MM. Daireux et MoucHaRD, médecins militaires à Tunis.)

Blennoragie datant de quatre jours ; écoulement abondant, cystite légère.

Huit inoculations de vaccin : les deux premières intraveineuses, du 15 octobre au 7 novembre.

À la suite de la première inoculation, l'écoulement diminue notablement. La cystite est guérie après la quatrième.

Lorsque le malade sort, le 7 novembre, 1l ne présente plus qu'une goutte matinale très faible.

OBsERvATION 157

Den

Uréthrite blennorragique chronique, compliquée de prostatite.

(Observation du docteur E. Cassuro, médecin municipal de Tunis.)

Blennorragie ancienne datant de six mois. Présence de gonocoques. Léger écoulement muco-purulent. Ee malade fatigué de se soigner, a abandonné tout traitement depuis deux mois.

Il se présente à mon cabinet pour une légère épididymite datant de la veille, compliquée de vaginalite assez intense. Légère prostatite. Le malade est moñorchidien.

Traitement : vaccinothérapie. Une piqûre tous les jours pendant quatre jours. Port d'un supensoir, et demi-repos.

Après la quatrième piqûre, l'orchiépididymite a disparu, mais il s'établit un écoule=cnt assez abondant et purulent. Je continue la vaccinothérapie combinée avec des lavages à l'oxycyanure et des massages de la prostate.

Ce malade ne s’est plus présenté à mon cabinet depuis dix jours, mais il m'a déclaré, le 22 décembre, qu'il allait

tout à fait bien.

Uréthrite blennorragique, prostatite.

(Observation du docteur Georges Luys, de Paris.)

Malade atteint d'uréthrite à gonocoques compliquée de prostatite (lobe droit de la prostate). Les lavages et massages n'amènent aucune amélioration. Cinq moculations de vaccin antigononoccique à deux jours d’ intervalle.

Aucune amélioration à la suite des quatre premières, mais, brusquement, après la cinquième, les urines s'éclaircissent, les filaments disparaissent et la sensibilité de la prostate

devient nulle.

OBsERvATION 159 L..., gardien de la paix

Blennorragie prostatique, douleur lombaire,

(Observation du docteur A. HÉéBERT, médecin des Hôpitaux de Rouen.)

Blennorragié datant de un mois : ee douleurs lomibaires vives. Inoculation de vaccin les 20, 22, 24 et 27 OCtobre.

Les douleurs lombaires ont disparu, le 21. La prostate n'est plus sensible à la pression le 23. L'écoulement et le gonocoque persistent encore le 24.

Le 31, le malade est guéri de tous ces accidents.

OBsERvATION 160

À. 33 ans

Prostatite blennorragique.

(Observation du docteur Addad de Bône (Algérie).

À 17 ans, blennorragie qui a duré trois mois. Traitée au permanganate, À 26 ans, nouvel écoulement, compliqué d'orchite guérie au bout de deux mois. |

Il y a quatorze mois, blennorrée et prostatite. La prostalite passe à l'état chronique. On masse la prostate depuis six mois. Le liquide prostatique évacué est d’abord très épais, puis un peu plus filant, mais jaunâtre. La prostate est grosse.

En août, le massage fait sourdre un liquide plus clair, mais toujours un peu épais. L'examen microscopique révèle la présence de quelques gonocoques déformés, de polynucléaires et de mononucléaires.

Êe malade est soumis, le 16 août, au traitement par le vaccin anligonococcique (voie intraveineuse). Tout de suite après l'injection, le malade est pris d'un gros malaise.

Le 18 août, l: liquide évacué par le massage est nettement plus filant ct plus clair.

La deuxième injection, faite le 19 août, est suivie d’un léger malaise. Le lendemain, le liquide à une temte légèrement jaunâtre, presque normale.

Le 22 août, la prostate est molle dans toute sa surface, linduration centrale a presque complètement disparu. Le 'juide prostatique est presque fluide.

Troisième injectiorr le 26 août. Quatrième injection, mê-

res troubles. Le 28, la prestate est normale. Le liquide pré-

sente quelques gouttes légèrement jaunâtres. Le reste est

filant et blanc. | Le malade ne présente aucun trouble à parur de la cin-

quième injection (29 août). Deux autres injections sont faites le 2 et le 6 septembre.

Le 27 octobre, le liquide prostatique esl normal bte proslale ne présente rien de particulier au toucher. L'examen microscopique de liquide pratiqué à deux reprises, en scplembre et dans la première Quinzaine d'octobre, a été négatif (pas de gonocoques).

OBSERvATION 161

Prostatite et vésiculite blennorragique.

(Observation du docteur Corn, de Paris.)

Première blennorragie il Y à quaire ans, bien guérie, Deuxième blennorragie débute en Janvier 1915, compliquée de prostatite et de vésiculite gonococtiques.

Avant de venir à mon cabinet, le malade a été soigné plus de cinq mois par un de mes confrères, spécialiste très compélent, qui lui a fait sans succès des lavages, des massages, des lraitements uréthroscopiques. Dès qu'on arrêtait ce traitement, l'écoulement purulent, gonococcique, réapparaissait, au point que ce confrère pensait à une intervention chirurgicale sur la vésicule droite parliculièrement atteinte et rebelle à tout traitement.

C'est, effrayé par cette Perspeclive, que le malade vint à MON Cabinet au mois de juin 1913. Je ne puis que constater l'existence des lésions préalablement diagnostiquées :infiltralions molles dans l'urèthre antérieur, prostalite et vésiculile avec issue, par le Massage, du pus gonococcique.

Je trailai, à mon tour, ce malade, pendant près de quatre mois, sans résultats : massages, lavages, instillations,hautes dilatations avec le dilatateur-laveur de Kolmann, rien n'y faisait. Dès que nous arrêlions le traitement plus de 48 heures, l'écoulement revenait abondant, contenant toujours des gonocoques,

Je désespérais d'arriver à une solution heureuse, lorsque le vaccin antigonococcique est venu nous tirer, mon malade ei moi, d'embarras. .

Le 4 novembre, première injection de vaccin. Je fais conlinuer au malade de simples injections uréthrales avec une solution de protargol à 1/200°. Eles furent continuées jusqu'au 17 novembre, jour de da cessation du traitement.

Le 6 novembre, deuxième injection de vaccin. Les filaments sont beaucoup moins nombreux, moins gros et moins lourds, ils renferment encore quelques gonocoques.

Le 8, troisième injection de vaccin.

Le 11, quatrième injection de vaccin.

Le 14, cinquième injection de vaccin. Mucus et filaments recueillis dans l'urine sont aseptiques.

Le 17 novembre, sixième injection de vaccin. Urine claire et sans filaments.: Cessation de tout traitement.

Le 18 novembre, expérience de la bière et du CHARLES réaction du nitrate d'argent.

Le 19, je constate la guérison absolue. Le mucus uréthral ne contient pas de microbes.

J'ai revu ce malade le 22. La guérison ne fait plus de doute et est un fait accompli.

OBsERvVATION 162

Uréthrite chronique à récidives Spermatocystite.

(Observation du docteur (ieorges Luys, de Paris.)

Malade atteint d’une uréthrite à gonocoques, récidivant perpétuellement par suite d'une spermatocyslite gauche à gonocoques.

Six inoculations de vaccin antigonococcique. Dès la seconde, les urines, qui contenaient des filaments, sont de-

venues beaucoup plus claires.

Après la sixième, le malade ne présente plus la goutte matinale dont il se plaignait depuis si longlemps, malgré, les traitements suivis. *

OBSERVATION 163 P..., employé d'administration, 52 ans

Uréthrite chronique, prostatite et vésiculite chez un rétréci.

(Observation du docteur Pierrot, de Paris.)

Blennorragie, il y a 20 ans, de laquelle reste une proslatite chronique avec douleurs prostatiques et vésiculite chronique. Il existe aussi un rétrécissement pour lequel le malade se passe, de temps en temps, des Béniqué. Enfin, assez Souvent, goutte militaire. Filaments dans l'urine. Première injection le 18 octobre. Il est entendu que l’on fera un examen bactériologique. Mais, des Ja première injection, la goutle militaire disparaît et ne reparaît plus, même lorsque le malade fait une séance de dilatation par les Béniqué, ce qui a lieu à deux reprises pendant le traitement.

Disparition des douleurs proslatiques après. la quatrième piqûre (30 octobre). L'urine ne contient plus de filaments. On fait encore 2 piqûres pour plus de sûreté. Le malade se considère comme guéri. |

Page 1