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Il nous à paru intéressant de suivre, au cours de ses dilférentes étapes, le vaccin des auteurs et les tentatives, souvent rebutantes, qui ont abouti à la découverte d’un vaccin Stable et atoxique. C’est par une série de transformations successives, patiemment étudiées et renouvelées, que ce résultat fut acquis. C’est en novembre 1912 qu'il nous a été donné d'étudier, pour la première fois, dans le service du docteur Lemansk:, à 1'Hôpnal français de Tunis, les effets du vaccin antigonococcique. C'était le premier vaccin, — vaccin toxique et d'une application difficile, car il fallait l'utiliser dans les 24 heures ; cependant, déjà, malgré les inconvénients qu'il présentait, les malades n'ont pas hésité à se soumettre à ce traitement particulièrement pénible, après avoir constaté la ténacité désespérante avec laquelle récidivait cette affection.
A ce moment, le vaccin était constitué de Ia façon suivante
11 s'agissait d’une culture pure de gonocoque, datant de 24 heures, culture sur gélose et sérum de lapin. Elle était émulsionnée dans l’eau physiologique, puis centrifugée ; le culot était lavè plusieurs fois dans cette même solution, puis émulsionné dans le liquide. La culture fraîche était alors inoculée par la voie intraveineuse, à raison de cinquante mille gonocoques par injection ; cependant, s' faible que fut cette dose, elle produisait des réactions extrêmement vives. Nous eûmes l’occasion de soigner, de cette façon, un infirmier atteint d'une orchite blennorragique et qui guérit assez rapidement. Plusieurs cas d'ophtalmie furent également traités
avec succès. Toutefois, cette méthode avait de nombreux in- ; 2)
22e convénients : celui d'exiger une culture fraîche de 24 heures, qu'il fallait utiliser de suite, et, en plus, une réaction fébrile extrêmement marquée.
Nous ne citerons comme malades traités par ce premier vaccin, que notre infirmier, F. F..., 20 ans, dont nous trans-
crivons ici l'auto-observation
« Ma première blennorragie date de mai 1912 ; elle fut traitée par du santal ; au douzième jour, Je commençai de grands lavages chauds au permanganate à 0,25 pour mille, répétés tous les deux jours. L'écoulement parut diminuer au bout du cinquième lavage : je n'avais plus que quelques rares apparitions de goutte au réveil. Or, quelques mois après, vers la fin octobre, par suite d’un coït suspect, je contractai une seconde fois la blennorragie. Je ne puis dire si c'était un nouvel écoulement, ou bien une rechute. Quoi qu'il en soit, je recommençai le même traitement, quand, à la suite des grands lavages, le 11 novembre, une orchite droite se déclara ; des applications de glace la firent disparaître en une quinzaine de jours, lorsque, quatre jours après, je ressentis à nouveau des douleurs dans le testicule gauche, mais beaucoup plus violentes ; j'ajouterai que je suis porteur d'une varicocèle gauche, qui avait été opéré en 1911, mais qui est revenu par la suite. J'avais donc une inflammation du cordon et du canal déférent, suivie d’une épididymite très accentuée ; au toucher, au gros noyau induré, douleurs assez vives dans le testicule, bourses très tendues. »
C'est dans cet état que, le 4 décembre, nous pratiquons, avec le docteur Blaizot, la première inoculation intraveineuse. À ce moment, on notait une funiculite très marquée, le canal déférent était de la grosseur d'un crayon, l'épididyme considérablement augmenté de volume et douloureux.
La réaction se traduisit par un grand frisson, suivi de vomissements, tandis que la température atteignait, deux heures après, 39°%8. Six heures après, une transpiration abon-
RS Ne dante marquait la fin de la fièvre, qui avait évolué comme un accès paludéen. |
Le lendemain, nouvelle poussée thermique, plus légère, celte fois (38°2), se produisait, sans frissons ni vomissements : on pouvait déjà noter une forte amélioration de l'épididymite ; pas de modifications de l'écoulement.
Le 6 décembre, seconde injection intraveineuse. Réaction moins violente ; l'épididyme a considérablement diminué ; on ne trouve plus que deux noyaux, l’un à la tête, l’autre à la queue, très peu douloureux.
Le 9 décembre, troisième injection. La dose a été doublée. Réaction violente ; 40° deux heures après. La douleur tesüculaire spontanée a complètement disparu. Il reste à peine une légère douleur à la pression.
14 décembre. — Le malade a demandé à se lever et à reprendre son service ; malgré nos avis, il persiste à circuler.
11 janvier 1913. — Rechute de l'épididymite, qui disparaît rapidement à la suite d’une nouvelle injection ; cette fois, afin d'éviter cette fièvre, on donne un cachet de pyramidon de O-gr. 30.
18 janvier. — Le malade est complètement rétabli. Il subsiste un noyau très dur à la tête de l’épididyme, mais complètement indolore ; quant à l'écoulement, il persiste sous forme de goutte incolore, le matin ; cette goutte ne renferme pas de gonocoques et a disparu au bout de quelques semaines complètement, avec des injections d'huile iodée.
Nous constatons, dans cette observation, une amélioration rapide ,mais au prix de réactions extrêmement vives. L'orchi-épididymite a évolué en cinq jours, du 4 au 9; une rechute, due à l'imprudence du malade, dure à peine deux jours ; les résultats sont donc favorables à ce point de vue.
Au point de vue de l'écoulement, il y a une diminution qui
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peut être mise sur le comple du repos absolu et du régime sévère. Cependant, la goutte a persisté et n'a disparu que plus tard.
Il y avait donc là un résulial, mais aux dépens d'une réaction extrêmement vive ; cherchant à perfectionner la méthode. les auteurs s’adressèrent à un vaccin sensibilisé, suivant la méthode de Besredka. Ils procédèrent donc de la façon suivante :
En s'adressant à l'âne, ils obtinrent tout d’abord un sérum antigonococcique ; l'animal en question recevait tous les deux jours, pendant trois mois, des doses successivement croissantes de cultures de gonocoques lavés et émulsionnés dans l'eau physiologique
Au centième jour du traitement, l'âne fut saigné et son sérum conservé pour les essais de vaccin sensibilisé. Les gonocoques ayant été lavés, comme il a été dit, on joignait à l'émulsion microbienne, obtenue en diluant dans quinze centimètres cubes d'eau physiologique le culot de centrifugation, trois centimètres cubes de sérum antigonococique. Le mélange était porté à l'étuve à 37°, pendant quatre heures, puis les gonocoques, centrifugés à nouveau, étaient débarrassés de toute trace de sérum et remis en suspension dans l’eau physiologique.
Le vaccin ainsi préparé et toujours vivant élait injecté le jour mêmie, suivant la même technique et le même dosage (50.000 gonocoques par millimètre cube).
Théoriquement, la sensibilisatrice du sérum antigonococique avait dû se fixer sur l’endotoxine microbienne et les réactions violentes qu'on observait avec la méthode précédente n'auraient pas dû se produire. Cependant, la réalité vint infirmer ce raisonnement et il en fut tout autrement en pratique. |
Au même moment, Cruveilher, qui s'était servi avec succès d'un vaccin sensibilisé de Besredka, préparé suivant
SAGE une méthode analogue, obtenait de bons résultats, mais avec une réaction fébrile assez importante.
Les résultats ont été surtout frappants dans l'orchite et dans le rhumatisme, ainsi qu'on peut s'en rendre compte par la thèse de M. Malleterre.
Nous n'avons pas recueilli d'observations concernant des rhumatismes ; par contre, nous avons eu un certain nombre de conjonctivites et quelques orchites. Nous citerons également un cas de métro-salpingite qui fut traité par ce vaccin sensibilisé. Nous n'avons pas un nombre suffisant d'observations pour établir une statistique avec ce vaccin, sensibilisé, aussi, serons-nous très brefs.
SA Dane:
Uréthrite chronique, goutte le matin, présence de gonocoques.
7 injections intraveimeuses de vaccin sensibilisé, à doses croissantes. Réactions violentes ; pas de traitement adjuvant : pas de résultats.
Gi 320 ans
Uréthrite chronique, datart de six mois, écoulement abondant, présence de gonocoques.
16 injections intraveineuses de vaccin sensibilisé ; même
technique qu'en avril 1913. Réactions violentes ; pas de traitement adjuvant ; disparition de l'écoulement, mais le malade
n'a pas été suivi.
LL YDRRE
OBSERVATION 3 S> DRReRARS.
Uréthrite subaiguë, écoulement abondant, gonocoques.
16 injections (avril 1913) ; réactions violentes ; instillations de protargol au 100° ; disparition de l'écoulement, persistance d'une goutte avec filaments.
OBSERVATION 4 NSP LION
Uréthrite subaiguë, écoulement abondant, gonocoques.
20 injections mtramusculaires (avril:mai 1913); peu de réactions ; insüllations au protargol ; pas de résultats.
OBSERVATION 5 Et DRASS MEN ES
Uréthrite aiguë, écoulement abondant, gonocoques.
11 injections intraveineuses (avril 1913) : réactions assez marquées ; insüllations de protargol à 1/100 ; disparition de l'écoulement, mais persistance de filaments dans l'urine.
OBSERVATION 6 MAT 25 ane Uréthrite aiguë, écoulement abondant, nombreux gonocoques.
5 injections intraveineuses ; lavages au protargol à 1/100° ;
diminution de l'écoulement ; pas de disparition complète.
É OBSERVATION 7 MF; 24 ans:
Uréthrite aiguë, nombreux gonocoques.
16 injections quotidiennes intraveineuses. Lavages d’argyrol à 1/100' ; pas de résultats ; réactions violentes d'abord, puis accoutumance relative.
OBSERVATION 8 DD Pr ans.
Uréthrite chronique, goutte matinale, pas de gonocoques.
Injections sous-cutanées (avril 1913) ; améliorations, mais il y à élé fait simultanément des instllations de protargol.
OBSERVATION 9 Sr -707: anS- Uréthrite subaiguë (2 mois), écoulement abondant, présence de gonocoques.
16 injections intramusculaires sans violentes réactions (avril-mai 1913) ; instillations de protargol, puis grands lavages au permangahale à 0,25 pour 1.000 ;amékiration ; disparition de l'écoulement, persistance dune goutte aseptique.
SA entolrans.
Uréthrite aiguë (8 Jours), écoulement abondant, nombreux gonocoques.
16 injections intramusculaires ; échec complet.
OBsERvATION 11
Per rex ans
Uréthrite chronique, datant de dix mois, gouttes le matin, gonocoques.
7 injections intraveineuses (avril-mai 1913; ; disparition des gonocoques, mais persistance d’une goutte aseptique.