HISTORIQUE DU PRO QUINGTIO
leur à la suite d'un vadimonium desertum. Pour pouvoir déterminer d'une manière exacte le rapport qui unit cette missio in possessionem SiU vadimonium ji\ est indispensable de connaître les circonstances dans lesquelles Naevius fut autorisé par le préteur fiurrienus à se mettre en possession des biens de Quinctius> ainsi que les événements qui précédèrent le procès au cours duquel Gicéron prêta son assistance à Quinclius (1).
Le frère de P. Quinctius, Caius Quinctius, avait, avec Naevius, le demandeur au procès, fondé une société pour l'exploitation de propriétés situées en Gaule. Après la mort de Ca. Quinctius, il s'éleva un différend entre son héritier P. Quinctius et son associé Naevius au sujet de la liquidation de la société et de la part qui revenait à chacun d'eux. Après des remises successives de l'affaire, Naevius prétendit vouloir se désister et ne plus rien réclamer à Quinctius du fait de la société. Sur ces entrefaites, Quinctius, appelé en Gaule par ses affaires, quitte Rome. Mais à peine Naevius a-t-il appris le départ de Quinctius qu'il se présente devant le préteur Burrienus et obtient de lui l'autorisation d'entrer en possession des biens de Quinctius. L'intervention d'un procurator^ Alfenus, qui déclare vouloir prendre fait et cause pour Quinclius, n'aboutit qu'à une entente entre Alfenus et Naevius au sujet de la comparution de Quinctius à Rome, aux
(Aulu-Gelle, Noct, ait, XV, 28, 3). Cons, Schanz, Geschtchte der rôm. Litleratur, Erster Theil., 2« Aufl., i898, p. 246. (1) L'historique du procès forme Tobjet des chapitres un à dix.
ides de septembre (1). Au jour fixé, Quinctius paraît; mais Naevius retarde encore TafTaire pendant un an et demi. Enfin il se présente devant le préteur Dolabella en émettant la prétention que Quinctius, s'il veut plaider avec lui, doit lui fournir auparavant Is^satisdatiojudicatum 5o/m(2), sous le prétexte qu'il a possédé les biens de Quinctius pendant trente jours, conformément à Tédit du préteur Burrienus. Sur les dénégations énergiques de Quinctius (3), le préteur Dolabella décide qu'il est nécessaire d'organiser sur ce point un praejudicium. Il oblige donc Quinctius à conclure avec Naevius une sponsio sur le point de savoir : si bona ex edicto P. Burrieni praetorts dies XXX possessa non essent.
Cicéron divisa la plaidoirie qu'il prononça à cette occasion en trois parties : dans la première, il s'efforça de démontrer que Naevius n'avait pas le droit de réclamer la missio au préteur Burrienus ; dans la seconde, que Naevius n'avait pu posséder les biens de Quinctius en vertu de TEdit ; dans la troisième enfin, que Naevius ne les avait pas en fait possédés conformément à PEdit (4).
(1) Nous passons sous silence Tappel fait par Alfenusaux tribuns^ car il n'eut pas pour effet de modifier sensiblement la procédure.
(2) Voir Girard, Manuel^, p. 1002, n. 2.
(3) Quinctius a, en effet, le plus grand intérêt à démentir Tassertion de Naevius, car si elle était reconnue exacte, il encourait Tinfamie. — Cf. Girard, Manuel ♦, p. 1041, n. 2.
(4) Pro QuinctiOj 10, 36 : Negamus te bona P, Quincliif SeœteNaevi, possedisse ex edicto praeloris... Ostendam primum causamnon fuisse^ cur a praetore postularis, ut bona P, Quinctii possideris ; deinde, ex edicto te pomdere non potuisse ; postremo, non possedisse.