‹ Le vadimoniumChapitre 20 sur 43 · DIVISION DU PRO QUINGTIO · texte numérisé non relu

DIVISION DU PRO QUINGTIO

Pour prouver que Naevius n'avait aucun motif pour réclamer la missio^ Cicérou s'appuie sur les deux faits négatifs suivants qui, dans son esprit, paraissent bien être solidaires Tun avec l'autre (1), à savoir : !• que Quinctius ne devait rien à Naevius ; 2"* qu'il n*y avait pas eu vadimonium desertum pour la bonne raison qu'aucun vadimonium n'avait été promis par Quinctius à Naevius.

Ces deux points démontrés, Cicéron arrive ensuite à la seconde partie de son discours. 11 passe alors en revue les différentes clauses de l'Edit et énumère successivement les cas dans lesquels le préteur permettait à un créancier de posséder les biens de son débiteur, en s'efîorçant de démontrer qu'aucun ne s'applique à Quinctius : Qui fraudationis causa latitarit ; Cui hères non exsta-

({) Il faut rejeter Topinion de Keller, Semestrium^ p. 59, d'après laquelle il n*était pas nécessaire que celui qui demandait une missio in possessionem fût un créancier véritable. Le préteur assimilait au créancier celui qui pouvait invoquer un vadimonium desertum. Ce dernier était, suivant Texpression de Keller: hco creditoris. Keller en conclut que Naevius n'avait pas besoin d'invoquer à la fois une créance contre Quinctius et un vadimonium que celui-ci aurait laissé des ertum. Il lui suffisait pour obtenir la missio de prouver un des deux faits. Cette opinion nous semble tout à fait contraire au langage de Cicéron qui laisse clairement entendre qu'un des deux faits précités ne suffisait pas à lui seul pour rendre légitime la demande de Naevius : pro Quinclio^ 14, 47-48 : Nihil igilur debuii, ut tu ipse piaedicas, Quid si debuisset ? continuons causa fuisse t^ cur a praetor e postulares, ut bona possideres ? Non opinor id quidem neque jus esse neque cuiquam expedire, Quid igitur demonstral 1 Vadimonium sihi ait esse desertum. On peut faire aussi remarquer que, si l'opinion de Keller était exacte, Cicéron aurait vraisemblablement concentré toute son argumentation négative sur un des deux points, au lieu de risquer d'affaiblir sa démonstration en la fractionnant. — Cf. en noire sens • Hartmann, p. 22 ; Benfey, p. 126 ; Kuebler, p. 6!.

bit ; Qui exsilii causa solum î;er/en7,clauses auxquelles il faut ajouter sans nul doute, à notre avis,cette autre : Qui absens judiçio defensusnon fuerit (1), qui ne se rencontre pas à vrai dire dans les manuscrits parvenus jusqu'à

(1) ProQuinclWf 18, 56. — Parmi les auteurs qui ont nié ^existence de la clause : qui absens judicio defensus non fuerit comme clause indépendante et particulière, nous signalerons : Mommsen, p. 1093 ; Dernburg, Emtio bonorum, p. 66 ; Oetling, p. 6. — Son existence a été défendue avec une grande force par Keller, p. 45, qu'ont suivi : Hartmann, p. 24 ; Karlowa, p. 133, Bethmann Hollweg, p. 560 ; Costa, p. 13 ; Lenel, FEdit, II, p. 152, n. 3. Ed. perp,^, p. 400, n. 7 ; Roby, p. 472. — M. Kuebler, p. 64, reconnaît Texislence des mots : absens judicio defensus non fuerit dans le manuscrit original, mais se trompe quand il les considère, non pas comme constituant une clause indépendante, mais comme étant seulement une condition accessoire de la clause : qui fraudationis causa latitabit, et quand il restitue de cette façon le passage du pro Quinctio : Qui exsilii causa solum verterit (dici hoc de P. Quinctio non potest. Quid ergo est ? Quomodo Naevius ex edicto P. Quinctii bona possidere potuit ? — At in edicto dicunt addictum esse c Si absens judicio defensus non fuerit »). Un de ses principaux arguments est qu'on ne comprendrait pas sans cela que Gicéron, énumèrant les différentes clauses de TEdit, commence par citer une clause de missio in possessionem relative aux biens d'un vivant et cite ensuite deux clauses de missio se rapportant aux biens d'un mort ou d'un capite minutus, pour citer à nouveau une clause de missio relative aux biens d'un vivant. Nous pensons que Gicéron cite les différentes clauses de TEdit dans l'ordre où elles y figuraient. Or cet ordre était, selon nous, non pas un ordre rationnel, mais un ordre purement historique, purement chronologique. La clause qui y fit en dernier lieu son apparition est la clause : qui absens judicio defensus non fuerit, qu'il fut nécessaire d'ajouter quand,avec le développement du territoire de Rome et des transactions, la clause : qui fraudationis causa latitabit devint insuffisante. Enfin l'existence de la clause qui absens.,., nous semble attestée par Gains, 3, 78 : Bona aulem veneuntaut vivorum aut mortuorum : vivorum veluti eorum qui fraudationis causa latitant nec absentes defenduntur. Gons. sur le passage de Gains : Karlowa, p. 134.

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