EXPLICATION DES MOTS PERDERE LITEM
très bien pu confondre l'objet du vadimonium avec celui du procès principal. Car, en définitive, celui qui, sur Taclion du vadimoniurriy était condamné à payer une somme d'argent égale à la valeur de l'objet litigieux, pouvait être considéré, en une certaine mesure, comme perdant (Horace, vers 37 : perdere litem) ou abandonnant (Horace, vers 41 : relinquere rem) la chose litigieuse.
La seconde explication (1) sous-entend une convention entre les parties, aux termes de laquelle le défaut de l'une ou de l'autre au jour fixé pour la comparution devait entraîner, pour le demandeur, la déchéance de son droit, pour le défendeur, la perte de l'objet du procès. De telles conventions auraient déjà existé au temps des actions de la loi pour éviter d'engager la responsabilité très lourde des vades.
Nous avons déjà dit combien nous paraissait douteux Tusage de pareilles conventions sous les legis actiones (2). Leur existence ne nous semble pas plus vraisemblable à l'époque de la procédure formulaire, car le préteur, en les sanctionnant, aurait violé ouvertement le principe qui continua à dominer la nouvelle procédure : à savoir que le procès ne peut pas naître tant qu'il y a défaut in jure, D'autre.part, cette explication ne se concilie pas très bien avec les termes dont se sert Horace. Le mot vadato évoque l'idée d'un vadimonium imposé
(1) C'est celle de Karlowa, legis actionen, p. 326 s., que suit Kipp, litis denuntiatîOf p. 118.
(2) Voir p. 15, n. 2.
de force au défendeur par le demandeur, par conséquent celle d'un acte unilatéral, 11 exclut donc, à notre sens, l'hypothèse d'une convention réciproque qui aurait eu pour but de régler par avance les conséquences du défaut de chacune des deux parties. Enfin, et surtout, on ne comprend pas l'intérêt que pouvait avoir une telle convention, soit pour le demandeur, soit pour le défendeur. Car de deux choses l'une : ou le demandeur est convaincu du bien fondé de sa prétention, et dans ce cas il a intérêt à stipuler du défendeur une summa vadimonii : en effet, si ce dernier fait défaut,il l'attaquera d'abord par Vactio vadimonii deserti en paiement de la poena promise et le poursuivra ensuite par l'action principale ; ou le défendeur est sûr de triompher sur Faction principale. Comment expliquer alors qu'il accepte comme conséquence de sa non-comparution la perte de la chose litigieuse, puisqu'en promettant une simple jooena, laquelle ne dépasse pas en règle générale la moitié de la valeur de la chose litigieuse, il était toujours certain, même en cas de défaut de sa part, de ne pas perdre toute la res ? Pour toutes ces raisons nous croyons préférable d'adopter la première explication, qui a au moins le mérite d'être en harmonie complète avec toute la théorie du vadimonium,
B. — Conséquences de la non-comparution du demandeur.
Suétone raconte dans la vie de Caligula, 39, qu'à la suite de l'accaparement par cet empereur de toutes les