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cette mission, j'attends ma récompense dans un autre monde. — IMais vous, Aminé, vous n'avez fait ni vœu ni promesse. Schriften vous a conseillé de retourner en Europe; il vous a prédit une mort cruelle; évitez-la en suivant son avis.
— Je n'ai fait aucun vœu , Philippe, mais écoutez-moi. — Par toutes mes espérances d'un bonheur futur, je jure
— N'achevez pas, Aminé !
— Vous ne pouvez m'en empêcher, Philippe, car si je ne fais pas ce serment devant vous, je le ferai en votre absence. Une mort cruelle serait un bienfait pour moi, car elle m'éviterait de vous voir souffrir. — Puissé-je perdre toutes mes espérances de bonheur, puisse un malheur éternel être mon partage, si je vous quitte tant que le destin nous permettra d'être ensemble ! Je vous appartiens ; je suis votre femme; mon présent, mon avenir, tout est enchaîné à vous, et quelque sort que le destin me réserve, je ne tremblerai pas. Mon cœur ne craint ni dangers ni souffrances. A cet égard du moins, Philippe, vous avez bien choisi votre épouse.
Philippe lui baisa la main en silence, et leur conversation se termina.
Le lendemain , Schriften s'approcha d'elle.
— Eh bien, lui demanda-t-il, qu'avezvous décidé?
— Je ne puis faire ce que vous me demandez , Schriften ; mais je vous remercie.
— Mais s'il veut remplir sa mission, pourquoi le suivriez-vous?
— Schriften, je suis sa femme, — - sa femme pour toujours, — dans ce monde et dans l'autre. — Vous ne pouvez me blâmer.
— Non , je ne vous blâme pas , je vous admire. — J'en suis fâché pourtant. — Mais après tout, qu'est-ce que la mort? Rien. Hi, lii , hi! Et Schriften s'éloignant , laissa Aminé seule.