‹ Le vaisseau fantome (volume 2)Chapitre 15 sur 41 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Il faut que nous retournions pour un certain temps près de Philippe , et que nous suivions son étrange destinée. Krantz et un autre de leurs compagnons le retinrent étendu sur le radeau jusqu'au moment où ils arrivèrent enfin au rivage qu'ils avaient désiré avec tant d'impatience. La houle leur fit éprouver un choc terrible à l'instant où le radeau toucha à la côte , et tous les bois craquèrent et s'entrechoquèrent avec violence , tandis que les vagues , en arrivant ou en se retirant , le faisaient monter ou des'cendre. La brise était fraîche , mais il y avait très peu de ressac, et ils descendirent à terre sans difficulté. La côte allait en descendant vers la mer, et elle était formée d'un sable blanc très ferme , sur lequel on voyait çà et

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là des coquillages ornés de brillantes couleurs , et les ossements blanchis de quelques animaux que les flots avaient jetés sur la terre. Cette île , comme toutes les autres, était couverte de cocotiers dont la cime était agitée par la brise, ou pliait sous la force du vent, ce qui produisait une ombre et une fraîcheur qui auraient du enchanter des hommes qui avaient tant souffert depuis dix jours. INIais Krantz était le seul qui put apprécier cet avantage , Philippe ne songeant qu'à la perte qu'il avait faite, et tous les autres n'étant occupés que des moyens de mettre en sûreté leur trésor. Philippe , appuyé sur le bras de Krantz, alla s'asseoir à l'ombre. Mais à peine y avait-il été une minute , qu'il se leva , courut au rivage , et ses yeux cherchèrent sur la mer la partie du radeau sur laquelle Aminé avait été abandonnée , et qu'il ne put apercevoir. Krantz l'avait suivi , par affection plutôt que par inquiétude , car il savait fort bien que les premiers paroxysmes de la douleur une fois passés, il n'avait pas à craindre que Philippe voulût attenter à ses jours.

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