‹ Le vaisseau fantome (volume 2)Chapitre 6 sur 41 · II · texte numérisé non relu

II

5o LE VAISSEAU lAMO.MT.

gouverner vers Batavia, quand ou aperçut, à peu (le distance de la cote, un bâtiment voguant à toutes voiles vers Lin}a. On lui donna la chasse à l'instant ; mais Feau diminuait de profondeur , et l'on demanda au pilote si l'on pouvait avancer sans danger. L'Espagnol répondit affirmativement, et ajouta qu'on était en ce moment sur l'eau la plus basse , et qu'un peu plus loin elle aurait plus de profondeur. On envoya un sondeur dans les porte-haubans, mais, au premier coup de sonde , la ligne se rompit. On en envoya chercher une autre, et pendant ce temps le />o/-^ continuait à voguer à toutes voiles. En ce moment le nègre s'approcha de Philippe , lui dit qu'il avait vu le pilote dans les porte-haidDans , tenant en main son couteau ; qu'il fallait qu'il eût coupé la hgne de sonde, et qu'il ferait bien de se méfier de lui. A. l'instant même , la barrq fut mise dessous , et comme le bâtiment tournait, il toucha le banc , dragua , et lut ensuite hoj's de danger. — Drôle ! s'écria Philippe, vous avez donc coupé la ligne de sonde? mais le nègre vous avait vu , et il nous a sauvés.

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L'Espagnol sauta à bas du canon, et avant qu'on put l'en empêcher, il enfonça son couteau clans le cœur du nègre. — Malcdetto ! prends cela pour tes peines , s'écriat-il avec fureur en grinçant des dents et en brandissant son couteau ensanglanté.

Le nègre tomba mort. Le pilote fut saisi et désarmé par l'équipage , qui avait pris le nègre en amitié , attendu que c'était aux informations qu'il avait données qu'on devait la découverte de l'or et de l'argent.

Qu'ils en fassent ce qu'ils voudront ,

dit Rrantz à Philippe.

— Oui, répondit Philippe, justice sommaire.

L'équipage délibéra quelques minutes , et ayant ensuite attaché le pilote au corps du nègre , on les jeta tous les deux dans la mer. On entendit le bruit de leur chute , et ils disparurent dans un tourbillon à l'arrière du bâtiment.

Philippe rejoint alors de gouverner vers Batavia. Il n'était qu'à quelques jours de voiles de Lima , et il avait tout lieu de croire qu'on en avait fait partir des bâtiments pour Tin-

tcrcopter. Ayant le vent favorable, il s'éloigna de la cote, et pendant trois jours il fit un trajet rapide. Le quatrième au point du jour, deux grands bâtiments se montrèrent au vent, arrivant sur eux; il était évident que c'étaient des bâtiments de guerre , et la vue des banderoles et des pavillons espagnols , quand ils furent à environ un mille, prouva qu'ils étaient ennemis. C'était une frégate plus grande que le Dort^ et une corvette de 22 canons.

On ne montra nulle alarme à bord du Dort , en voyant cette disproportion de forces. Les hommes de l'équipage faisaient sonner leurs doublons dans leurs poches , juraient de ne jamais les rendre à leurs propriétaires légitimes , s'ils pouvaient s'en dispenser , et ils se placèrent à leurs canons avec ardeur. Le pavillon hollandais fut arboré , comme pour défier les Espagnols , dont les deux bâtiments, continuant à avancer pour diminuer la distance , reçurent quelques boulets qui parurent les déconcerter un peu. Cependant , ils virèrent à la dislance d'une encablure , et commencèrent

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