‹ Le vaisseau fantome (volume 2)Chapitre 7 sur 41 · LE VA ISSU AU FAXTOAIF · texte numérisé non relu

LE VA ISSU AU FAXTOAIF

raction avec beaucoup de courage , — la frégate étant par le travers , et la corvette par l'avant du bâtiment de Philippe. Après avoir échangé pendant une demi-heure des bordées furieuses , le mât de misaine de la frégate tomba , et entraîna dans sa chute le grand mât de hune ; accident qui l'empêcha de continuer son feu. Le Dort avança sur-lechamp ' vers la corvette , et la désempara après trois ou quatre bordées; virant ensuite de bord , il se mit bord à bord avec la frégate , dont les canons sous le vent ne pouvaient encore faire feu , attendu la chute des deux mâts. Les deux bâtiments étaient alors à dix pieds l'un de l'autre à contre-bord, et l'action recommença , au grand désavantage des Espagnols, Au bout d'un quart d'heure, les coups de canon que tirait la frégate mirent le feu aux voiles qui pendaient pardessus le bord , et il se communiqua bientôt au bâtiment, tandisque XaDort continuaitàlâclierdes bordées meurtrières que l'Espagnol ne pouvait lui rendre. Après avoir fait de vains efforts pour éteindre les flammes , le capitaine de la frégate résolut de faire par-

tager son sort à son ennemi. Mettant sa baire au vent , il avança sur le Dort , et chercha à y jeter le grappin pour attacher les deux bâtiments ensemble. Ce fut alors que le combat devint furieux ; les Espagnols cherchant à amarrer les bâtiments pour empécjier le Dort de s'échapper, et les Hollandais travaillant à les repousser. Les portehaubans et les côtés des deux bâtiments étaient couverts d'hommes qui combattaient avec le courage du désespoir ; et ceux qui étaient blessés tombaient entre les deux navires que la chute du mât de misaine empêchait encore de se toucher. Pendant ce temps, Philippe et Rrantz n'étaient pas à rien faire. En brassant carré les vergues de l'arrière, et en déployant toutes les voiles de l'avant, ils réussirent à faire marcher le Dort vent arrière avec son antagoniste et à le prendre sur l'autre bord ; manœuvre qui les débarrassa de la fumée qui les incommodait beaucoup , en plaçant l'Espagnol sous le vent , et par suite donna au Dort un avantage considérable qui termina bientôt le combat. La fumée et les flammes furent repoussées sur

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Ja frégate — le feu qui s'était communiqué au Dort fut éteint , les Espagnols ne furent plus en état de continuer leurs efforts pour attacher ensemble les deux bâtiments, et ils rentrèrent à leur bord se mettant à l'abri derrière les murailles du bâtiment. Après de grands efforts , le Dort se trouva donc dégagé , et il passa en avant de son ennemi , qui fut bientôt enveloppé d'une nappe de flammes. La corvette restait à quelques encablures de distance du vent , et tirait de temps en temps un coup de canon. Philippe lui lâcha une bordée, et elle baissa son pavillon. L'action pouvait alors être regardée comme terminée, et il ne restait plus qu'à sauver l'équipage de la frégate enflammée. Les embarcations du Dort furent mises en mer, mais il ne s'en trouva que deux qui pussent flotter. L'une d'elles porta sur-lechamp à la corvette l'ordèe d'envoyer toutes les siennes à l'aide de la frégate, et la plupart des hommes de son équipage furent sauvés. Pendant deux heures , les canons de la frégate tirèrent d'eux-mêmes l'un après l'autre, à înesure qu'ils sentaient les effets

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(le la chaleur ; et enfin , le feu a^^ant gagné la soute aux poudres , elle sauta en l'air , et la carcasse coula à fond. Parmi les prisonniers , Philipp'^ reconnut les deux soi-disant passagers , qui portaient alors l'uniforme de la marine espagnole, ce qui prouvait la vérité de ce que le nègre lui avait dit. Ces deux bâtiments avaient été envoyés de Lima pour lui donner la chasse , et , avec des forces si supérieures , ils avaient compté sur une victoire facile. Après quelques instants de consultation avec Krantz , Philippe pensa que, comme la corvette était complètement désemparée , et que les deux nations n'étaient pas en guerre , le mieux était de la renvoyer avec tous les prisonniers. Cela fut exécuté , et le Dort se dirigea vers Batavia , où il jeta l'ancre trois semaines après ce combat. Il y trouva les bâtiments qui y avaient été envoyés avant eux^ls étaient arrivés depuis quelques semaines , avaient pris leur cargaison, et étaient précs à mettre à la voile pour la Hollande. Philippe leur remit ses dépêches , dans lesquelles il apprenait aux directeurs de la Compagnie tous les événements de son

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voyage. Il se rendit alors à tei-re , prit sa demeure dans la maison du marchand qui l'avait autrefois reçu , et attendit que le Dort eût reçu sa cargaison pour retourner en Europe.

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