‹ Le val d'ArnoChapitre 10 sur 26 · VI · texte numérisé non relu

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(b) Cette énumération, traduite de Villani [Chronica, Liv. VI, chap. xxxix), des vingt-six blasons, groupés suivant les divers quartiers de la ville, n'étant pas indispensable à la compréhension du texte, nous avons cru pouvoir nous permettre de la négliger ici (§ io5).

(1) Nous examinerons plus tard l'héraldique des corps de métiers. Chap. xl, Villani {a).

(a) Ce projet ne fut pas mis à exécution. (Note de la Library Edition.)

{1) 120 « braccia ». Villani, VI, 39.

74 LE YAL D'ARNO

109. — Après avoir adopté cette nouvelle organisation, Florence rentra dans le calme pendant deux mois entiers. Le i3 décembre de cette même année, mourut l'empereur Frédéric II ; la nouvelle de sa mort n'arriva à Florence que le 7 janvier i25i. Il advint, suivant Villani, que le jour même de sa mort, son vice-gérant, à Florence, Rinieri de Montemerlo, fut tué, pendant son sommeil, par la chute de quelques pierres détachées de la voûte de sa chambre (1). Et quand le peuple apprit la mort de l'Empereur, « événement propice et salutaire pour la Sainte Eglise et pour notre Commune », il considéra l'accident dont avait été victime son lieutenant comme un présage de l'extinction de l'autorité Impériale, et résolut de rappeler chez eux tous les exilés Guelfes, et de forcer les Gibelins à faire leur paix avec eux. Ce qui fut fait, et la paix dura réellement pendant six longs mois ; quand, une querelle ayant éclaté avec la ville Gibeline de Pistoie, les Florentins, commandés par un podestat milanais, livrèrent leur première bataille communale et commerciale et firent un grand massacre de Pistoïens. Les Gibelins florentins refusèrent naturellement, mais imprudemment, de participer à cette bataille ; sur quoi, le peuple, revenant, enorgueilli par sa victoire, les chassa tous, et établit à Florence un gouvernement exclusivement Guelfe. En même temps, l'étendard de la ville : de gueules, un lis d'argent, fut changé en: argent,, un lis de gueules ; mais ses armoiries les plus anciennes, simplement : parti par pal, d'argent et de gueules, subsistèrent toujours sur son caroccio de bataille. — « Non si muto mai ».

(1) Vna volta cliera soprala caméra.

110. — (( Non simutomai». Villani ne savait pas combien ces mots étaient vrais. Cet antique écu de Florence, parti par pal, d argent et de gueules (ou celui de notre saxon Oswald, parti par pal, d'or et de pourpre) forme un blason dont remblème ne change jamais ; il affirme l'équilibre nécessaire, dans le gouvernement des hommes, entre les puissances rationnelles et imaginatives; l'Alpe immaculée et le nuage ardent (a) .

L'Eglise et l'Etat — le Pape et l'Empereur — le Clergé et la Laïcité, — toutes ces oppositions sont partielles et accidentelles — trop souvent criminelles ; mais les éléments corporels et spirituels, opposés en apparence, restent dans une harmonie éternelle.

Le nouvel emblème de l'écu, la fleur de lis rouge, a néanmoins une autre signification. Elle est rouge non comme symbole ecclésiastique, mais comme symbole de liberté. Non comme symbole du Guelfe contre le Gibelin, mais du Travailleur contre le Chevalier; du travailleur qui n'est plus son serf mais son ministre, dont le devoir n'est plus le ce servitium », mais le « ministerium », le « mestier » (b). En suivant les traces de cet art naissant, nous apprenons ainsi, l'une après l'autre, la valeur des mots et celle des emblèmes. J'ai dessiné pour vous ce lis qui se trouve au bas de la Tour de Giotto. Vous pouvez juger, par les sujets sculptés à l'entour, que celle-ci fut élevée pendant cette période de triomphe commercial ; tous les bas-reliefs extérieurs se rapportent aux métiers (c).

(a) Voir plus haut, § 3, 4.

(b) En français dans le texte.

(c) Le campanile de Florence, au début de l'érection duquel collabora Giotto, porte à sa base une série de 27 bas-reliefs représentant les métiers

ni. — Dessinez donc ce lis rouge et fixez-le dans votre esprit comme le signe du grand changement advenu, au milieu du xme siècle, dans le caractère de Florence et dans ses lois. Souvenez-vous aussi, quand vous irez à Florence et que vous verrez cette puissante tour du Palazzo Vecchio (encore noble, en dépit des désastreuses et maudites restaurations qui ont adouci ses contours rugueux et effacé ses exquises sculptures sous la vulgarité d'une ornementation moderne (#)), se dressant au fond des perspectives ombreuses des Uffizii, ou dominant la ville, vue de Fiesole ou de Bellosguardo, — souvenez-vous donc que, si la tour de Giotto est le monument le plus remarquable du monde religieux européen, c'est sur cette tour du Palazzo Vecchio que flotta, pour la première fois, l'étendard fleurdelisé du commerce de l'Europe, honnête et libéral.

et les arts chrétiens (voir notre traduction des Malins à Florence de Ruskin : la Tour du Berger).

(a) Le Palazzo Vecchio date de la fin du xinc siècle. Les restaurations datent du xve et du xvi° siècle. L'intérieur surtout a souffert.

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