CHAPITRE II
quelques bijoux de prix comme oubliés dans sa toilette. Il tenait à la main un long bâton qui ne lui était pourtant pas nécessaire pour soutenir sa marche, car il s'avançait d'un pas ferme et assuré. A sa contenance majestueuse, on eût dit un patriarche.
— - Voici Philémon! murmurèrent les deux jeunes filles avec un sentiment de respect et de crainte; mon Dîeul que va-t-il penser de notre hardiesse?
Et elles s'éloignèrent vivement du blessé d'un air de confusion.
De son côté, le vieillard, en les apercevant, avait fait un mouvement de surprise ; mais il surmonta aussitôt cette impression, et quand il eut rejoint les bergères tout émues, il leur dit d'un ton bienveillant :
— Rassurez-vous, mes filles ; je ne vous blâmerai pas d'avoir deviné les devoirs de l'hospitalité que vous n'avez jamais eu l'occasion de pratiquer. En vous conseillant de conduire à notre chaumière, sans attendre
LB TAL-PBRDU. 1. 7
74 LE YAIi'PSB^U.
nies ordres, un soldat blessé, fugitif et malheureuse, votre cœur vpus a bien inspirées.
Puis se tournant vers Armand il ajouta avec solennité :
— Soyez le bienvenu parmi nous, jeune homme; vous ne trouverez ici que des «inis*
Il tendit U main k Verneuil, e| l'embrassa d*un air grave. Cette réception n*toit pas tout à fait suivajit le$ usages du mondai mais elle était en harmonie avec ce qu'Armftnd avait déjà vu et entendu dans ce singulier endroit, et il ne songea pas à s'en plaindre. Il remercia donc dans les termes qu'il jugea le plus capables de flatter les manies pasto* raies de ses hôtes, et avec une apparence de modestie qui ne parut pas déplaire au patriarche du Val-Perdu.
Cependant la nuit approchait, et les premières étoiles commençaient à se montrer à travers les branchos.des hautes futaiea. Philémon dit quelques mots bas à Guillaume, qui s'inclina avec soumission et s'él<^î<