CHAPITRE IIL
de la hiérarchie aristocratique qui régnait alors dans la profession militaire. Aussi , quand la révolution éclata , ne parlagea--t-ii pas les colères de la noblesse contre Tabolition des privilèges. 11 fut, à la vérité, obligé de donner sa démission d*officier; mais au heu d'émigrer et de tourner contre la France le tronçon de celte épée qu'on avait brisée dans sa main, il s'engagea comme simple soldat dans le régiment où il avait déjà commandé, et il voulut reconquérir à force de bravoure et de services le grade qu'il avait occupé sous la monarchie.
Cette conduite franche et le peu de bruit qu'il avait fait en tout temps de son titre nobiliaire le sauvèrent de la suspicion qui s'attachait, pendant la terreur, aux membres de l'ancienne aristocratie. D'ailleurs, outre que dans les armées toujours en présence de l'ennemi, les investigations du sans-culottisme défiant n'avaient pas la même sévérité que dans le cœur de la France, Armand