‹ Le Val-Perdu (volume 2)Chapitre 18 sur 70 · CHAPITRE Ili. lit · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ili. lit

PbUémoii, qui avait psitu pltts tacitarne et plos réretir qfii*li TordiAdire, leur fit signe de reprendre leurs places autour de la table. Ils dt^élreiit en silence et avec quelque étomiemfent.

— Mes enfaftts, dit \é vieillard d'un ton soleiine!, j'ai une eolnmtihication à Vous faire qui intéresse votre bonheur.

Armand voulut se rétirer par discrétion.

— Reidtez, dit Philémon d'un air mystérieux, totis èteà notre ami ; vous devez avoir part & ttbs joies de ïamille.

L'officier s'inclina et se rassit, fort intrigaéde savoir où àbdutiràîent ces préparations sitigulièrés.

— Mes enfants, continua le patriarche du Vâl4*ërdà en pesant chactiùé de ses paroles, le moment est venu où les liens qui nous unissent tous doivent être resserrés d'une inaMère plus étrtfte. Jusqu'ici, vous le savez, je 'À'ki fait ààetihe différence dans mes aifections entre mes propres fils et les filles

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de. ce vénérable ami quF, en mourant, me confia le soin de veiller sur elles. Néanmoins, il me reste encore un devoir k remplir. Mon fils Lysandre, je vous ai fiancé dès Fenfance à ma pupille Galatée, et vous, Estelle, vous êtes promise de même à Némorin. Je ne veux pas retarder davantage rheure attendue par tous peut-être avec une secrète impatience... Vous êtes d'âge à être mariés ; vous le serez dans huit jours.

Les jeunes gens tressaillirent ; mais personne n'osa interrompre le patriarche avant qu'il eut achevé.

— Pour cette circonstance grave, continua Philémon, il faudra nécessairement enfreindre la règle qui interdit l'entrée de notre vallée aux personnes du dehors. Un prêtre catholique, dont la discrétion m'est garantie, sera introduit par Guillaume, et le même jour il bénira ce double mariage dans notre chapelle... Préparez-vous à cette sainte cérémonie.

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Un seul cri de joie se fit entendre ; il était poussé par Némorin qui, dans ses transports d*allégresse, lança son chapeau jusqu'au plafond ; mais les autres fiancés restèrent muets. Lysandre était pâle ; Galatée, les yeux baissés, semblait frappée de la foudre ; Estelle faisait une petite moue de mauvaise humeur; il n'était pas jusqu'au capitaine Verneuil, à qui pourtant le projet du vieillard devait être indifférent, qui ne parût profondément consterné.

— En vérité, Philémon, dit Estelle avec la hardiesse espiègle d'une enfant gâtée, vous vous hâtez bien de récompenser du don de ma main votre Némorin étourdi... Il ne m'a encore guère méritée, que je sache. Cependant, d'après les livres que vous nous lisez le soir ,11 faut qu'un berger ait longtemps gémi et longtemps souffert pour obtenir sa belle ; il faut qu'elle l'ait rudement chagriné, qu'elle lui ait imposé les plus pénibles épreuve8;or Jesuis si bonne que je n'ai pas encore

M LE VÀL-i'CAtJÛ.

pensé à toarmëiiter sériensement votre fils.

— Eh Men ! répliqua le vidllard en sotirisint malgré loi, il b'y a pas de temps de perdti, ma petite.

— Ah ! Estelle, Estelle ! is'écria le pauvre Némofin avec une douleur coinique, voiis êtes bien ingrate! Est-ce là la récompense de tant de nids d*oiseanx clierehés dans les ronces et les épines, de tant de fleurs cuéll» lies à la rosée du matin, de tant de soupirs sur le flageolet et la flûte ?

La bergère prit un air de reine offensée ; mais en remarquant la contenance piteuse de son malheureux aiitant, elle partit d'an franc éclat de rire, et la réconcflîafion fat scellée par un baiser.

Cette naïve discussion était passée inaperçue pour l'autre couple de fiancés. Lysafadre et Gàlatée se taisaient loujourè, lui sombre et rêveur, elle éperdue et tremblante. Philé* mon les observait de son œil froid et inq-* siteur;

— Mon père, dit enfin Lysahdre avec un eflfoii de courage, permettez-moi de vous rappeler les aveux que j*ai déjà osé vous fôire ttne fois... Je ne suis pas encore parvenu, je le crains, à mériter l'affection entière de Galàtée; c'est ma foute, sans doute, je le reconnais humblement... le vous prie, néanmoins, d^attendre encore un peu de temps. Je suis plein de respect pour votre autorité, mais je vous supplie de songer...

— Vous étés trop modeste, Lysandre, ihteri^ômpit sèchement Philémôn ; vous tous afbusez sur les sentimeiits de ma pupille... Voyez, c'eèt une fille douce et obéissante ; elle ne âonge pas, comme vous, à élever la voix en ma présence.

La pauvre Galatée, en effet, terrifiée par ce regard séVèi-è, éfait incapable de prononcer une parole de protestation.

— Il suffit, dii enfin le vieillard ; il y a une chose plus forte que ma volonté dans cette affaire, è'èst la nécessité. Màihtenant,

que chacun de vous se rende à ses occupations, comme à l'ordinaire ; et si quelqu'un de vous, mes enfants, blâmait dans son cœur ma détermination irrévocable, il comprendrait, à la réflexion, que je suis le plus vieux, le plus sage, que j'ai pour tous une affection paternelle, et que personne ne peut être meilleur juge de son bonheur.

En même temps, il prit son grand bâton derrière la porte et il sortit.

Estelle et Némorin ne tardèrent pas à sortir aussi moitié riant, moitié se querellant. Galatée, appuyée contre le dossier d'un fauteuil, ne semblait ni voir ni entendre ce qui se passait autour d'elle. Des larmes descendaient lentement le long de ses joues. Armand s'approcha et voulut lui prendre la main. Elle se détourna avec vivacité.

— J'en mourrai, murmura-t-elle d'une voix étouffée, j'en mourrai !

Etoile s'échappa précipitamment.

Verneuil, ému, allait la suivre, mais

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