‹ Le Val-Perdu (volume 2)Chapitre 3 sur 70 · CHAPITRE PEEMIEE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PEEMIEE

TOUS m'avez donnés dans ma disgr&ce. 11 salua le père et la fille et se dirigea vers la porte; mais le pasteur, rassuré par ce généreux procédé, le retint doucement.

— Un moment, un moment, dit*il avec bienveillance; je ne peux vous garder ici, mais je n'en suis pas moins disposé à vous rendre tous les services qui dépendront de moi. Où comptez-vous aller?

— Ma foi ! je n'en sais rien ; ce pays m'est inconnu. Je marcherai à l'aventure; j'irai tant que je pourrai pour échapper aux Autrichiens ; mais s'ils m'attrapent, il faudra bien prendre en patience les bourgs de Croatie et les forteresses du Danube.

Le ministre réflfchit un moment.

— Si seulement, reprit-li enfin, vous aviez la force de faire deux lieues dans les montagnes, par des chemins difficiles , je vous conduirais en peu d'heures à Zurich.

— Ce serait trop présumer de mes pauvres jambes, dit l'officier tranquillement ; la pré-

i4 LE TAL-PERDU.

sence de voire cliarinanie fille et votre délicieux bordeaux m^ônt un peu ranimé; mais trente-six heures de veille, douze heures de combat acharné, et une blessure peu grâvd, il est vrai, maisqui a saigné depuis ce matin, me rendent tout à fait incapable d'un pareil effort; il faut chercher autre chose... Voyons, n*existe-t-il pas dans le voisinage quelque chalet bien isolé, exhalant & une lieue à la ronde une odeur dé fromage et de vacherie, où Ton puisse ine cacher pendant un jour ou deux ? Ma venue serait une bonne fortune pour l'honnête Suisse qui m'accorderait Thos^ pitalité, car ma bourse est bien garnie.

— Les maraudeurs allemands vont se répandre dans la campagnef, et vous seriez infailliblement découvert... Cependant il y a par ici quelqu'un qui pourrait peut-être, s'il le voulait, vous accorder une retraite sûre...

— Quel est ce personnage?

— Un homme paisible qui habite , à

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