‹ Le Val-Perdu (volume 2)Chapitre 32 sur 70 · CHAPITRE YUI. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE YUI. S

— Vous êtes libre, mon cher, répondit froidement Verneuil, de croire ce qu*il vous plaira de mes confidences et rien ne vous oblige à aller plus loin ; restez donc ici si vous avez peur!

Et il commença k gravir aussi rapidement que possible ces marches grossières.

— Peur, moi ! dit Ravaud en posant la main sur sa grosse moustache noire ; sacrebleu, ce serait du nouveau !

En quelques enjambées il rejoignit Verneuil qui semblait déjà avoir oublié le motif de cette petite querelle, et ils cheminèrent bon train, aussi souvent sur les genoux et sur les mains que sur les pieds. Cependant le sentier, pour être excessivement pénible, n'était pas impraticable; il s'agissait seulement d'éviter le vertige que la déclivité du versant eût pu donner à des personnes nerveuses, en s'abstenant de regarder au-dessous de soi. Ici on trouvait des degrés creusés dans le roc, comme ceux dont les militaires avaient déjà

fccowM Texislesee; plus lomj eétaknt des niBpes dont ks siiiiMBÎIés rendaienC la pente Boins ardue; en certains endroits il Êdiait segiîsser dans TécartenMait de deox roches à peine saflisant pour le passa;^ d*an corps honain. Qoe de fiitigues et de temps avait dà couler on pareil ooTrage ! Mais le travail élail soigneusement dissimulé, el Ton eot cru Tuir rœuvre de la nature dans ce qui n*élait qucFceuTre d'un seul homme, pourvu, à la vérité, d*un degré peu ordinaire de patience et d'énergie.

Arrivés aux deux tiers environ de leur ascension, les deux amis furent obligés de s'arrêter dans une espèce d'enfoncement tapissé de mousse et de fougères pour respirer un instant. Ravaud, couché sur le ventre, soufflait conmie un cachalot. Armand luimême était haletant, et son front ruisselait de soeur. Ni l'un ni l'autre n'avaient plus la force de parler.

Pendant cette halte forcée, Verne

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briller quelque chose à deux pa>s de lui, dans la verdure, il étendit la main et ramassa une boucle de soulier un argent, richement ciselée.

— Lysandre a passé par là ! s'écria le ca- , pltâine avec une vive émotion ; je reconnais cette boucle pour lui avoir appartenu... Regardez, Ravaud ; douterez-vous encore?

— Celte boucle a pu être perdue par quelque chasseur,

— Alors cette perte ne doit pas remonter au delà d'une heure ou deux, car le métal humide a conservé son éclat; mais je reconnais cette boucle, vous dis-je... Ainsi donc Lysandre a déjà gagné le village ; comment se fait-il que nous ne Payons pas rencontré?

— Ma foi, je l'ignore, répondit l'officier en tournant les yeux vers la partie la plus éloignée du paysage, car l'élévation du rocher lai donnait le vertige. Mais si celui que vous alliez chercher si haut et si loin est déjà

parti, il ne nous reste plus qa'i revenir sur nos pas.

— Lysandre, en effet, s'est enfaî da Yal- Perdu, répliqua Armand, je n'ai '«lucun doute à ce sujet; mais à mesure qub nous avançons, j*acquiers aussi une certitude : c'est que ma bien-ainiée Galatée n'a pu s'enfuir avec lui par ce dangereux chemin. En le construisant, on n'avait pas prévu le cas où il devrait servir à une jeune fille faible et délicate... Galatée est donc encore prisonnière.

— Quand cela serait, pourriez-vous pour elle plus que M. Lysandre? Espéreriez-voas lui faire franchir ces pics inaccessibles?

— Hélas ! non, et il faudra trouver d'autres moyens de lui rendre la liberté... Mais je songe, ami, qu'en ce moment elle doit être plongée dans le plus profond désespoir. Ma disparition étrange, le départ .subit de Lysandre ont dû lui porter un coup funestç; sans doute, elle m'accuse d'ingratitude, elle me maudit... Oh! si seulement je ,

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