‹ Le Val-Perdu (volume 2)Chapitre 45 sur 70 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

— Âh ! que c'est bien dit ! s'écria Rayaud transporté; je vous remercie , Armand. Oui , oui, vous êtes un bravegarçon, et vousm'ôtez de restomac un poids de cinq cents livres... Mais il n'importe; je sais ce qui me reste à faire. C'est assez : motm. Ah çà! ajouta-t-il d'un ton plus calme en s'essuyant les yeux , comment comptez-vous vous procurer des renseignements positifs sur ce comte de Rancey?

— On m'a assuré que tout le monde, à Rosenthal, pourrait m'indiquer sa demeure... Rendons-nous donc à la principale auberge, et là sans doute on nous rensei-* gnera.

Ils entraient en ce moment dans le village, et les habitants , attirés par les claquements dç fouet du postillon, accouraient sur les portes pour voir une chaise de poste, spectacle nouveau alors dans cette partie de la Suisse. En passant devant l'ancienne demeure du pasteur, Ravaud remarqua que la maison

L*auberge,

Le colonel Verneuil ne remarqua pas

rémotion de son compagnon, car lui-même

était fort agité, et il s*empressa de demander

une chambre. L*aabergiste le conduisit à la

cbambre d'honneur, située au premier étage

de rhôtel, pendant que Ravaud se glissait

furtivement vers une sombre pièce du rez- % 6

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de-chaussée, où il venait de voir entrer la maîtresse du logis.

— Mon ami, demanda Armand en se jetant dans un fauteuil, ètes-vous établ? dans ce village depuis longtemps?

— Depuis cinq ans environ, répliqua Thôte au nez camard en baragouinant le français ; oui, je me suis marié moins d*une année après le sanglant combat où Rosenthal fut presque abtmé par les Français!...

— Vos amis les Allemands eurent bien quelque part à ce désastre, répliqua le colonel avec un léger sourire ; mais s'il en est ainsi, vous devez connaître les principaux habitants du pays?

— Tous, monsieur, répliqua Thdte en se rengorgeant^ tous, grands et petits, à plusieurs milles à la ronde... Les voyageurs les plus huppés viennent loger chez moi, et les gros bourgeois se réunissent souvent ici pour tàter de mes vins de France. De plus, »«^ '**'le commerce des fromages du pays, el ^

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en relation d'affaires avec tous les propriétaires, les fermiers et même toutes les ménagères du voisinage.

— Alors vous connaissez nécessairement le comte de Rancey, ou du moins vous' avcE entendu parler de lui ?

— Si je connais le comte de Raincey ? Oui, oui, monsieur; un vieux et respectalde seigneur qui habite à un quart d*beure de marche de Rosentfaal, et qui est, dit-on, assee riche pour acheter tout le canton... Oui, je le connais, et non^-seulement lui, mais encore le vicomte de ftafioey son fils, et la vicomtesse sa belle-fille, et aussi le petit M. Charles, le plus aimable enfiant du monde... C'est une beille famille, monsieur, et qui fait du bien aolojur d'elle. Le comte a traversé le village, il y a deux jours, en revenant de France, mèokG qu'il avait dans sa voiture une dame voilée dont la présence a fort inirigué les curieux du village.

— Il arrive de France, dites-vous, reprit

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Verneuil surpris en songeant aux difficultés qu'il avait éprouvées à Paris pour découvrir ce parent qui se trouvait alors si près de lui ; il ne réside donc pas habitaeUem<^nt parmi vous?

— Il y a sa demeure, monsieur ; mais je dois convenir que lui et les personnes de sa famille se mettent assez souvent en royage... Dame ! écoutez donc : on dit que ce sont des émigrés, et ils sont enchantés d*àUer, par intervalles, respirer un peu d*air natal de l'autre côté des montagnes.

— Depuis combien de temps habitent-ils près de Rosenthal ?

— Je ne saurais vous répondre au juste, monsieur; ils y étaient déjà quand j'entrai moi-même en ménage. Je me souviens seuleinent qu'on a fait des contes assez absurdes sur la manière dont ils se sont établis ici ; mais nos bonnes gens voient du merveilleux partout.

Le colonel ne jugea pas à propos de po«..

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