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s*élaBQft vers Ini et Fembrassa avec effusion, tandis qtae le petit garçon , se haussant sur ses pieds, saisissait la main du voyageur, la coliait contre ses lèvres roses et disait avec gentillesse :
— Soyez le bienvenu, mon bon ami; nous vous aimerons de t<Ait notre coeur.
Armand rendit avec chaleur ces aièctueuses caresses , puis il s'avança enlise le jeune homme etTenfant au-devant du comte de Raneey que la lenteur de sa marche avait retenu u^ peu en arrière. Estelle -^ car on a sans doute deviné quelle était la conductrice du vieillard — lui sourit amicalement; M. de Raiieey le salua d'un air de rés;erve et de tristesse.
— M. le comte, mon généreux parent, dit le eolanel d'une voix altérée en s'inciinant profondément, ce n'est *qu'en tremblant que fose revenir dans une maison où mon passage » été marqué autrefois. par de grands malheurs... M'est- il permis d'espâ'er que la part
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que j*ai prise à ces funestes événements n*y excitera désormais contre moi ni haine ni colère?
— Vous n*avez rien & craindre de pareil, colonel de Verneuil, répliqua M. de Rancey avec émotion ; pour entretenir contre vous ces sentiments de haine et de colère, il faudrait se souvenir des torts d'un vieillard imprudent, dont l'opiniâtreté fut la cause {première de ces catastrophes, •• Déplorons donc les fautes passées, versons des larmes sur ceux qui ne sont plus, mais ne récriminons contre personne.
— Cette tâche me sera facile ici, dit Armand en jetant un regard douloureux autour de lui; H. le comte, un ennemi mcHlel ne pourrait m'adresser de plus amers reproches que ceux de ma conscience & l'aspect de cette vallée (
Ces regrets si vifs et si vrais achevèrent de faire évanouir la réserve un peu hostile de M. de Rancey. Il tendit à son tour Itf ma
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«M^onel et muruiura en fixant sur lui son regard perçant :
— Vous pensez donc encore à celle que vous avez perdue?
— Elle est toujours présente à ma pensée, répliqua Armand en détournant la tète pour cacher r«xcès de sa faiblesse.
Le vieillard garda le silence pendant une minute environ comme pour lut laisser le temps de se remettre. Enfin il reprit d'un ton d'urbamté parfaite ;
— Cest assez nous occuper de ées pénibles souvenirs ; je ne dois pas oublier, mon cher parent, que vous venez de faire un long voyage et que voué devez avoir besoin de repos« Marchons donc, et si votre réception dans ma modeste maison est moins joyeuse qu*au temps où deux bons et gracieux en* fants rembelllssaient encore, Taccueil n'en sera pas moins cordial de ma part et de la part des enfants iqui me restent*
En même temp$ il passa son bras sous ce*
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lui du colonel, et on prit à pas lents le dke^ min lie l'habitation.
Il semblait tqae les assistants eussent redouté l'effet de cette première entrevue. Jusqu'à ce moment Estelle et Némcrin, ou plutôt le vicomte et la vicomlessede Rancey, avaient manifesté une sorte dMnquiétode, comme s'ils eussent craint de voir éclater brusquement quelque dissentiment entre les deux interlocutenirs. Guillaume lui-méaie avait attendu avec anxiété le résultait de cet enifetien. Les démonstrations amicales qui le termUiëpent rassurèrent tout Je monde, et on parut respirer^lusiibrement. Les denx jôunèsépottx se rapprochèrent de leur .pète, et la conversatioA, devenant générale,.s*établit sur un ion de confiance et de douce familiarité.
. Le soleil s'était oouehé, et la caiiipagne prenait les Peintes foncées du crépuscule. Cependant irrestmt encore assez de iour pour qu'Armand pût reconnaitre, i d*
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à gaadie de la nouvelle avenue, les siies ençbaniears qu'il avait tant admirés six ans aaparavant. Il entrevoyait en passant dfis statues, des jets d*eatt, des massifs d'arbres exotiques dont le souvenir était gravé dans sa mémoire. Une fois il aperçut, à travers lui rideau de saules, un coin de ee lac «i beau et si funeste ou s'élait préeipitée la pauvre Galatée ; son cœur battit avee violence^ et la voix lui manqua tout à coup. Maison s'efforça aiissitôt d'effacer ce(te première impression en détournant son attention» Estelle, qiâ avait conservé son humeur vive et nufetine d'autrefois, l'accablait de questions sur Paris et la cour impériale; le vicomte lui parlait des joyeuses parties de pèche et de chasse auxqiuelles il voulait le faire assister. Le vieiUard seul était retombé dans un«,>lacir tiirnilé qui semblait lui être habituelle '^* puis ses malheurs.
On atteignit enfin la maison, et bienlèt le colonel fut introduit dans cette salle à man-
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ger où se réunissait autrefois la faniiile de Philémon. Un souper qui no rappelait plus en rien la table frugale des patriarches l'y attendait. Mais , malgré les instances polies de ses bâtes, il lui fut impossible de faire honneur à ces mets choisis, servis dans des plats de vermeil par des laquais aux riches livrées.. En face de lui était une place vide, et k cette place il se représentait la belle et mélancolique image de Galatée... Alors sa respiration devenait pénible, ses yeux se gonflaient de larmes, et c*était k peine s'il pouvait répondre par monosyllabes aux caresses de ses hôtes.
Le vicomte et la vicomtesse, reconnaissant rinutilîté de leurs efforts, cessèrent bientôt de chercher à l'égayer. D'ailleurs, en dépit de let^r innocent bavardage, ils paraissaient l'un et l'autre éprouver une gène secrète qui nuisait à la franchise de . leurs allures. Fré* quemment, en parlant, ils regardaient i'>"<* père, afin sans doute de s'assurer s'ils