CHAPITRE PREMIER
tant il était profondément encaissé, et les chants des merles de roche troublaient seuls d'une manière poétique le silence de cette solitude.
— Voilà, sur ma parole, un lieu excellent pour une embuscade, dit Tofficier d'un air de connaisseur ; mais il est inutile que vous alliez plus loin, mon cher guide; je n'ai rien il craindre ici ; contentez-vous de m'indiquer la direction à suivre, et retournez bien vite à Rosenthal, car en dépit de vous-même je m'aperçois que vous êtes fort inquiet de ce qui se passe là-bas.
— Je ne crois pas le danger si pressant, répliqua le vieillard d'un ton qui démentait ses paroles; mais, quoique la maison de M. Guillaume ne soit pas fort éloignée d'ici, il vous serait difficile, peut-être, de la découvrir seuK
— Ah çà ! demanda le Français , qui , malgré l'insouciance de son caractère, n'était pas fâché de recueillir quelques détails sur
Vi LB VAL-PERDU.
le personnage de qui allait dépendre sa liberté et peut-être sa vie, cet homme que nou$ allons voir a donc des raisons bien importantes pour se cacher ainsi?
— Je rignore ; peut-être H. Guillaume est-il une de ces âmes blessées qui recherchent la solitude après de longues traverses. . • Comme il se montre peu communicatif , on w est réduit aux conjectures, II est fort riche, dit-on ; mais il répand autour de lui d'abondantes aumônes et il se fait aimer de tous ses voisins ; aussi on ne le tourmente pas, et on le laisse vivre à sa guiçe.
— Il est seul ?
-^ On n0 lui connaît i}i parents ni serviteurs.
— Tout cela est fort original, et dans un autre pays on voudrait tirer au clair les affaires de votre M. Guillaume.. • Y a-t*ii longtemps qu'il habite ce canton?
— Quinze ans environ.
— Ce ne peut donc pa6 être un imi{.