‹ Le Val-Perdu (volume 2)Chapitre 57 sur 70 · UE TAL-ME»IT · texte numérisé non relu

UE TAL-ME»IT

— Encore ! répéta Armand.

Cependant ses jambes fléchissaient sons

lui, et ses dents claquaient.

— Vous ne me croyez pas? répliqaa-t-on ; je vais donc dissiper vos doutes... Une nuit, à quelques pas d*ici, sous le grand oranger,

VOUS eûtes avec .Galatée une conversation

que nulle créature humaine n*a pu attendre, 'et que nulle bouche n'a pu répéter. Dans cette nuit solennelle, vous jurâtes à Galatée de ne jamais épouser d'autre femme qu'elle, et Galatée à son tour vous jura de ne jamais appartenir à un autre que vous. Vous Ini offrîtes de lui écrire ce serment et de le signer avec votre sang ; la pauvre enfant refusa ; elle ne savait pas lire. Vous en souvenez-vous ?

— C'est vrai, mon Dieu ! c'est vrai, répliqua Armand glacé de terreur.

— Alors, continua la voix, vous tirâtes de votre doigt une bague en cornaline, d^«*nier présent de votre mère mourante

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VOUS le passâtes au doigt de Galatée en lui disant : •• Voici votre anneau de fiançailles : morte ou vivante , je suis à vous* » Armand de Verneuil, avez-vous prononcé ces paroles?

Celte fois le colonel n'eut pas la force de répondre.

-r> Étendez la main, reprit-on.

Verneuil obéit machinalement, et il s<sntit une main douce effleurer la sienne.

— Galatée vous rend votre serment, dit rinconnu » avec un accent douloureux. Cet anneau vuus l'offrirez librement à la femme que vous avez choisie... Adieu!...

La voix s'affaiblissait comme si la personne qui parlait s^éloignaitgraduellement.^rmand, exalté jusqu'à la frénésie, s'avança les bras ouverts en s'écriant :

— Galatée! ma chère Galatée !... c'est donc toi ?

— Adieu! murmura Tinterlocutrice trist^nent.

176 LE VAL-PEÉDU.

Verneuil s*éiança vers l'endroit où la voi:x se faisait entendre. Mais il sentit ses pie<ls arrêtés par un obstacle invisible; ses bras n'embrassèrent que le vide, et il toml>a évanoui en poussant un cri déchirant j qui retentit au loin dans le silence de la nuit.

Quand Armand revint à lui , il se trouva sur son lit. Une bougie éclairait la chambre, et Ravaud, debout à son côté , lui prodiguait les soins les plus empressés. Les vêtements légers du capitaine étaient humides de rosée, et cependant une sueur abondante découlait de son front balafré.

— Eh bien! cela va-t-il mieux, mon cher Armand? demanda-t-il en voyant enfin le malade rouvrir les yeux ; le diable m'emporte si jamais j'ai vu une pâmoison aussi tenace ; pendant un moment je vous ai cru mort... Mais buvez ceci, ça achèveça de vous retpettre du cœur au ventre.

Il insinua entre les dents serrées du ^.<

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