CHAPITRE PREMIER
gner à'ia consdehce (f un honnête homme. — ' Eh bien ! soit ; ceci est d^'uii l'omanesque achevé ; mais comme je n*ai pas le choix des moyens de salut, je promets.
— Vou^ jurez sur votre foi de chrétien?
— Sur inà foi de chrétien.
— Sur votre honneur de gentilhomme?
— Sur mon honneur de gentilhomme et d*ôfBcTer de la 62^ dèini-brigade.
— Il suffit... Préparez-vous à me suivre. M. Guillaume se rapprocha du ministre et
de sa fille, stupéfaits de cet entretien mystérieux.
— Mon bon Penhofer, dit-il en affectant un air ti^aniqùille, je viens de trouver un expédient pour sauver notre protégé : mais je vous l'expliquerai plus tard, les instants sont précieux... Claudine et vous,' vous n*avez rien à craindre des soldats autrichieiis. Retenez-les ici pendant cinq minutes comiàfie vous pourrez... Au bout de cinq niihutés ne conservez aucune inquiétude,
notre ami sera à l'abri de toute poursuite.
— Mais, monsieur, demanda te ministre,, je ne puis comprendre. ••
Les aboiements de Médor devinrent plus furieux et plus rapprochés ; puis on distingua des voix humaines, un cliquetis d'armes, un bruit de pas lourds.
— Allons! dit Guillaume.
Et il entraîna Verneuil hors de la maison.
Ils s'enfoncèrent d'abord dans un fourré presque inextricable qui semblait être l'ouvrage de l'homme plutôt que celui de la nature. Après l'avoir traversé, ils se trouvèrent au pied d'un de ces grands rochers qui formaient l'enceinte du Val-Perdu. Guillaume s'arrêta et posa sa main dans une touffe de lierre adhérente au roc ; le son faible et éloigné d'une cloche se fit entendre distinctement au milieu du silence.
Les deux hommes attendirent pendant une minute environ. Enfin quelque chose s'agita au-dessus de leurs têtes. Le capitaine 1
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les yeux avec inquiétude; à une trentaine de pieds du sol, une longue échelle sortait du rocher comme par magie; elle glissa lentement vers la terre et vint s'appliquer toute seule contre la muraille granitique.
— Montons, dit M. Guillaume en prêtant Toreille aux clameurs qui partaient alors du chalet même ;j*aimerais mieux dix fois perdre la vie que de laisser pénétrer ce secret à une autre personne au monde sans nécessité.
Il se mit à gravir les échelons avec une agilité qu'on ne pouvait guère attendre de son embonpoint. Armand de Verneuil le suivit , aiguillonné par la curiosité et par le désir d'échapper aux Autrichiens. Bientôt ils se trouvèrent l'un et l'autre sur une étroite plate-forme, à l'extrémité de laquelle on apercevait une grotte obscure. Guillaume s'approcha de cette grotte et siffla légèrement. Aussitôt l'échelle remonta le long du rocher et disparut dans une rainure invisible d'en bas, sans qu'on pût recônnattre
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quelle - force la mettait en mouvement.
Mais le guide he dôhna pais à Terneuil le tempâ dé faire dés observations ; fl le pt*it par là Alain et Fintrèduidt dans la caverne. Au bout de quelques pas , Tobsburifé devint complète. Cependant il sembla au capitaine qu'une herse de fer s'était abaissée, qu'oiie porte épaisse sMlatt rrfermée derHèi'e lui. Étourdi, leonfoivdii par tout ce qui lui art*ivaif, il croyait rêver, let se sentait pHs dé vertige. Les ténèbres épaiè^es au ihilieu desquelles il marchait lui semblaiëilt avoir une densité surnaturelle. Cette main qui rbhtrlEiinait lui paraissait vigoureuse et puissante comme celle d'un géant. Les idées les plus extravagantes bouillonnaient dans soti cerveau ; les imagés les plus monstrueuses flottaient devant ses yeux endoloris.
Mais cette espèce d*hallucination fût de courte durée; bientôt la lumière du jour reparut, et la voix douce du guide munriti^«> prèè de l'oreille d'Armand :