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CHAPITRE II

dans les petits champs qui précédaient le village; les épis déjà formés se balançaient mollement sur leurs tiges. Plus de délonalions, plus de fumée, plus de carnage. Le village lui-même n'offrait aucune trace de ses désastres passés. Les brèches ouvertes par les boulets avaient été réparées. Jes maisons ruinées avaient été rebâties ; tout avait repris un air tranquille et riant qui faisait plaisir à voir.

Ces changement ne paraissaient pas impressionner le second vo\ageur de la même manière que son compagnon de route , et il examinait toutes choses avec une satisfaction évidente. Celui-ci , dont les volumincu.ses moustaches et la rude chevelure frisée nous rappellent une ancienne connaissance, n'avait guère que quatre ou cinq ans de plus que l'autre; mais son teint couperosé et, son ventre proéminent, qui manifestait une forte tendance à l'obésité , lui donnaient l'air beaucoup plus âgé. Cependant une large

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cicalrice qui lui partageait le front, noire sur un fond bistre, et le ruban de simple chevalier qui ornait aussi sa boutonnière, prouvaient que . malgré ces signes de maturité, il savait encore être homme d'action et de résolution au besoin.

Penché à l'autre portière, il avait plusieurs fois laissé échapper des exclamations de joie que son ami n'avait pas paru entendre.

— Ah ! colonel , dit-il enfin en se frottant les mains, ces lieux doivent vous rappeler, comme à moi, de fiers souvenirs. Les Kaiserlie ks ont reçu là une de ces brûlées qui ne s'essuient pas d'un coup de mouchoir... Ça fait plaisir à voir et à se rappeler; ça ravigote . comme une goutte de schnick sur l'estomac pendant une marche forcée.

Celui à qui il s'adressait se jeta en arrière sur les coussins de la voiture, et se couvrit h's yeux de ses i\eux mains en poussant un profond soupir.

— Vous n'avez jamais aimé à parler de

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