‹ Le val-perduChapitre 17 sur 96 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

a prise autrefois de mettre ses propriétés ><>iis des prête-noms; je découvrirai aisément, soit à Paris soit en province, les banquiers ou gens d'affaires chargés de percevoir ses revenus. Je vais écrire sur-le-champ à mon collègue de la police... Revenez ttië voir dans quelques jours; j'aurai certainement des nouvelles à vous donner... Vous savez, mon cher colonel, continua-t-il confidentiellement en me reconduisant, que Sa 3Iajesté tient beaucoup, mais beaucoup, à ce que l'on voie aux Tuileries le comte de Raneey et quelques autres personnes de votre parenté, dont les noms ont (iguré dans les fastes de la France. On prétend, dans les cours étrangères, que nous ne sommes entourés que de plébéiens et de parvenus ; on assure que les grands personnages de l'ancienne aristocratie refusent de se rallier à nous, et cette opinion peine beaucoup l'empereur qui , vous le savez, n'aime pas la canaille. C'est une faiblesse, peut-être, mais c'est la faiblesse d'un

grand homme , et nous devons la respecter.

« Mon audience était finie, et je me retirai. Trois jours après, je reçus un mot qui m'invitait à passer à l'hôtel du ministère. J'y courus ; M. de Z*** m'attendait.

u - Bonne nouvelle ! me cria-t-il aussitôt qu'il m'aperçut; Fouché a fait merveille; notre sauvage est retrouvé, malgré ses minutieuses précautions pour se rendre introuvable. J'ai acquis la certitude qu'il s'est réfugié en Suisse, dans le canton de Zurich, au village de Rosenthal.

« — Rosenthal ! répetai-je involontairement.

« Le ministre me regarda fixement.

< — Ah ! oui, je sais, reprit-il avec un petit signe de tète; ce lieu a été le théâtre d'un de vos plus beaux faits d'armes... aussi, il doit vous plaire, et vous n'hésiterez pas à partir sans retard.

« — Sans retard, .monseigneur? mais ne faut-il pas que j'obtienne congé de Tempe-,

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