CHAPITRE II
reur, que je me fasse délivrer un passe-port?
« — Tout est prévu , répliqua M. de Z*** en me présentant un papier signé du minislre de la guerre, voici les pièces nécessaires; vous devez être bien et dûment marie avant la campagne qui se prépare, et cette campagne est plus prochaine peut-être qu'on ne le pense. L'empereur m'a chargé de VW8S transmettre l'ordre de prendre la poste sur-lechamp, et il tient particulièrement à ce que toutes ses prescriptions à votre égard soient remplies.
« Malgré ma soumission absolue aux volontés de mon illustre bienfaiteur, j'avais bien des objections à présenter contré ce voyage subit, bien des explications à demander; mais je n'en eus paâ le temps. On vint avertir le ministre qu'il était attendu au conseil. Il s'empressa de me serrer la main; il nu' répéta encore que toute résistance de ma part pourrait avoir des conséquences fâcheuses, et il me quitta brusquement.
•( Ce fut alors que je vous invitai à m'accompagner, mon cher Ravaud. Je me sentais incapable d'entreprendre seul un voyage qui devait me rappeler tant d'émotions douloureuses ; je me défiais de ma faiblesse -, je voulais avoir près de moi un ami éprouvé pour me soutenir au besoin. Vous étiez alors en congé ; sitôt que je vous ai eu fait entendre que votre présence me serait agréable , vous vous êtes décidé à me suivie , sans demander d'explications. Le lendemain de ma Conversation avec le ministre, nous étions en têle-à-tête dans cette voiture, comme nous y sommes maintenant. »
Ravaud avait écouté ces explications avec une grande attention , lissant sa moustache ou se grattant l'oreille à certains passages. Cependant l'honnête militaire avait pris les choses au pied de la lettre et n'était aucunement frappé des particularités passablement mystérieuses de ce récit.
— Ma foi, colonel, dit-il après un moment