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CHAPITRE m

— Ah! que c'est bien dit! s'écria Ravaud transporté; je vous remercie , Armand. Oui-, oui, vous êtes un brave garçon, et vousm otez de l'estomac un poids de cinq cents livrer... Mais il n'importe, je sais ce qui me reste à taire. C'est assez : motus. Ah ça! ajouta-t-il d'un ton plus calme en s'essuyant les veux . comment comptez-vous vous procurer du> renseignements positifs sur ce comte de Rancey?

— On m'a assuré que tout le monde , à Rosenthal , pourrait m'indiquer sa demeure... Rendons-nous donc à la principale auberge, et là sans doute on nous renseignera.

Ils entraient en ce moment dans le village, et les habitants, attirés par les claquemenls de fouet du postillon , accouraient sur |tg portes pour voir une chaise de poste, spectacle nouveau alors dans cette partie de Ja Suisse. En passantdevant l'ancienne demeure du pasteur, Ravaud remarqua que la maison

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avait été rebâtie à neuf; mais des visages inconnusse montraient seuls sur les galeries. Le cœur du pauvre capitaine se serra.

— Je ne vois pas Claudine, murmura-t-il en proie à de sombres pressentiments.

Pendant ce temps, le colonel observait.

dans le petit cimetière que longeait la voiture, un somptueux monument de marbre fort remarquable au milieu des humbles croix de bois dont le sol était parsemé.

— Pauvre Lysandre ! dit-il en levant les veux au ciel.

Mais la chaise de posle passa comme la foudre. Au bout de quelques minutes, elle s'arrêta devant une grande et belle auberge, s-iluée au centre du village, à l'enseigne des Trois Cigognes. L'hôte et sa femme, petite mère rondelette qui portait sur ses bras un enfant encore au berceau, tandis que trois autres plus âgés la tiraillaient par son tablier, étaient accourus au bruit pour recevoir ces opulents voyageurs. Des oisifs, des curieux

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