‹ Le val-perduChapitre 24 sur 96 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ami, continua Ravaud en s'attendrifcsant, elle a réalisé mes plans de bonheur, mais avec un autre ; les enfants, les lapine, Ici fromage», »tout y est... Aussi j'ai fait un carillon sur les meubles là-bas, et maintenant il faut que j'étrangle le butor qui m'a soufflé Claudine. Oui, triple tonnerre! il faut. que je l'extermine, que je l'écrase, que je le broie sous mes pieds!...

Le pauvre aubergiste entendait tout( cela, et se renfonçait dans son coin n'osant sou f' fier. Ravaud, en allant et venant avec une irritation extrême, aperçut enfin le malencontreux époux de Claudine. 11 s'élançaivers lui le bras levé.

— Ravaud ! s'écria le colonel en le retenant, est-ce là la conduite d'un honanie d'honneur, d'un militaire?

I/inJlucnce puissante d'Armand sur le capitaine ne manqua pas son effet. encore .cette fois. Ravaud pavvint à se modérer, et baissa la main.

(»2 Lt VAL-PERDlT.

— CVst juste, colonel, reprit-il ; on sera sage; vous allez voir... Comment vous appelez-vous? demanda-l-il à l'aubersriste.

— Sigismond YVolf, répliqua le malheureux tout tremblant.

— Eh bien! M. Sigismond Wolf, vous m'avez insulté, et vous me devez une réparation... Demain matin, je vous attendrai avec un ami derrière le mur du cimetière de Rosenthal; je vous laisse le choix des armes!

Ces paroles furent prononcées d'un ton majestueux qui annonçait, de la part de Ravaud, le sentiment d'une grande magnanimité. L'aubergiste, un peu rassuré par celte apparence de modération, répondit d'un ton tragi-comique :

— Eh! comment vous aurais-je insulté, monsieur? Est-ce en épousant ma femme, et en la rendant mère de beaucoup d'enfants?

— Tais-toi, ne parle pas de cela, tonnerre et diable! s'écria l'officier un peu déconcerté

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