CHAPITRE III. f
lui-même fil quelques pas vers la porte d'un air honteux et contrit, comme s'il eût craint que son ami ne lui adressât des reproches sur son ridicule emportement. Mais le colonel n'y pensait déjà plus.
— Restez, Ravaud, lui dit-il avec bienveillance, rien ne vous oblige à me quitter ; je n'ai pas de secrets pour vous.
En ce moment un homme entra, conduit par Claudine qui se retira aussitôt. A son air modeste, à ses traits placides, à son costume propre et soigné, Armand reconnut du premier coupd'œil M. Guillaume, le gardien du Val-Perdu, l'ami et le confident de Philémon.
Il se leva brusquement et poussa un cri de surprise, pâlissant et rougissant tour à tour. M. Guillaume, au contraire, s'avança vers lui d'un pas égal, s'inclina fort bas, et attendit en silence qu'on lui adressât la parole.
Le colonel parvint enfin à dominer son
émotion.
— Vous ! dit-il d'une voix altérée ; c'est vous qui êtes aujourd'hui l'intendant de M; 'de Rancey?
Guillaume fit un signe d'assentiment.
— Tiens ! s'écria étourdimentRavaud, c'est mon ancienne connaissance, le solitaire du Val-Perdu ! Eh ! eh ! nous avons eu plus d'une prise de bec ensemble à propos d'un certain capitaine qu'il avait escamoté et qu'il ne voulait pas rendre.
— J'espère, dit Guillaume avec un sourire respectueux, que M. le chevalier de Verneuil m'aura pardonné la manière un peu brutale dont j'ai été obligé d'user avec lui la dernière fois que nous nous sommes vus?
— J'avais mérité ce traitement rigoureux, répliqua le colonel, et les malheurs épouvantables qui suivirent mon départ prouvèrent assez combien j'étais coupable. Mais , de gttàce, M. Guillaume, continua-l-il en se rapprochant de lui et en baissant la voix. donnez-moi des nouvelles de ce pauvre vieil-