‹ Le val-perduChapitre 29 sur 96 · CHAPITRE Hl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Hl

lard dont j'ai si mal reconnu l'hospitalité. Existe-t-il encore? Estelle et Néniorin, ses chers enfants, sont-ils près de lui pour adoucir les chagrins de ses derniers jours?

— Ils existent, monsieur. Mais, vous le savez peut-être, il est des chagrins qui délient toule consolation. [g /

— Je le sais, Guillaume, je ne le sais que trop, répliqua Armand d'un ton douloureux. Eh bien, si malheureuses que soient les victimes de mes imprudences passés, elles souffrent certainement moins que moi ; elles n'éprouvent que des regrets, et moi je ressens des remords... des remords poignants qui ne me laissent de repos ni le jour ni la nuit.

Il s'arrêta suffoqué par les sanglots; Guillaume leva les veux au ciel.

— M* Guillaume, reprit le colonel après une pause, nous reviendrons sur ce sujet, qui touche aux sentiments les plus vivaees de mon cœur; mais je ne dois pas larder

davantage à nrinformer de mon parent de Rancey: êtes-vaus vraiment chargé de quelque message pour moi ?

— En effet, M. le chevalier, ces cruels souvenirs m'avaient fait oublier pourquoi je suis- venu... Me le comte et ses enfants, c'està-dire le 'vicomte et la vicomtesee de Rancey, ayant appris, par une lettre arrivée de Paris ce matin même, que leur honorable parent serait probablement aujourd'hui à Roserithal, le prient de considérer leur maison comme la sienne pendant tout le temps qu'il jugera à propos de rester dans ce pays ; je suis chargé de l'inviter à m accompagner surle-champ à l'habitation du comte, où il est attendu.

Armand réfléchit quelques secondes, ti iip c'est là, reprit-il enfin, une attention pleine de grâce, à laquelle je ne saurais me refuser ; ma famille ne m'a pas habitué à tant dceourtoisies... Je vais donc vous accompagner, M. Guillaume; mais je ne suis pas

Page 1