‹ Le val-perduChapitre 3 sur 96 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

on n'es! pas blessé tous les, jours, et. quand on l'est, on se la pusse douce!

Pendant que le sergent exprimait à sa manier*; sa résignation soldatesque , Ravaud avait rallié à la bâte quelques hommes débandés; puis, après avoir chargé l'un d'eux de rendre comple à Verneuil, chef actuel du détachement, de l'importante mission qu'il allait remplir, il se porta au pas de course, avec son peloton, sur le point menacé. Il était temps; moins de dix minutes après son départ, on entendit une vive fusillade dans cette direction.

De son coté, Verneuil avait rangé en bon ordre le reste du détachement à l'autre extrémité du village, en laissant seulement une ligne de tirailleurs pour tenir l'ennemi en haleine. Celui-ci , surpris de voir le feu se ralentir ainsi, semblait se défier de quelque piège; d'ailleurs, il attendait, pour agir sérieusement, comme on l'a dit déjà, l'effet de

s;» manœuvre sur les derrières île Rosentbal.

Il résulta de tout ceci une espèce d'hésitation dans l'attaque et dans la défense, comme un calme sinistre entre deux tempêtes.

Armand n'adressait à ses gens que des paroles brèves, et son air sombre, presque fatal, n'encourageaitpersonne à l'interroger. Quand il les vit tous en rang, il dit d'une voix sourde et saccadée :

— Soldats de la 62e, si nous restons ici , dans moins d'une heure nous serons tous tués ou prisonniers. La seule chose à faire est de marcher résolument en avant et de prendre l'offensive. Je me suis mis en tête d'aller chasser l'ennemi de ses positions et de m'emparer des deux pièces de canon qui nous font tant de mal... Me suivrezvous ?

— Oui, oui, capitaine, dirent les soldats tout d'une voix, conduisez-nous !

— Fort bien, reprit Verneuil dont le visage eominencait à s'animer: mais souvenez-vous de l'affaire de l'Albis; alors je revins seul de

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