CHAPITRE IV
lution en s'essuyant les yeux ; je manquerais de courage pour affronter les reproche^ fie ce malheureux père... Retournez près tfe lui. mon cher Guillaume, et dites-lui que, pénétré du sentiment de mes fautes, j'ai compris combien ma présenee pourrait lui être pénible... Je vais descendre à Rosenthal et reprendre sans retard la route de France.
~ Y songez-vous, M. le chevalier4? Et la mission que vous êtes venu remplir ici sur l'ordre de l'empereur?
— Quoi! connait-on aussi cette circonstance au Val-Perdu? demanda le colonel au comble de l'étonnement.
— M. le comte est bien servi par ses agents de France, répliqua l'intendant avec quelque embarras; d'ailleurs, lui-même est arrivé récemment de Paris, et il a pu entendre dire...
— Enfin, peu importe comment cette nouvelle est parvenue jusqu'à lui... Toujours est-il' qu'aucune considération d'intérêt per-
sonnel-ne me décidera à tenter une démarche qui serait presque une insulte pour mon parent, même la crainte de déplaire au plus puissant souverain du monde... Non. continua-t-il avec égarement, je ne reverrai pas les lieux jadis si paisibles où j'ai porté le deuil ; je craindrais que les rochers du Val- Perdu ne croulassent sur ma tète.
Guillaume conservait son attitude modeste et sereine.
— M. le chevalier, reprit-il humblement, s'exagère ses propres torts, ou, tout au moins, il se trompe sur les dispositions du comte de Ranceyà son égard. Si en effet mon maître avait eontre vous la colère que vous lui supposez, vous eût-il prié, par ma bouche, d'accepter dans sa maison une cordiale hospitalité?
— Vous avez raison, Guillaume -, et pourtant M. de Rancey me reproche certainement au fond du cœur d'avoir été cause de la mort de son fils aine ?