CHAPITRE IV
caractère et sur les événements de sa vie: quelques détails sommaires...
— Les raisons que j'avais autrefois de me taira n'existent plus aujourd'hui, répliqua Guillaume; M. le comte ne craint plus que l'on cherche à traverser des plans auxqmds il a renoncé pour sa famille ef pour lui; je puis donc vous fournir sur le Val-Perdu et sur ses habitants tous les éclaircissements que vous désirez, sauf toutefois...
Guillaume s'interrompit et se mordit tel lèvres.
— Eh bien*? demanda le colonel.
— Sauf certaines choses qui n'auraient aucun intérêt pour vous, répliqua Guillaume en saluant.
Il reprit :
— Parmi le petit nombre de personnes qui ont vu de près le comte de Rancey, il 'en est qui, s'arrèlant à la surface, sont all'ijusqu'à taxer mon noble maître de foli» -, ot n'est pourtant en réalité qu'un esprit lier.
aventureux, dont l'ardente imagination excède toujours les limites du possible, qui, en haine. des abus, dédaigne les routes ordinaires . et aspire incessamment vers l'inconnu. Sa jeunesse s'est passée à Paris, au milieu de ce chaos d'idées philosophiques, de théories, de systèmes qui -ont agité la société française dans les cinquante dernières années. Passionné pour la vérité, jaloux de secouer, un des premiers/les préjugés et les erreurs de l'ancienne société, il étudia consciencieusement les opinions que des penseurs, si opposés quand il s'agissait de créer. >i unis quand il s'agissait de détruire, émettaient en foule à cette époque. Après les avoir adoptées tour à lour. il les avait repoussées sans s'arrêtera aucune. Après s'être passionné un moment pour quelque brillante théorie dont l'auteur l'avait séduit par la magie de son style ou de sa parole, il était toujours retombé dans son doute en s'apercevant combien ces svstèmes artificiels s'accommo-