‹ Le val-perduChapitre 41 sur 96 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

masses abruptes qui coupaient le chemin autrefois, on voyait une large grille de fer, à lances dorées , dont la porte ouverte laissait libre passage à tout venant. Derrière cette grille, à l'extrémité d'une longue ave*-' nue de jeunes arbres , s'élevait la maison occupée par Pbilémon et sa famille.

— Comme vous le voyez, M. le chevalier, reprit Guillaume avec sa placidité habituelle, tout est bien changé ici; aujourd'hui les enfan ts du village viennent jouer librement jusque dans celte enceinte autrefois impénétrable. Mais vous trouverez bientôt des changements plus étonnants encore. Ce n'est plusPhilémon et son charmant essaim de bergers et de bergères qui habitent le Val-Perdu, c'est le noble comte de Rancey et sa famille.

Ils avaient franchi la grille et s'engageaient déjà dans l'avenue , quand Verneuil aperçut à quelque distance un groupe de personnes qui s'avançaient de son côté. C'était d'abord' un vieillard à la contenance majestueuse,

entièrement vêtir de noir. II appuyait sa marche un peu pesante d'un côté sur un jonc à pomme d or, de l'autre sur le bras d'une daine vive et rieuse, mise à la dernière mode de Paris. Derrière eux marchait un jeune homme, de tournure élégante, conduisant par la main un charmant enfant d'environ cinq ans, aux cheveux longs et bouclés.

— Les voici tous qui viennent au-devant de vous, murmura Guillaume précipitamment. Eh bien. M. le chevalier, pendant que nous sommes seuls encore, permettez-moi de vous donner un avis : ne vous étonnez de rien, quoi qu'il arrive, et restez fidèle au culte de vos souvenirs... vous n'en aurez pas de regret.

Le colonel n'eut pas le temps de réfléchir sur cet avertissement énigmatique. Le jeune homme élégant dont nous avons parlé et dans lequel, malgré la différence du costume, déjà Verneuil avait reconnu Némorin,

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