‹ Le val-perduChapitre 42 sur 96 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

s'élança vers lui et l'embrasa avec L'Aucun, tandis que le petit garçon, se haussant sur ses pieds, saisissait la main du voyageur, la collait contre ses lèvres ro>i^ et disait avec gentillesse :

— Soyez le bienvenu, mon bon ami; nous vous aimerons de tout notre cœur.

Armand rendit avec chaleur ces affectueuses caresses, puis il s'avança entre le jeune homme et l'enfant au-devant du comte de Rancey que la lenteur de sa marche avait retenu un peu eu arrière. Estelle — car on a sans doute deviné quelle était la conductrice du vieillard — lui sourit amicalement; M. de Raneey le salua d'un air de réserye et de tristesse.

— M. le comte, mon généreux parent, dit le colonel d'une voix altérée en s'inclinant profondément, ce n'est qu'en tremblant que j'ose revenir dans une maison où mon passage a été marqué autrefois par de grands malheurs... M'est-il permis d'espérer que la part

que j'ai prise à ces funestes événements n'y excitera désormais contre moi ni haine ni colère?

— Vous n'avez rien à craindre de pareil, colonel de Verneuil, répliqua M. de Rancey avec émotion ; pour entretenir contre vous ces sentiments de haine et de colère, il faudrait se souvenir des torts d'un vieillard imprudent, dont l'opiniâtreté fut la cause première de ces catastrophes... Déplorons donc les fautes passées, versons des larmes sur ceux qui ne sont plus, mais ne récriminons contre personne.

— Cette tâche me sera facile ici, dit Armand en jetant un regard douloureux autour de lui;. M. le comte, un ennemi mortel ne pourrait m'adresser de plus amers reproches que ceux de ma conscience à l'aspect de cette vallée!

Ces regrets si vifs et si vrais achevèrent de faire évanouir la réserve un peu hostile de M. de Rancey. Il tendit à son tour la main au

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