‹ Le val-perduChapitre 43 sur 96 · CHAPITRE IV. 10i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 10i

colonel et murmura en fixanl sur lui son regard perçant

— Vous pensez donc encore à celle que vous avez perdue?

— Elle esl toujours présente à ma pensée, répliqua Armand en détournant la tête pour cacher l'excès de sa faiblesse.

• Le vieillard garda le silence pendant une minute environ comme pour lui laisser le temps de se remettre. Enfin il reprit d'un ton d'urbanUé parfaite :

— C'est assez nous oeeupei de ees pénibles souvenirs ; je ne dois pas oublier, mon cher parent, que vous venez de faire un long voyage et que vous devez avoir besdin de repos. Marchons donc, et si votre Réception dans ma modeste maison est moins joyeuse qu'au temps où deux bons et gracieux enfants l'embellissaient encore, l'accueil n'en sera pas moins cordial de ma part et de la part des enfants qui me relent.

En même temps il passa son bras sous ce-

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lui du colonel, et on prit à pas lents le chemin de l'habitation.

11 semblait que les assistants eussent redouté l'effet de cette première entrevue. Jusqu'à ce moment Estelle et Néinorin, ou plutôt le vicomte et la vicomtesse de Rancey, avaient manifesté une sorte d'inquiétude, comme s'ils eussent craint de voir éclater brusquement quelque dissentiment entre les deux interlocuteurs. Guillaume lui-même avait attendu avec anxiété le résultat de cet entretien. Les, démonstrations amicales qui le terminèrent rassurèrent tout le monde, et on parut respirer plus librement. Les deux jeunes époux se rapprochèrent de leur père, et la conversation, devenant générale, s'établit sur un ton de confiance et de douce familiarité.

Le soleil s'était couché, et la campagne prenait les teintes foncées du crépuscule. Cependant il restait encore assez de jour pour qu'Armand pût reconnaître, à droite et

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