CHAPITRE IV. II
naient son approbation. Verneuif était trop absorbé pour remarquer ces détail* ; mais il en résultait une sorte de malaise général qui aggravait encore ses douloureuses préoccupations.
Aussi, a I issue du souper, s informa-t-il si son valet de chambre était venu de Rosenthaï avec ses bagages ; et sur la réponse affirmative, il demanda la permission de se retirer, m. de Rancev se leva.
— Je vous ai fait préparer la chambre que vous connaissez déjà, colonel, dit-il avec une gaieté affectée, en prenant lui-même un bougeoir des mains d'un domestique; mais en raison de la manière un peu fâcheuse dont nous quittâmes autrefois cette chambre, je prétends vous y conduire moi-même... Ce , sera une réparation, si vous voulez.
Armand s'inclina, eiapresavôir pris congé du vicomte et de la vicomtesse, il suivit !»■ vieillard en silence.
La chambre était absolument telle qu'il
l'avait laissée : mêmes meubles, même simplicité propre et scrupuleuse.
— Mon cher chevalier, dit le comte en s'asseyant à côté d'Armand qui s'était jeté avec accablement dans un fauteuil, je ne veux pas vous retenir longtemps, lorsque vous paraissez avoir si grand besoin d'être seul. Je dois vous dire pourtant dès à présent , afin de tranquilliser votre esprit, que je conconnais le but de votre voyage, et que je suis tout disposé à combler vos vœux, en me conformant aux ordres de l'empereur.
Verneuil tressaillit.
— Quoi! s'ccria-t-il , vous savez... Mais c'est juste, c'est juste, reprit-il aussitôt avec un sourire forcé , je ne peux encore m'habituer à celte idée que ce qui est un grand secret à Paris soit déjà connu au Val-Perdu... Eh bien! M. le comte, connaissant votre amour de la solitude et votre horreur pour le monde, cette complaisance do votre part m'étonne, je l'avoue. Sans doute, vous ignorez