‹ Le val-perduChapitre 46 sur 96 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'étendue du sacrifiée que j'avais d'abord l'intention de réclamât de mon tuteur... Mais depuis que j'ai retrouvé I'hilcinon dans le comte de Ranci y, je ne veux plus songer aux misérables intérêts personnels qui m'ont ramené ici.

— J'y songerai donc pour vous, colonel, et si vraiment le vieux et illustre nom dont je suis l'humble dépositaire peut jeler quelque éclat sur votre union, je vous accompagnerai à Paris, je me montrerai à la cour impériale avec mon fils et ma fille... L'héritière de l'ancienne maison de Sancy est un excellent parti; j'ai connu sa famille, et je suis fier pour vous d'une pareille alliance. D'ailleurs la jeune fille, dit-on, est charmante, et peut-être l'ai niez- vous déjà?...

Armand secoua la tète.

— Je ne l'ai jamais vue, murmura-t-il.

— Mais du moins, vous savez qu'elle est riche et que la laveur de l'empereur sera le prix de votre soumission... Il n'est pas ^iq;<%

de regretter éternellement ses affections de jeunesse, et une femme pourvue d'autant d'avantages que mademoiselle de Sancy devra compenser aisément...

— Ah ! monsieur, interrompit Armand avec uu éclat de douleur , comment pouvezvous me parler de mon union avec une autre femme, dans cette maison qui est toute pleine de Galatée?

Et il se cacha le visage dans ses deux mains. Le comte l'observait d'un air inquisiteur.

— C'est juste, dit-il enfin en se préparant à sortir, il faut que les premiers moments se passent; mais vous serez déjà plus calme demain matin. Adieu donc, mon cher Verneuil ; nous reprendrons cette conversation ; en attendant, ayez courage; tout ira bien.

Il embrassa Armand, et se retira.

Un moment après le valet de chambre vint offrir ses services, mais Verneuil le congédia définitivement, et il put s'abandonner sans contrainte à ses réflexions.

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