‹ Le val-perduChapitre 58 sur 96 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

auriez pu rendre des points à la meilleure eaboche de France, à l'exception pourtant de celle de l'empereur, parce que celle-là... enfin, suffit. A la vérité, votre humeur est parfois un peu sombre et un peu taciturne; mais le jugement est bon, j'en répondrais comme du mien.

— Il faut alors, mon cher Ravaud, que l'influence de ce pays me soit particulièrement funeste, répliqua Armand, car à peine y ai-je mis le pied, que je suis disposé à penser de moi-même ee que vous en avez pensé il y a six ans.

Comme le capitaine semblait l'interroger du regard, Verneuil lui apprit en peu de mots les événements qui s'étaient passés au Val-Perdu et la singulière situation où il se trouvait avec la famille de Ranoey ; enfin, il lui raconta quelles angoisses lui avaient causées la vision de la soirée précédente et l'étrange ressemblance du jeune Charles avec Gâlâtêe'.

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Ravaud écoutait en rongeant sa grosse moustache d'un air d'attention extrême.

— Eh bien ! mon ami, ajouta le colonel avec une naïveté presque enfantine en terminant, que pensez-vous de tout cela? Éclairez-moi, car j'ai grand besoin de conseils, et ma pauvre tête se brise à sonder ces mystères. A votre avis, ai-je été la dupe de mon imagination? La fièvre a-t-elle abusé mes sens au point de me montrer ce qui n'existe pas? ou bien serait-il possible qu'une puissance occulte, surhumaine...

— Allons donc ! interrompit brusquement Ravaud, je puis croire à Dieu, mais je ne croirai jamais au diable... Écoutez, colonel, je ne suis pas un savant, et sauf l'art de donner un coup de sabre, de griffonner un rapport ou peut-être de dire quelques mots énergiques à ma compagnie au moment de la conduire au feu , mes talents ne vont pas loin. Cependant, à en juger avec mon gros bon sens, il y a dans vos aventures des

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