CHAPITRE V
— Une dame! répéta Verneuii avec agitation. En effet, je crois déjà avoir entendu parler de cette circonstance, quoiqu'elle m'ait paru d'abord indifférente... Mais il n'y a, au Val-Perdu, aucune autre dame que la vicomtesse de Rancey : ne serait-ce pas elle, par hasard, qu'on aurait voulu désigner ?
— Non, non, colonel; madame de Rancey n'a pas quitté l'habitation depuis six mois, et, deux heures avant l'arrivée de la personne en question, on avait vu la vicomtesse se promener avec son mari dans la grande avenue. C'était une étrangère qui avait l'air de se cacher soigneusement; ils ont traversé le village avec la rapidité du vent, et depuis ce moment on ne l'a pas revue...
Armand se leva avec anxiété.
— Ravaud, dit-il, appelez Wolf et sa femme; je veux les questionner moi-même; je veux savoir...
— Ils ne vous diront rien de plus sur
cette histoire, sinon peut-être que le voile de point d'Angleterre, qui enveloppait l'inconnue de la tête aux pieds, valait plus de mille éeus : c'est Claudine qui a fait cette remarque. On ne sait absolument pas autre chose >ur la dame de la voilure. Cette aventure a-t-elle un rapport quelconque avec votre vision de la nuit dernière? Il ne m'appartient pas de prononcer là-dessus. Néanmoins . je voudrais qu'il me fût permis de rester près de vous pour avoir l'œil ouvert sur vos affaires : je parierais ma moustache que nous Unirions par découvrir quelque vilain pot aux roses.
— Et moi. Ravaud. je sens que votre présence me serait d'un grand secours... Vous êtes calme, brave, dévoué; vous me soutiendriez contre moi-même. Depuis quelques heures je suis faible et pusillanime comme une femme; je me trouve lâche!
— Triple tonnerre ! \oilà une épithèle qui me parait fièrement saugrenue, à moi qui