CHAPITRE PREMIER. M
milieu des rangs ennemis ; mais les Français s'élaieiil ralliés autour de leur chef et le protégeaient avee efficacité pour le moment.
— Armand, continua le blessé, ne songez plus à moi, et conservez-vous pour Galatée, qui vous aime. J'ai dû partir ce matin sans la prévenir, mais que deviendrait-elle si vous étiez perdu pour elle sans retour? Ma mort va sans doute changer bien des choses... Un peu plus lard, bientôt, osez vous présenter à mon père : le chagrin aura brisé son âme opiniâtre; il vous accordera la main de Galatée, et tous ensemble vous donnerez quelquefois un souvenir de regret au pauvre Lysandre.
— Galatée ! répéta Verneuil avec égarement, vous ne savez donc pas... Oh! oui, ajouta-t-il plus bas comme à lui-même, qu'il ignore cette terrible catastrophe, qu'il l'ignore toujours!...
11 saisit le blessé dans ses bras et se mit en
marche pour le village, où il comptait trou-
ver des secours. Dans l'impuissance où il était de se défendre avec un pareil fardeau, il ne fût pas allé bien loin peut-être si la fortune ne se fût enfin déclarée pour lui.
Tandis que la bataille se prolongeait ardente et acharnée sur le plateau, un pelit peloton de Français déboucha tout à coup en bon ordre du côté de Rosenthal. C'était Ravaud, qui, après avoir dispersé le détachement chargé de tourner le Val-Perdu , accourait de toute sa vitesse pour prendre part à Ta/faire principale. La panique s'empara des Austro-Russes; ils crurent que ce peloton était l'avant-garde de renforts plus considérables envoyés par l'armée française, campée à quelques lieues de là. et ils se débandèrent aussitôt, abandonnant leur artillerie et leurs bagages.
Indifférent à la victoire, Armand laissa ses hommes poursuivre les fuyards, et il continua de descendre vers le village. A mi-chemin environ, il rencontra Ravaud et sa