CHAPITRE PREMIER
troupe qui s'empressaient pour achever la déroute des Autrichiens.
— Eh bien! Verneuil, s écria le lieutenant avec, un accent de triomphe, je vous disais bien que nous les frotterions! A vous l'honneur pourtant, car vous les avez menés rondement... Mais qui diable est ce blessé que vous emportez là? Il n'appartient certainement pas à la 62e !
Armand ne répliqua pas, et passa tandis que le lieutenant continuait son mouvement en sens inverse. Ravaud arriva encore à temps pour couper court à certaines velléités de résistance que montraient des groupes ennemis, et les Français restèrent décidément >euls maitres du champ de bataille.
Le capitaine Verneuil atteignit avec son fardeau cette hospitalière maison du pasteur, où il avait déjà trouvé un asile. La porte était enfoncée et béante. Au moment où il entra dans la salle basse, M. Penhofer et sa fille, rassurés par l'éloignement des
combattants, venaient de quitter leur cachette souterraine et examinaient avec tristesse les ravages de la guerre dans leur paisible demeure. Les meubles étaient brisés, les fenêtres n'avaient plus de châssis ; un boulet de canon avait ouvert le toit, à travers lequel on apercevait le ciel.
A la vue d'Armand, tous les deux néanmoins firent un mouvement de joie.
— Il est vivant ! il n'est pas blessé ! s'écria imprudemment Claudine en allemand.
— Vous vous êtes enfin souvenu de vos amis, capitaine Verneuil, dit le pasteur en s'avançant pour lui serrer la main; allons, il vaut mieux tard que jamais... Grand Dieu ! ajouta-t-il en voyant le capitaine déposer doucement Lysandre sur un matelas dont les soldats s'étaient servis récemment pour amortir l'effet des balles, qui nous apportez- vous ici ?
— Un pauvre enfant bien digne de votre généreuse pitié, M. Pcnhofer; c'est en me